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La rage de survivre
Kultur 1 2 Min. 30.03.2019 Aus unserem online-Archiv

La rage de survivre

Chou tenant dans ses bras son fils Sovanh: un moment de bonheur qui bascule dans l'horreur le 17 avril 1975.

La rage de survivre

Chou tenant dans ses bras son fils Sovanh: un moment de bonheur qui bascule dans l'horreur le 17 avril 1975.
Photo: PTD
Kultur 1 2 Min. 30.03.2019 Aus unserem online-Archiv

La rage de survivre

Thierry HICK
Thierry HICK
Des images pour parler de la révolution des Khmers rouges au Cambodge.

Le générique de fin de «Funan» est parlant. Denis Do dédie son film «à ma mère et mon frère et à tous les exilés». Le réalisateur franco-sino-cambodgien revient sur une page sombre de l'histoire du Cambodge: la prise de pouvoir des Khmers rouges.

Chou, son mari Khuon et leurs fils de trois ans Sovanh vivent ensemble et heureux. Cette quiétude se passe souvent de paroles, les gestes et faits sont emplis de tendresse et d'amour, laissant libre cours à la beauté du moment.

Tout va bien jusqu'au 17 avril 1975, le jour ou les Khmers rouges s'emparent de Phnom Penh, la capitale. Tout bascule du jour au lendemain. Le bambin est séparé de ses parents, qui sont envoyés travailler dans une coopérative. Sovanh avec sa grand-mère rejoint un autre camp.


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Les nouveaux militaires en place installent peu à peu leur régime. Peur, oppression, terreur, violence mais aussi humiliation, privation et soumission rythmeront la vie quotidienne de Chou et Khuon, à qui l'ont promet, à renfort de paroles de propagande, un monde meilleur, grâce au communisme et à la révolution.

Une histoire et une tragédie hélas trop bien connues et décriées à maintes reprises. «Funan», une coproduction luxembourgeoise (Bac Films), apporte, quant à elle, un regard nouveau et intéressant sur le sujet. Du fait de sa particularité, puisqu'il ne s'agit ni d'un film de fiction ni d'un documentaire mais d'un film d'animation. L'option des images animées n'apparaît finalement pas si saugrenue ou surprenante que l'on aurait pu l'imaginer au départ. C'est à ce niveau qu'opère la magie du cinéma associé au coup de génie du réalisateur et du directeur artistique et auteur graphique Michaël Crouzat.

Le dessin est d'une simplicité, et d'une pureté extrêmes, sans aucune exagération. Malgré cette stylisation poussée des personnages, ceux-ci restent toujours reconnaissables. Six traits pour une moustache, un seul pour un œil: les effets réduits à leur plus simple expression sont efficaces.

Des êtres humains et opprimés

Les décors, les paysages aussi sont explicitement épurés. Et pourtant la mise en situation des personnages est significative. Les images transportent et font oublier leur caractère «irréel» dans cette bien sombre description de la réalité. Comme si l'animation devenait une arme de résistance.

Et pourtant, les propos ne sont jamais guerriers, accusateurs. «Funan» se concentre sur le sort d'êtres humains et opprimés, et plus particulièrement sur cette mère qui a vu son garçon arraché de ses bras. Un parti pris clairement affiché par des choix esthétiques judicieux. Les images sont toutes belles – trop belles? – poétiques et quelques fois bucoliques, les jeux et basculements de lumières détonnent.

Alternant entre plans panoramiques et plans serrés, pour capter soit des ambiances naturelles ou des expressions de visages, le flot narratif est très souvent au ralenti – corroborant ainsi parfaitement la simplicité des dessins. Denis Do a régulièrement recours à la superposition de deux plans se déplaçant en sens inverse pour créer du mouvement, de l'action.



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