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Monumentalement minimaliste
Kultur 4 Min. 20.02.2020

Monumentalement minimaliste

Pour la dispersion de «Untitled (Scatter Piece)», 1968-69, le Mudam a proposé à des enfants de laisser libre cours à leur imagination: une idée toujours défendue par l’artiste.

Monumentalement minimaliste

Pour la dispersion de «Untitled (Scatter Piece)», 1968-69, le Mudam a proposé à des enfants de laisser libre cours à leur imagination: une idée toujours défendue par l’artiste.
Photo: Luc Deflorenne
Kultur 4 Min. 20.02.2020

Monumentalement minimaliste

Thierry HICK
Thierry HICK
Le Mudam propose une immersion totale dans l’univers sculptural de l’Américain Robert Morris.

Pourquoi faire plus quand faire moins suffit? Cet adage trouve moult adeptes au quotidien. Et de nombreux artistes, toutes disciplines confondues, ont fait de ce principe leur but à atteindre. Parmi eux, Robert Morris, qui n’est visiblement pas un adepte des gros moyens pour s’exprimer. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un saut au Musée d’Art moderne du Kirchberg, qui jusqu’au 26 avril consacre une exposition monographique à cet artiste américain né en 1931 et décédé en 2018.

Robert Morris est aujourd’hui encore considéré comme l’une des figures majeures de l’art minimal, post-minimal et conceptuel. L’exposition «Robert Morris: The Perceiving Body» fait le choix délibéré de se concentrer sur les années 60 et 70 de la carrière de l’artiste.

A l’image de «Untitled (Ring with Light)», 1966, les œuvres de Robert Morris sont souvent imposantes.
A l’image de «Untitled (Ring with Light)», 1966, les œuvres de Robert Morris sont souvent imposantes.
Photo: Luc Deflorenne

Un choix assumé par Jeffrey Weiss, le commissaire de l’exposition Robert Morris au Mudam, mais aussi ancien chef conservateur au Musée Guggenheim de New York et de la National Gallery of Art de Washington et surtout proche de Robert Morris – le commissaire et l’artiste ont activement collaboré pour mettre sur pied cette exposition monographique.

«Je m’intéresse à l’interaction tant physique que visuelle du spectateur avec les œuvres», explique Jeffrey Weiss. Le minimalisme étant de mise, il est de toute évidence que les salles d’exposition du Mudam ne soient ni accaparées ni surchargées de sculptures et autres créations de Robert Morris. «Ces objets doivent entrer en résonance avec les lieux qui les accueillent». Les deux grandes galeries à l’étage tout comme le hall central hébergent quelques pièces iconiques de l’artiste américain. «Il n’y a pas de parcours préétabli ou conseillé ou encore de suite logique pour visiter l’exposition», prévient le commissaire américain.

Entrer dans l’œuvre

L’immense espace du hall central prête son cadre à une monumentale et minimaliste installation: «Untitled (Portland Mirrors)» de 1977. Quatre énormes poutres de bois, placées à même le sol, sont coiffées aux angles cardinaux de grands miroirs. Robert Morris crée ici de nouveaux et fictifs espaces dans l’espace, mais aussi de nouvelles perspectives. Les moyens utilisés sont d’une simplicité rudimentaire et pourtant l’effet est réussi, du moins pour le spectateur qui se donne la peine de «rentrer dans l’arène» – car ici, une fois n’est pas coutume, le visiteur est invité à s’approprier l’œuvre, à la pénétrer.

Le commissaire de l'exposition, Jeffrey Weiss
Le commissaire de l'exposition, Jeffrey Weiss
Photo: Luc Deflorenne

Un tel geste est, par contre, sévèrement réprimandé pour tous ceux qui voudront découvrir de plus près l’installation «Untitled (Scatter Piece)» au premier étage. 200 éléments sont éparpillés sur le parquet.

A plat, pliée une ou deux fois, pour chaque pièce de métal ou de feutre industriel à exposer s’offrent donc trois possibilités de présentation. Leur disposition n’est, quant à elle, pas prédéfinie par l’artiste, qui toujours a voulu déléguer cette responsabilité à d’autres personnes. Dans le cas du Mudam, ce sont des enfants qui, au cours d’un workshop, ont décidé de la mise en scène de ces «scattered» pièces.

Créer de nouveaux volumes

Non loin de là, quelques feutres industriels de tailles différentes sont pliés ou accrochés au mur dans le but, une fois encore, de créer de nouveaux volumes et espaces. Dans une autre salle, le visiteur découvre «Untitled (3Ls)»: un ensemble de trois très grandes pièces en forme de L, de couleur grise, strictement identiques et exposées sous leurs trois seuls angles possibles.

«Untitled (Brown Felt)», 1973.
«Untitled (Brown Felt)», 1973.
Photo: Luc Deflrorenne

Pour Suzanne Cotter, la directrice du Mudam, l’exposition Robert Morris «raconte des histoires autour de l’art contemporain». Des histoires qui souvent chez l’artiste américain, prennent des dimensions inattendues. Même si les moyens mis en œuvre restent limités et réduits à quelques formes déclinées en de multiples volumes venant occuper l’espace, les éléments sculptés par Robert Morris sont très souvent à taille humaine, voire encore plus grands et imposants.

Ce choix permet au spectateur, une fois la surprise de la simplicité passée, d’interagir, de s’approprier les pièces dans un rapport de totale égalité. Le perpétuel jeu avec la matière, très souvent rigide, associé à un caractère ouvert et non autoritaire, fait de la rencontre de chaque pièce de l’exposition un instant de découverte et de stupéfaction. A condition de se contenter de peu...

Exposition «Robert Morris: The Perceiving Body» au Mudam, jusqu’au 26 avril. Ouverture tous les jours de 10 à 18 heures, nocturne le vendredi jusqu’à 21 heures, fermé le mardi. Infos supplémentaires:

www.mudam.lu


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