Wählen Sie Ihre Nachrichten​

La critique ciné de la semaine: «Visages Villages»: La poésie de l'éphémère
Kultur 2 Min. 01.07.2017 Aus unserem online-Archiv

La critique ciné de la semaine: «Visages Villages»: La poésie de l'éphémère

Une chèvre cornue trône en majesté sur le mur du hangar agricole de la ferme où elle vit, immortalisée le temps du selfie de JR et Agnès Varda.

La critique ciné de la semaine: «Visages Villages»: La poésie de l'éphémère

Une chèvre cornue trône en majesté sur le mur du hangar agricole de la ferme où elle vit, immortalisée le temps du selfie de JR et Agnès Varda.
Photo: Le Pacte
Kultur 2 Min. 01.07.2017 Aus unserem online-Archiv

La critique ciné de la semaine: «Visages Villages»: La poésie de l'éphémère

Le documentaire «Visages Villages», présenté hors compétition, est une échappée belle dans les campagnes françaises.

(MLR) - Il a 34 ans, elle en a 89. Il est photographe et se définit comme «artiviste urbain»: il colle ses photos en format XXL un peu partout dans le monde pour attirer l'attention de ceux qui ne fréquentent pas les musées – des murs de Palestine aux favelas de Rio de Janeiro en passant par les immeubles de la banlieue parisienne. Elle est l'une des cinéastes cultes de la Nouvelle vague et a réalisé une cinquantaine de films; elle s'intéresse aussi à la photo et à l'art. Ce qu'ils ont en commun: une même passion pour l'image, une même curiosité pour leurs contemporains. Forcément, leurs chemins devaient un jour se croiser.

L'oeil du camion-photo

JR a lancé l'invitation. L'artiste au chapeau noir et aux inamovibles lunettes de soleil ne pouvait laisser indifférente celle qui a côtoyé Jean-Luc Godard – un autre adepte des verres teintés et scrutateur de ses contemporains. Au diable les articulations rouillées et les coups de fatigue, la cinéaste à la coupe au bol bicolore a enfilé sa veste et a sauté dans le camion-photo de JR. Un véhicule qui lui sert de studio et lui permet d'imprimer en direct, en format XXL, les photos qu'il colle sur les murs.

Mais par où commencer? Le documentaire raconte leur cheminement commun, aussi bien sur le plan artistique que physique. Ils expriment leurs envies: de campagne, de rencontres, de simplicité, de beauté, de surprises. «Avant qu'il ne soit trop tard», dit l'octogénaire qui confie sa vision défaillante et sa mémoire qui flanche. Moteur en marche et advienne que pourra! Pas d'effets spéciaux dans tout cela. Le film esttourné et monté en toute liberté, soulignant les coups de coeur et les doutes, les tensions et les joies. «Le but, c'est le pouvoir de l'imagination» dit Agnès Varda. De fait, on le voit là en action.

De quoi devenir chèvre

En chemin, nos deux compères s'arrêtent pour discuter avec une fermière qui élève son bétail selon des méthodes ancestrales. «Tiens, si on photographiait sa chèvre?» La bête est cornue – contrairement à nombre de ses congénères que l'on ampute de leur appendice. La voici qui trône en majesté sur un mur du hangar agricole, immortalisée le temps du selfie des artistes. A la prochaine pluie, elle aura disparu du radar. Mais qu'importe! La poésie née de l'imagination se décuple lorsqu'elle se frotte à l'éphémère. Un peu plus loin, c'est un château d'eau qui inspire Agnès Varda. Aussitôt, JR photographie des poissons à l'étalage d'un supermarché. Et hop, les voilà qui retrouvent l'ivresse des profondeurs – ou plutôt des hauteurs – une fois collés sur le réservoir en haut de la tour.

On verra aussi les maisons d'une cité ouvrière désertée se repeupler de ses anciens habitants, ou encore, dans une séquence très touchante, le portrait du photographe Guy Bourdin, un ami décédé d'Agnès Varda qui réapparaît sur le bunker d'une plage du Nord qu'ils fréquentaient ensemble. Avant que la marée ne l'efface de nouveau...


Lesen Sie mehr zu diesem Thema