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Le secret de Schandelsmillen
Qui est-il? D'où vient-il? Jens ne parle pas de son passé.

Le secret de Schandelsmillen

Photo: Laurent Thurin-Nal
Qui est-il? D'où vient-il? Jens ne parle pas de son passé.
Kultur 1 2 Min. 06.05.2018

Le secret de Schandelsmillen

Thierry HICK
Thierry HICK
Présenté en avant-première au dernier LuxFilmFest, le film «Gutland» brosse le portrait d'une campagne radieuse et inattendue. Quitte à dérouter et en faire un peu trop.

 Il débarque de nul part, s'installe dans un petit village. Qui est-il? D'où vient-il? Pourquoi est-il là? Personne ne le sait. Jens ne s'ouvre pas aux villageois et garde son secret pour lui. Jusqu'à ce qu'il tombe dans les bras de Lucy, la fille de...

«Gutland» débute comme un chronique villageoise de bon aloi. Le réalisateur Govinda Van Maele décrit, dépeint une communauté rurale, qui vit au rythme de ses traditions, de ses habitudes et de ses petites connivences entre amis. Dans un monde où «tout le monde connaît tout le monde», nul besoin de tout dire...

L'arrivée de l'étranger va cependant quelque peu bouleverser la quiétude idyllique et apparente qui règne à Schandelsmillen. L'action se passe bel et bien au Grand-Duché, aucun doute n'est permis. Et pourtant, pour le réalisateur ce rattachement géographique ne doit pas primer sur le déroulement et le contenu de la trame, tout au plus lui donner une couleur bien particulière. Les images sont – volontairement – belles et bucoliques – surtout les plans larges de paysages. Le rythme est – toujours volontairement – bridé. Comme pour mieux laisser aux personnages le temps de se présenter, d'étaler leurs états d'âme. Jens, l'étranger, deviendra peu à peu un membre à part entière de cette communauté rurale, qui semble ne pas vouloir se confronter à la réalité.

Trois personnages, trois caractères

Frederick Lau – qu'on a vu dans «Der Hauptmann» de Robert Schwentke, Vicky Krieps – qui s'est imposée aux côtés de Daniel Day-Lewis dans «Phantom Thread» – et l'incontournable Marco Lorenzini forment l'ossature de «Gutland». Les trois personnages, les trois caractères aussi bien trempés que différents, portent l'action à bout de bras. C'est à travers eux que Govinda Van Maele fait passer son message et construit toute la trame de son premier long métrage. Le réalisateur-scénariste semble prendre un malin plaisir à dérouter le spectateur. Alors que ce dernier pouvait s'attendre à une fin «joyeuse», l'histoire prend une tournure étonnante, voire déroutante.

La campagne de Govinda Van Maele crache peu à peu ses secrets enfouis depuis des années. Le passé de Jens refait surface, celui des villageois aussi. La paix du village devient bancale.

Le rythme s'accélère du coup, le style de narration esquisse un volte-face radical et pas toujours très contrôlé. La scène du champ de maïs est bien symptomatique de cette hausse de tension voulue. Le scénario frôle de justesse l'emballement, comme si le réalisateur voulait en faire trop et pousser un peu loin son exploration d'un univers subitement devenu ténébreux.

Ce «Bon Pays» est aussi et avant tout un hymne à la campagne et au monde rural avec ces clichés et contradictions apparents et cachés... Govinda Van Maele regarde et montre, mais jamais ne commente ce côté «typesch Lëtzebuergesch» des choses. Car, même si le village de Schandelsmillen, n'existe que sur les panneaux de signalisation de Govinda Van Maele, ce «Gutland» est truffé de saveurs «bien de chez nous».