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Mudam: William Kentridge ou la narration du temps
Kultur 6 1 5 Min. 17.02.2021

Mudam: William Kentridge ou la narration du temps

L'installation «More Sweetly Play the Dance», qui a donné son nom à l'exposition, est aussi un cri de colère.

Mudam: William Kentridge ou la narration du temps

L'installation «More Sweetly Play the Dance», qui a donné son nom à l'exposition, est aussi un cri de colère.
Photo: Gerry Huberty
Kultur 6 1 5 Min. 17.02.2021

Mudam: William Kentridge ou la narration du temps

Thierry HICK
Thierry HICK
Le Musée d'art moderne offre ses cimaises à l'artiste sud-africain dans le cadre du «Red Bridge Project».

Le «Red Bridge Project» est une joint-venture momentanée entre le Mudam, la Philharmonie et le Grand Théâtre, trois maisons culturelles situées de part et d'autre du Pont rouge. D'où le nom. La première édition de ce festival en 2017 était consacrée à la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker. Le deuxième rendez-vous consacré à William Kentridge annoncé en janvier 2020 en grandes pompes par les trois institutions – et en présence de l'artiste sud-africain – a dû en raison de la crise sanitaire être revu. William Kentridge est toujours au rendez-vous pour présenter les innombrables facettes de son travail au public. Un premier regard est actuellement proposé au Mudam qui lui offre ses cimaises avec l'exposition «More Sweetly Play the Dance». 


 Né en 1955 à Johannesbourg, il y vit et travaille toujours, William Kentridge est un artiste hors catégorie, hors cadre. Son travail est pluridisciplinaire. Derrière cette formule galvaudée, se cache une véritable envie, un besoin d'explorer sans cesse de nouvelles voies, de toujours recommencer le travail de recherche. C'est en toute logique que les œuvres de William Kentridge se retrouvent dans les musées, mais aussi dans les maisons d'opéras, les salles de concerts ou les théâtres. Cette variété de propositions se retrouvera par ailleurs dans la programmation du festival «Red Bridge Project».

William Kentridge, un artiste polyvalent.
William Kentridge, un artiste polyvalent.
Photo: Paula Court

Absurdité et certitude

 Pour Suzanne Cotter, directrice du Mudam et commissaire de l'exposition «More Sweetly Play the Dance», William Kentridge est «avant tout quelqu'un qui propose des regards différents sur l'idée du temps». «Son œuvre est résolument narrative dans la manière dont elle aborde des thèmes liés à l'histoire, au temps et à l'importance de l'absurdité dans un monde de certitudes», peut-on lire sur un panneau de l'exposition. Refusant l'étiquette de «l'idéologie des grands récits», il cherche d'autres formes d'expressions. 

Il faut laisser de la place au visiteur, qui doit pouvoir danser et bouger. Ce visiteur doit au fil de la narration devenir un acteur.

Sabine Theunissen, scénographe

 Pour William Kentridge, l'atelier d'artiste est un lieu central de toutes créations. «C'est là que tout devient possible. Le studio invite le monde, le transforme, l'analyse avant de le laisser repartir».

 L'exposition au Mudam, la première monographie du genre au Luxembourg, est consacrée aux création récentes. La scénographie du grand foyer au rez-de-chaussée et des deux galeries supérieures a été confiée à Sabine Theunissen, qui ne compte plus les collaborations avec William Kentridge. 

Omniprésence du bois

Le bois est omniprésent dans les salles d'expositions. Outre la chaleur qu'il peut dégager, ce matériau est aussi utilisé pour délimiter des espaces, des volumes d'expositions. «J'ai voulu m'inspirer de l'architecture du lieu pour recréer l'esprit d'un atelier d'artiste, qui en plus d'être un espace mental est aussi un miroir tendu. Il ne fallait pas perturber l'équilibre. Le résultat est aérien, léger et fluide et imaginé. Il faut laisser de la place au visiteur, qui doit pouvoir danser et bouger. Ce visiteur doit en parcourant l'exposition et au fil de la narration devenir un acteur» insiste la scénographe. 

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La pièce maîtresse de l'exposition, l'installation «More Sweetly Play The Dance» de 2015 – présentée dans la galerie Ouest du Mudam – mérite à elle-seule une visite. Sur sept écrans géants défilent de nombreux personnages, des habitants de Johannesbourg, des saints, des héros, des danseurs des églises africaines, des mineurs, des marginaux... Le tout au rythme d'une fanfare d'un township. 

Le décor naturel est réalisé à l'aide d'innombrables dessins au fusain. Entre réalité et monde imaginé, l'ensemble est bigarré, festif, sombre et poignant. Et témoigne aussi de l'engagement politique et sociétal de l'artiste face aux inégalités, face à l'Apartheid. A quelques pas de là, la galerie Est accueille des œuvres, certes moins spectaculaires mais tout autant révélatrices de l'art de William Kentridge. Et tout particulièrement sa prédilection pour l'art du dessin. 

William Kentridge est quelqu'un qui propose des regards différents sur l'idée du temps.

Suzanne Cotter, directrice du Mudam

La pertinence des propos

La série «Waiting for the Sibyl» est annonciatrice du spectacle-performance «Sibyl», conçu et mis en scène par l'artiste et présenté en juin au Grand Théâtre. Entre précision ultime du trait et allégories, ces dessins témoignent de la pertinence des propos. Le grand hall central du musée est lui-aussi revisité avec «Almost don’t tremble». Quatre énormes mégaphones – déjà présents dans la galerie Ouest et symboles récurrents de la lutte anti-apartheid – diffusent chants et sons divers, tandis qu'un arbre stylisé «Shadow» apporte un brin de calme, de fraîcheur.


Installation  «Almost don’t tremble» dans le hall central du musée.
Installation «Almost don’t tremble» dans le hall central du musée.
Photo: Gerry Huberty

L'exposition «More Sweetly Play The Dance» recèle encore de bien d'autres et différentes propositions. Toutes mettent en lumière un artiste engagé, ouvert au monde et refusant à chaque instant le repli. Son message est toujours pluriel, souvent très sonore... comme pour mieux donner de la voix à ce monde qui l'interpelle encore et toujours. 


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