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L'habit ne fait pas la nonne
Irène, la jeune novice (Taissa Farmiga) n'est visiblement pas préparée pour la mission qui lui est confiée.

L'habit ne fait pas la nonne

Photo: Warner Bros
Irène, la jeune novice (Taissa Farmiga) n'est visiblement pas préparée pour la mission qui lui est confiée.
Kultur 2 3 Min. 15.09.2018

L'habit ne fait pas la nonne

Thierry HICK
Thierry HICK
Démon, exorcisme, sorcellerie, possession, puissance maléfique, religion, prière: le vocabulaire est sombre, menaçant et oppressant. A l'image de cette plongée dans un univers «horriblement» complexe.

L'abbaye de Cârta en Transylvanie existe bel et bien: elle n'a pas été créée pour les besoins du film. Même si de nombreuses scènes du film d'horreur et d'épouvante «The Nun» ont été tournées en studio à Bucarest, le réalisateur américain, Corin Hardy, ne voulait pas se passer des charmes de ce décor naturel inédit.

C'est donc dans une abbaye perdue en pleine campagne qu'a lieu l'irréparable péché. Une nonne se suicide. De quoi énerver et inquiéter le Vatican, qui s'empresse de dépêcher sur place un prêtre et une novice pour mener l'enquête.

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Les investigations prendront une tournure inattendue. Sœur Irène et le Père Burke tombent littéralement des nues et nez à nez avec le Mal. Cette force maléfique ne lâchera plus d'une semelle les deux enquêteurs, qui peu à peu comprennent le but – et les risques – de leur mission. Inutile de révéler dès à présent qui sortira vainqueur de cette périlleuse lutte.

Valak, une nonne démoniaque, mène invisiblement la danse. On la voit, on l'entend sans la voir, sans l'entendre. «The Nun» tourne autour de cette figure centrale et son «double je». Dans ce cinquième épisode de l'univers «Conjuring», cette pièce maîtresse est loin d'être une inconnue. Pour ceux qui découvrent ce spin-up les présentations sont vite faites.

Le couple d'enquêteurs tente par tous les moyens de percer le mystère et de crever l'abcès qui rythme la vie du monastère. La porte flanquée de l'écriteau «Finit Hic, Deo» («Dieu finit ici») finira par lâcher son secret.

Clichés et images déjà vues

Le réalisateur ne réinvente pas le genre du film d'horreur. Les clichés sont légion: les corbeaux qui rôdent autour du corps sans vie de la nonne morte, les masques et squelettes qui disparaissent à toute vitesse, l'utilisation presque intempestive du brouillard et autres effets fumigènes et des jeux de lumière... sont autant d'images déjà vues, qui n'apportent rien de bien nouveau. Les puristes s'offusqueront peut être du manque d'ingéniosité des moyens et des effets spéciaux.

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D'aucuns préféreront s'attarder sur un scénario qui tient globalement la route et un déversement parcimonieux d'hémoglobine. Les scènes de sang sont finalement réduites à leur plus simple expression, Corin Hardy s'attarde sur la trame d'une histoire, qui a pour vocation de rester grand public, donc capable d'attirer de nouveaux publics avides de frissons et de sueurs froides.

Avec «The Nun», les novices du genre risqueront d'en être pour leurs frais, puisque le réalisateur américain limite délibérément la casse et aime adapter le rythme de la narration et des images au gré des événements qui défilent. Des moments de silence ou de tension et des scènes d'action – plus ou moins attendues – s'emboîtent allègrement sans trop de frottements. Le spectateur, même s'il ne se perd pas dans le feu de l'action, reste en alerte. Le but est somme toute atteint pour cette production qui, sans s'approfondir sur les considérations religieuses voire éthiques – tel n'est le but –, fait se cohabiter les forces du Mal et le défenseurs du Bien. Une dichotomie de façade sagement emballée dans une mise en scène de circonstance et de pure et unique divertissement.