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Notre critique de la Palme d'or à Cannes: Dheepan: un film qui prend aux tripes
Kultur 1 2 Min. 25.05.2015

Notre critique de la Palme d'or à Cannes: Dheepan: un film qui prend aux tripes

"Dheepan" de Jacques Audiard.

Notre critique de la Palme d'or à Cannes: Dheepan: un film qui prend aux tripes

"Dheepan" de Jacques Audiard.
Photo: Festival de Cannes
Kultur 1 2 Min. 25.05.2015

Notre critique de la Palme d'or à Cannes: Dheepan: un film qui prend aux tripes

C'est l'histoire de trois Tamouls qui, pour favoriser leurs chances d'obtenir l'asile politique en France, se font passer pour une famille. Ce qu'ils n'imaginaient pas, c'est qu'ils seraient envoyé dans une cité de la banlieue parisienne.

Par Marie-Laure Rolland

Après le Grand Prix du jury en 2009 pour "Un prophète", Jacques Audiard a finalement remporté la Palme d'or six ans plus tard pour "Dheepan".

Dans «Dheepan», Audiard mise une nouvelle fois sur des acteurs totalement inconnus qu'il parvient à révéler devant sa caméra. C'est un grand Audiard que nous avons vu là et qui a fait l'unanimité du jury du Festival de Cannes présidé par les frères Coen. L'histoire prend le spectateur aux tripes du début à la fin des 110 minutes de film – la scène finale, pas franchement convaincante, n'enlevant rien à la réussite de l'ensemble.

Famille recomposée

Dheepan (Antonythasan Jesuthasan) est le nom d'un combattant tamoul qui veut fuir son pays en guerre. Dans un camp de réfugiés, il rencontre une jeune femme, Yalini (Kalieaswari Srinivasan), et une gamine de neuf ans dont les parents sont morts, Illayaal (Claudine Vinasithamby). Tous les trois vont se faire passer pour une famille et tenter d'obtenir l'asile politique en France.

A leur arrivée, on les expédie dans une cité sensible où des caïds de la drogue font la loi mais où un semblant de calme règne. Dheepan travaille comme concierge, Yalini s'occupe d'un vieillard dans un immeuble voisin, Illayaal est scolarisée dans une école.

Le film s'articule autour de deux forces contraires qui agissent simultanément. D'un côté, il y a la manière dont les membres de cette famille artificielle vont progressivement s'apprivoiser; un processus difficile puisque chacun porte une histoire personnelle douloureuse qu'il ne peut partager. Ce rapprochement est filmé avec énormément de sensibilité et de pudeur par Jacques Audiard qui laisse s'installer des silences, qui souligne les échanges de regard, qui se fait le témoin discret des corps qui se rapprochent.

Zone de non-droit

Parallèlement, les trois personnages vont prendre la mesure d'un environnement qui leur paraissait relativement inoffensif («on se croirait au cinéma», dit Yalini à Dheepan en regardant le trafic des caïds dans la cité le soir) et qui est de fait une zone de guerre, un territoire de non-droit où l'on ne voit pas le moindre flic à l'horizon. Ces réfugiés qui ont fui la mort se retrouvent sous le feu croisé des gangsters, revivant la terreur d'une période de leur vie qu'ils croyaient avoir laissée derrière eux.

On retrouve là l'atmosphère du film «Un prophète» mais vue de l'extérieur, par ceux qui subissent les conséquences de la violence des cités.

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