Wählen Sie Ihre Nachrichten​

La critique ciné de la semaine : "La fille de Brest": Mortel médiator
Kultur 1 4 Min. 09.07.2017 Aus unserem online-Archiv

La critique ciné de la semaine : "La fille de Brest": Mortel médiator

L'actrice danoise Sidse Babett Knudsen incarne une Irène Frachon 
passionnée et déterminée.

La critique ciné de la semaine : "La fille de Brest": Mortel médiator

L'actrice danoise Sidse Babett Knudsen incarne une Irène Frachon 
passionnée et déterminée.
Photo: Jean-Claude Lother
Kultur 1 4 Min. 09.07.2017 Aus unserem online-Archiv

La critique ciné de la semaine : "La fille de Brest": Mortel médiator

Daniel CONRAD
Daniel CONRAD
Le scénario de cette histoire est connu et il ne finit pas bien. Le médiator a provoqué la mort d'au moins 500 personnes en France. Dans «La fille de Brest», Emmanuelle Bercot s'inspire du destin de la femme hors du commun qui a révélé le scandale.

Par Marie-Laure Rolland

Le scénario de cette histoire est connu et il ne finit pas bien. Le médiator a provoqué la mort d'au moins 500 personnes en France. Dans «La fille de Brest», Emmanuelle Bercot s'inspire du destin de la femme hors du commun qui a révélé le scandale: Irène Frachon, pneumologue à l'hôpital de Brest et mère de quatre enfants.

Les lanceurs d'alerte n'en finissent pas d'inspirer le cinéma. De Edward Snowden («Snowden» d'Oliver Stone) à Julian Assange («The Fifth Estate» de Bill Condon) en passant par Denis Robert («L'Enquête» de Vincent Garenq), ces héros modernes fascinent autant qu'ils prêtent à controverses. La réalisatrice Emmanuelle Bercot nous montre que l'héroïsme peut aussi se conjuguer au féminin.

360 Videos werden hier nicht unterstützt. Wechseln Sie in die Youtube App, um das Video anzusehen.

Pas commode, Irène Frachon. Un caractère aussi vif que l'air de la Bretagne où elle vit avec toute sa tribu. Et têtue avec cela, comme il se doit sur cette terre granitique qui a appris à résister aux aléas de l'histoire aussi bien que des intempéries. Bref, une personne à la fois attachante et insupportable, passionnée et passionnante, une femme viscéralement attachée à sa vocation de médecin et au serment d'Hyppocrate.

Le film débute en 2009 à Brest. Irène Frachon (interprétée par l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen, choisie pour sa ressemblance avec la véritable protagoniste qui, elle, est Française) est pneumologue. Elle traite les maladies respiratoires et observe que ses patients obèses ont en commun d'être traités avec un coupe-faim, le médiator. Elle a l'intime conviction qu'il y a un lien entre les problèmes respiratoires et ce médicament. Encore faut-il le prouver.

Une équipe de recherche au sein du centre hospitalier de Brest où elle travaille accepte de la suivre sur ce terrain miné. Très vite, il apparaît que personne n'a intérêt à ce que le scandale éclate: ni le laboratoire Servier qui bénéficie des rentes de ce médicament commercialisé depuis 30 ans, ni les autorités sanitaires qui ne peuvent envisager pareille défaillance dans leur système de contrôle.

La chair à pognon

L'un des défis de ce type de film est de faire comprendre au public les tenants et aboutissants d'un problème très technique pour

les non initiés. Le spectateur n'échappe pas à quelques considérations sur les analogies entre le médiator et l'Isoméride, un médicament également commercialisé par les laboratoires Servier avant qu'il ne soit retiré du marché. Le scénario parvient toutefois à éviter l'écueil de la technicité sans tomber dans le simplisme. Les chiffres et rapports s'effacent vite derrière la problématique humaine de ce scandale.

En toile de fond résonne une question: qu'aurions-nous fait à sa place? Comment tenir tête au deuxième plus grand laboratoire français, fort de 20.000 salariés dans le monde et dont le chiffre d'affaires affiche quatre milliards d'euros?

Le scénario s'inspire du livre écrit par Irène Frachon en juin 2010: «Médiator 150 mg / Combien de morts?». Le médicament avait été retiré peu de temps avant du marché, mais sans aucune publicité. Elle avait alors décidé de frapper fort en publiant ce document.

On découvre que si le scandale n'aurait jamais été dévoilé sans la lanceuse d'alerte, celle-ci ne serait jamais parvenue à prouver ses allégations sans le soutien d'une équipe de chercheurs et d'informateurs au sein des instances médicales.

La réalisatrice filme des femmes et des hommes qui s'affrontent, mais aussi des corps et des âmes qui souffrent. Les séquences extrêmement rythmées laissent aussi la place à des arrêts sur image soulignant les dilemmes auxquels sont confrontés les personnages. Cela étant, on peut se demander s'il fallait aller jusqu'à filmer sans retenue une scène de dissection du cadavre d'une victime du médiator?

On y voit la pneumologue saisir à pleine main le cœur de la patiente tout juste décédée, preuve du délit arrachée de la dépouille. Une manière pour Emmanuelle Bercot de signifier la violence du drame et la radicalité du combat d'Irène Frachon. La chair à pognon s'expose là dans toute sa crudité. Au prix d'une certaine impudeur devant la détresse – toujours actuelle – des familles.

Au casting, Benoît Magimel interprète le rôle du professeur Le Bihan, personnage clé qui n'arrivera pas à résister jusqu'au bout à la pression. Son personnage sert aussi de révélateur à la portée héroïque du combat d'Irène Frachon. L'actrice danoise qui interprète le rôle titre est épatante en femme-courage qui ne perd jamais son objectif de vue: arrêter le massacre.

Sept ans après les premières plaintes, l'affaire est toujours en cours devant les tribunaux.


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

«LE» meilleur système scolaire n’existe pas! Il existe cependant des facteurs qui agissent directement sur la capacité d’un système scolaire à réagir par rapport aux enjeux qui se présentent.
Vivons-nous dans le pays des bisounours? Loin de vouloir paraphraser l'égérie des extrémistes français, Marine Le Pen, la question mérite d'être posée au regard de la faiblesse apparente de la présence policière et militaire quelques jours seulement après les attentats meurtriers de Bruxelles.
A quoi ressemblera le commerce de demain? C'est la question à laquelle tente de répondre Laurent Schonckert, l'administrateur délégué de Cactus.
Le marché de proximité a un bel avenir devant lui, estime Laurent Schonckert.
Les résultats du référendum sont tombés et avec une majorité écrasante que nul n’aurait pu soupçonner notre peuple a, répondu «non» aux trois questions initiées par la coalition de gauche au pouvoir.
Referendum, Bettel, Nationalkongress du DP, a Luxembourg, le 10 Mai 2015. Photo: Chris Karaba
De nombreux pays européens mettent en évidence une dynamique sociale insoutenable au long terme: leurs jeunes générations d’adultes entrent dans un marché du travail dégradé, fait de micro-jobs aux salaires insuffisants, sans perspective...