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La nature prise pour témoin
Kultur 1 2 Min. 28.09.2019 Aus unserem online-Archiv

La nature prise pour témoin

Pour Amador et Benedicta, un simple regard en dit souvent plus long que des mots.

La nature prise pour témoin

Pour Amador et Benedicta, un simple regard en dit souvent plus long que des mots.
Photo: Tarantula
Kultur 1 2 Min. 28.09.2019 Aus unserem online-Archiv

La nature prise pour témoin

Thierry HICK
Thierry HICK
«O que arde», d'Oliver Laxe: un drame humain autour de la question de la culpabilité

 Alors que la forêt d'Amazonie est en feu, le réalisateur d'origine galicienne Oliver Laxe porte avec son film «O que arde» («Fire Will Come», coproduit par Tarantula Luxembourg) un tout autre regard sur ce genre de catastrophe naturelle. 

En Galice aussi, la forêt brûle. Amador a été condamné pour avoir provoqué un incendie. Il a purgé sa peine, sort de prison et part rejoindre sa mère Benedicta, qui vit retirée dans un village avec ses trois vaches.


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«Tu as faim?», lui demande la vieille dame lorsqu'elle retrouve après tant d'années son fils. N'a-t-elle pas d'autres inquiétudes. La question n'est en fait pas si anodine. La mère ne veut pas évoquer le passé, son fils non plus. Chez ces gens-là on ne parle pas, on regarde, on observe... Le passé, l'histoire est tout au plus évoquée – au détour d'une phrase, d'une image – les villageois se chargent du reste. Amador, pour sa part, tente tant bien que mal de se refaire, de reprendre pied dans une vie qu'il a gâchée dans le passé.

Une histoire au ralenti

Oliver Laxe se distingue par une approche d'une grande simplicité mais terriblement efficace: la lenteur. L'histoire tourne presque au ralenti, les discussions sont réduites au strict minimum. Amador ne parle pas beaucoup. Son silence pesant en dit long sur sa personnalité. Les échanges avec sa mère passent souvent par les regards ou quelques détails insignifiants. Benedicta joue le jeu, devient la complice du fils brisé. Oliver Laxe observe avec une incroyable minutie. Les plans serrés, mais aussi les mises en situation réelles contribuent à définir les deux personnages.

Amador est un homme brisé par la question de la culpabilité, il cherche refuge non seulement auprès de sa mère, mais surtout dans une nature, qu'il a jadis contribué à détruire et qui aujourd'hui devient un personnage à part entière, imprévisible, à respecter et revancharde.


Photo: Tarantula

Oliver Laxe une fois encore ne juge pas, il décrit en peignant une Galice, merveilleuse, mais jamais à l'abri de la menace humaine. Cette ode à la nature se décline autour de belles images champêtres: un monde idyllique qui ne saura pas résister à la mainmise de l'homme. Contrairement à ceux causés par la catastrophe amazonienne, les propos d'«O que arde» ne sont pas militants, ils mettent en lumière une déchirure humaine avec la nature pour témoin.

Une belle réussite pour ce drame, prix du jury cette année dans la catégorie «Un certain regard» au Festival de Cannes. Une distinction hautement méritée. 


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