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La critique ciné de la semaine : "Bonne Pomme": La clef des champs
Kultur 1 3 Min. 02.09.2017 Aus unserem online-Archiv

La critique ciné de la semaine : "Bonne Pomme": La clef des champs

Barbara et Gérard, deux écorchés de la vie entre moments de tendresse et engueulade.

La critique ciné de la semaine : "Bonne Pomme": La clef des champs

Barbara et Gérard, deux écorchés de la vie entre moments de tendresse et engueulade.
(Photo: Unifrance)
Kultur 1 3 Min. 02.09.2017 Aus unserem online-Archiv

La critique ciné de la semaine : "Bonne Pomme": La clef des champs

Réunir à l'écran deux icônes est périlleux. La réalisatrice Florence Quentin a osé. Depardieu et Deneuve portent à bout de bras cette «Bonne Pomme», une comédie à la française, sans prétention aucune...

Par Thierry Hick

Réunir à l'écran deux icônes est périlleux. La réalisatrice Florence Quentin a osé. Depardieu et Deneuve portent à bout de bras cette «Bonne Pomme», une comédie à la française, sans prétention aucune...

Jamais, ils n'auraient dû se rencontrer. Et pourtant, l'impensable se produit. Gérard, le mécano à la recherche d'un garage à reprendre, Barbara, la propriétaire d'une petite auberge qui sert des plats congelés à ses clients, se croisent et ne se lâchent plus.

Une histoire banale et rassasiée à toutes les sauces depuis des lustres. Certes, sauf qu'avec sa «Bonne Pomme», la réalisatrice Florence Quentin choisit de ne pas en faire trop. Bien au contraire. Son scénario est limpide comme de l'eau claire et peut se résumer en trois lignes. Un bon choix?

(Photo:Unifrance)

Deux personnages perdus dans la vie se croisent, s'évitent, s'apprécient, se haïssent... et ne peuvent plus se passer l'un de l'autre, malgré le chapelet de mystères et de non-dits qui les entourent. La réalisatrice prend le temps – beaucoup de temps – pour camper ses deux personnages centraux, Gérard et Barbara. Tout y passe, leurs petites habitudes, leurs rêves brisés, leurs quêtes d'ailleurs... Une histoire simple, «téléphonée» et surtout prévisible. Rien de bien mirobolant, même pas le happy end final, des plus convenus.

Comment sauver un film qui risque donc de s'annoncer soporifique? En faisant appel à Gérard Depardieu et Catherine Deneuve à la rescousse. Barbara et Gérard sont des êtres d'une grande banalité, comme on peut en croiser tous les jours. Les deux acteurs réussissent à donner corps et âme à leurs personnages respectifs.

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Cinglante Deneuve, imposant Depardieu

Deneuve est cinglante, manipulatrice, son regard est perçant, son jeu est glaçant. En face d'elle, un Depardieu, doux comme un mouton mais aussi imposant – pas que physiquement. La complicité entre ces deux «monstres» est omniprésente et palpable. Heureusement, car c'est bien elle qui porte d'un bout à l'autre cette comédie. La caméra de Florence Quentin s'accroche à ces deux écorchés de la vie. Les images sont sans fioritures, les propos pesés, les moments de silence choisis, le rythme posé. Des moments de tendresse, voire de complicité naissante entre ces deux êtres si différents, mais aussi de nombreux seconds rôles complètent le tableau.

«Si la vie te semble triste, ...si le monde est égoïste, alors, viens vite avec moi à la campagne», chantait Claude François. Des paroles prémonitoires pour Gérard. Il quitte sa morne zone industrielle pour partir refaire sa vie à la clef des champs. Il atterrit à Levergeon – pas besoin de chercher le nom sur une carte. «Un bled pourri», pour Barbara. C'est dans la France profonde loin de l'agitation de la ville, que Florence Quentin a posé ses bagages.

Ce petit village – avec son église, son maire, ses commerces, ses habitants avec leurs commérages et leurs vieilles histoires – est le décor idéal pour ce jeu du chat et de la souris entre Gérard et Barbara. Même si «Bonne Pomme» ne marquera sans doute pas le cinéma hexagonal, cette comédie, un brin franchouillarde et délibérément vieux jeu, reste toutefois plaisante. A condition, de ne pas vouloir chercher une aiguille dans une botte de foin. Les habitants de Levergeon, à force de querelles du voisinage, par contre en ont eux l'habitude. Mieux vaut les laisser faire...