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Michel Reis: histoires d'un solitaire
Kultur 1 4 Min. 03.10.2019

Michel Reis: histoires d'un solitaire

Michel Reis s'est lancé dans une expérience unique avec son piano pour seul compagnon.

Michel Reis: histoires d'un solitaire

Michel Reis s'est lancé dans une expérience unique avec son piano pour seul compagnon.
Photo: Eric Engel
Kultur 1 4 Min. 03.10.2019

Michel Reis: histoires d'un solitaire

Thierry HICK
Thierry HICK
Le pianiste de jazz présente ce jeudi soir à Dudelange son album «Short Stories».

Il y a pris goût en 2018 en enregistrant un album solo et live d'improvisations au Japon – un opus réservé au marché nippon. Aujourd'hui il remet le couvert: le pianiste Michel Reis présente ce jeudi soir au centre opderschmelz de Dudelange sa nouvelle galette «Short Stories».

D'habitude, le musicien est bien entouré, que ce soit avec son trio Reis-Demuth-Wiltgen, voire son Michel Reis Quartet, cette fois-ci pourtant c'est en solitaire qu'il apparaît. Du moins presque, puisqu'il est toujours derrière son piano. «Cet instrument, c'est un véritable orchestre à lui tout seul. Être seul me permet de me concentrer encore plus sur l'instrument, l'interaction se limite à ma seule personne, plus besoin de composer avec d'autres musiciens. Cela devient donc forcément quelque chose de bien plus intime», précise le musicien, qui au-delà de ce nouveau projet, va poursuivre ses autres aventures communes.

Le trio Reis-Demuth-Wiltgen
Le trio Reis-Demuth-Wiltgen
Photo: Marlène Soares

Seul en studio

À l'été 2018, Michel Reis présente son idée d'enregistrer un album tout seul au label italien Cam Jazz – le même que pour le trio Reis-Demuth-Wiltgen. L'enregistrement a lieu à Cavalicco en février 2019.

«En studio, même si on est bien entouré, on est encore plus seul que sur une scène de concert. Pour ,Short Stories‘ on a enregistré sans retouches, sans coupures. Seul, on n'a pas le droit de tricher ou de se tromper. Il faut se préparer tant techniquement que mentalement. Je crois qu'il y a encore cinq ans, je n'aurais pas été prêt», note le musicien aujourd'hui âgé de 37 ans. Ce n'est qu'en quelques mois donc que Michel Reis a élaboré ce projet et composé les titres de son opus.

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Des délais à respecter

«J'ai absolument besoin de délais à respecter, de buts à atteindre. Les deadlines sont mes meilleures amies.» C'est pourquoi le pianiste, qui est aussi compositeur, s'inflige une sévère discipline. «Pour écrire, je m'impose des heures fixes, je m'installe dans mon bureau et je travaille. Ce n'est peut-être pas très romantique, je l'avoue, mais c'est ma manière de faire et cela marche.»

J'aime les couleurs sombres et je suis un grand fan des choses simples, aussi au piano.

Michel Reis, pianiste


Pour Michel Reis, la composition doit «garder quelque chose d'artisanal». Le logiciel de composition Sibelius est certes un bon outil de travail, mais pas question de faire l'impasse sur le papier à musique, insiste Michel Reis.

Raconter des histoires

Hormis le titre «Eleni» – dédié à la compositrice Eleni Karaindrou – l'album «Short Stories» ne comporte que des compositions et deux improvisations récentes. «From The Eyes of Old», «How It All Began...», «Monologue», Gratidude», «Awakening», les titres restent quelque peu énigmatiques. Et chaque composition raconte une histoire, reflète une émotion, une idée, une image. «En fait tout m'inspire dans mon travail d'écriture. Mais n'est-ce finalement pas le but de toutes les musiques de raconter une histoire», se demande le pianiste-compositeur, qui avec ses «Short Stories» prend ses distances avec l'étiquette de «jazzman» qui lui colle à la peau.

Le pianiste prend ses distances avec l'étiquette de «jazzman» qui lui colle à la peau.
Le pianiste prend ses distances avec l'étiquette de «jazzman» qui lui colle à la peau.
Photo: Eric Engel

Influences distillées

«Le jazz a toujours transgressé les frontières. Ce qui compte avant tout pour moi ici, c'est la sonorité et le toucher du piano. Cet album est aussi une forme de distillation de différents éléments qui m'influencent.» Pianiste de formation classique au départ, Michel Reis se refuse à toute forme de virtuosité instrumentale corroborée de larges et imposants effets sonores. «Je suis un grand fan des choses simples, aussi au piano», se défend l'artiste.

Très souvent, les parties piano de l'album sont d'une étonnante limpidité et d'une simplicité presque enfantine. Au profit d'effets des plus réussis. L'héritage jazz de ces «Short Stories», n'est en rien esquivé, mais enrichi d'éléments les plus complémentaires.

88 touches

Jouant avec les différentes tessitures de son instrument, – «les 88 touches du piano offrent des possibilités infinies» –, Michel Reis crée des ambiances sonores, qui oscillent à maintes reprises entre les extrêmes aigus ou graves. Avec une prédilection pour les sons mystérieux, sombres et ténébreux. «J'aime ces couleurs».

Après Dudelange ce soir, Michel Reis va bientôt repartir en tournée avec ses deux complices Marc Demuth et Paul Wiltgen, et continuer de donner des cours de piano jazz au Conservatoire de Luxembourg. Mais aussi retourner aux États-Unis, où il a vécu durant 16 ans. «Même si à l'avenir je serai plus souvent au Luxembourg que les dernières années, j'ai encore et toujours besoin d'être ici et là-bas.»

Concert «Short Stories» de Michel Reis, ce jeudi soir  à 20 heures, au centre opderschmelz de Dudelange. Tarifs: 15 euros (prévente), 20 euros (caisse du soir). Le Kulturpass est bienvenu. Réservations au tél. 47 08 951 et sur www.luxembourg-ticket.lu

www.michelreis.com