Wählen Sie Ihre Nachrichten​

La peinture, une aventure récurrente
Kultur 4 Min. 15.04.2019

La peinture, une aventure récurrente

Jutta Koether, une artiste
à l'écoute de son temps
et de ses racines.

La peinture, une aventure récurrente

Jutta Koether, une artiste
à l'écoute de son temps
et de ses racines.
Guy Jallay
Kultur 4 Min. 15.04.2019

La peinture, une aventure récurrente

Thierry HICK
Thierry HICK
Madame Jutta Koether propose au visiteur de faire le «tour» de son travail au Mudam.

Le Musée d'art moderne (Mudam) consacre avec le «Tour de Madame» son exposition de printemps à une artiste inspirée et prolifique: Jutta Koether. Sous un air d'éternelle punk rebelle – non sans rappeler Patti Smith – l'artiste allemande se livre et dévoile un travail riche et complexe. L'exposition «Tour de Madame», la plus importante rétrospective consacrée à Jutta Koether, signe une étroite collaboration entre le Mudam et le Museum Brandhorst de Munich. Les galeries Est et Ouest du premier étage du musée du Kirchberg – et le pavillon du rez-de-chaussée – passent en revue des œuvres de 1983 à 2018.

Suzanne Cotter, directrice du Mudam, mais cette fois-ci également commissaire de l'exposition, relève que «Jutta Koether a toujours été contemporaine dans son travail. Sa peinture est une suite de confrontations et de challenges. Cette exposition est ainsi le reflet d'une aventure d'une éloquente artiste».

Un enchevêtrement de formes, couleurs et volumes.
Un enchevêtrement de formes, couleurs et volumes.
Photo: Guy Jallay

De nombreuses toiles de Jutta Koether sont des représentations d'êtres humains mis en différentes situations. S'agit-il de personnes ou de simples corps humains? L'artiste sourit à la question posée. «Je ne sais pas, sans doute un peu des deux. Un peu comme moi. Je suis corps et être à la fois. Deux notions qu'il est absolument impossible de séparer. Cela, par contre, est une certitude.»

Plusieurs niveaux de lecture

Les créations de Jutta Koether ne sont pas toujours simples d'accès. Elles offrent plusieurs niveaux de lecture, comme des strates qui se livrent aux spectateurs. Comme pour mieux corroborer l'acte de peindre au résultat final, le deuxième aspect étant intrinsèquement indissociable du premier. Koether a sa petite idée en tête dans cette démarche. «Une toile c'est tout d'abord une rencontre avec l'art. Elle offre de nombreuses possibilités qui ne peuvent se limiter à la seule contemplation de ce que je peins. Tout ne doit pas forcément être reconnaissable au premier regard, il ne faut pas non plus vouloir tout comprendre. Une œuvre d'art, même si elle garde sa part de mystère, doit avant tout être quelque chose de vécu. Comme un film de Jean-Luc Godard. Quand j'étais jeune artiste, j'appréciais beaucoup ses films que je ne comprenais pas toujours. Peu importe, je les vivais!»

Aller chercher dans les toiles de Jutta Koether des images connues, des repères visuels n'est certainement pas toujours la bonne voie. D'autant plus que l'artiste ne se cantonne pas «à raconter des histoires», mais préfère proposer «des axes de réflexion ou des questions sur nos origines.»

Des oeuvres à découvrir en plusieurs étapes.
Des oeuvres à découvrir en plusieurs étapes.
Photo: Mudam


La grande salle de la galerie Ouest du premier étage du Mudam est un condensé de 50 années de travail de l'artiste. «La présentation n'est pas chronologique», prévient Suzanne Cotter, «il s'agit bien de moments récurrents autour d'une exploration constante de l'histoire de l'art» qui repousse toujours plus loin les limites de la peinture tout en prenant grand soin d'éviter le point de rupture. Car, toute contemporaine qu'elle est, Jutta Koether ne balaye pas d'un coup de pinceau ses origines, ses racines. L'artiste laisse revivre les maîtres classiques – Van Gogh, Manet, Cézanne, Picasso.... – qui à des degrés divers l'ont influencée, inspirée.

La vie en rose

Cette première partie du «Tour de Madame» est rythmée par le leitmotiv du rose. Omniprésente, dévoilée sous toutes ses formes et nuances, cette couleur devient quasiment obsessionnelle, tant pour l'artiste et pour celui qui regarde les œuvres. Une simple coquetterie ou un geste délibéré? Jutta Koether a la réponse: «J'ai un jour décidé d'utiliser cette couleur qui par la suite est devenue une forme de signature. Pourquoi? Je sais seulement que le choix du rose n'est sans doute pas un hasard. Il me permet de renforcer le côté artistique des corps que je mets en scène. C'est un signal fort! Peut-être que dans un avenir plus ou moins proche j'opterai pour une autre couleur.»

Le corps est omniprésent.
Le corps est omniprésent.
Photo: Mudam

La galerie Est s'articule autour d'une quinzaine de peintures spécialement créées et suspendues à des immenses panneaux de verre. L'effet de transparence voulu est réussi, le contraste avec l'ambiance «salon» de la galerie Ouest est frappant. Jutta Koether invite ici le spectateur à déambuler, à créer donc son propre parcours ou sa propre mise en scène.

Faisant fi de toutes formes d'académisme, de contraintes ou de dogmes, l'artiste défend une autre idée simple de surcroît: l'art contemporain est aussi une question de relations sociales, culturelles et historiques. Des fois, il lui suffit de peu d'éléments, de formes, ou encore de lignes pour s'exprimer. Le langage primaire reste simple, c'est ensuite l'enchevêtrement d'idées, de pulsations qui font toute la richesse du travail de Jutta Koether, qui depuis les années 1990 habite Berlin et New York. Histoire de rester à l'écoute de deux univers, deux cultures pour cette artiste qui est devenue peintre «pour le plaisir de créer avec les mains».

C'est au travers de plusieurs reportages et montages vidéo projetés dans l'espace calfeutré du pavillon du rez-de-chaussée du musée que le spectateur est amené à découvrir l'envers du décor de l'univers si particulier de Jutta Koether. Une immersion audiovisuelle en complément de tout ce qui a été dit à l'étage.

«Tour de Madame», exposition Jutta Koether, jusqu'au 12 mai. Du jeudi au lundi, le mercredi, de 10 à 21 h, fermeture le mardi. Infos: mudam.lu


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

Ausstellung Hans Hofmann: Der ewige Lehrer
Farb- und Formexplosionen im MNHA: Das Museum zeigt eine große Ausstellung zu Hans Hofmann, der bislang weniger als Künstler und mehr als Lehrer bekannt war. Durch Zufall liefert die Schau auch neue Informationen über einen bekannten Luxemburger Maler.
4.10. Kultur / Expo Hans Hofmann , MNHA foto:Guy Jallay