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L’espion qui opérait au chaud
Kultur 1 3 Min. 28.11.2021
Zapping

L’espion qui opérait au chaud

Miguel Nunes dans le rôle de l’agent fictif João Vidal.
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L’espion qui opérait au chaud

Miguel Nunes dans le rôle de l’agent fictif João Vidal.
Photo: Netflix
Kultur 1 3 Min. 28.11.2021
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L’espion qui opérait au chaud

Marcel KIEFFER
Marcel KIEFFER
«Glória», première série portugaise sur Netflix et prompte réussite dans le genre du thriller

Les débuts de la production portugaise sur la plateforme Netflix sont prometteurs. Mieux, ils sont excellents. Avec «Glória», la première série lusitaine à paraître en tant que production originale sous le logo du géant américain, son créateur Pedro Lopes (auteur notamment d’une autre minisérie remarquée, «Le Domaine», diffusée durant l’été 2020 sur Arte) et le metteur en scène Tiago Guedes ont effectivement réussi la gageure d’allier le suspense d’une histoire d’espionnage à l’ambiance pesante au Portugal sous le régime fasciste du dictateur Salazar, donnant ainsi lieu à un saisissant portrait d’époque dans un contexte historique et sociétal à la fois authentique et révélateur.

«Glória» est d’abord une série d’espionnage inspirée de faits réels et tirant habilement toutes les ficelles du genre. Le jeu déroutant de personnages complexes y est, tout comme l’enfilade stéréotypée de contextes, d’actions et de motivations revisitant un univers suffisamment mystérieux et emblématique pour ne jamais faillir à nourrir de nouvelles intrigues au déroulement inespéré.

Cette fois, nous voici plongés dans le décor si particulier d’une station radiophonique installée à Glória, dans la chaude et centrale région du Ribatejo, en pleine campagne portugaise, à plus d’une heure de route au nord de Lisbonne, qui se révèle être un nid d’espion aux multiples obédiences des idéologies de l’époque. Il s’agit de la station, historiquement authentique de la RARET, centre émetteur de la Radio Free Europe, une émanation de la CIA censée transmettre la propagande occidentale en direction du bloc soviétique de l’Est.

Un nid d’espion et secret d’Etat

Ce lieu hautement sécurisé et largement ignoré par la population locale se trouvait être dans les années 60, en pleine période à la fois de la guerre froide comme de la dictature salazarienne de l’«Estado Novo», un secret d’Etat en même temps qu’un haut lieu de l’espionnage international où opéraient côte à côte des agents de la CIA, des services secrets portugais, la redoutable PIDE, ainsi que du KGB.

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C’est au service de celui-ci que l’agent fictif João Vidal (Miguel Nunes) s’y infiltre en tant qu’ingénieur radiophonique avec la mission de compromettre les activités des Américains, mais également d’enquêter sur la disparition mystérieuse de Mia, qui fut son officier formateur au sein du KGB. Le rôle de João, lourdement traumatisé par ses expériences de soldat portugais en Angola, acquiert une dimension particulière par le fait qu’il est le fils d’un haut dignitaire de l’«Estado Novo» et donc tiraillé entre ses attaches familiales et ses convictions politiques.

Si, au courant d’une intrigue se déroulant sur fond d’infiltrations et de manœuvres de sabotage, mais par moments surchargée de clichés convenus du genre, la série a tendance à s’enliser dans des mécanismes un brin trop convenus, elle garde en revanche constamment un haut rythme captivant, soutenu à la fois par son esthétique léchée, un habile agencement narratif et une très inspirée bande sonore, mêlant des accents de rock mélodieux à la plainte lancinante du fado.

La dimension complexe et humainement tragique d’un déprimant tableau sociétal où cohabitaient, à un moment particulièrement pesant de l’histoire portugaise, pratiques de guerre froide, régime dictatorial, sourde rébellion populaire et traumatisme colonialiste, est par ailleurs magistralement exprimée dans un casting très réussi.

Aux côtés d’un brillant Miguel Nunes, Stephanie Voigt dans le rôle de la cheffe de la cellule CIA locale, Adriano Luz dans celui de son opposant soviétique, ou encore Afonso Pimentel jouant un agent infiltré de la PIDE, sont tout aussi convaincants et rajoutent à la crédibilité et à la qualité générale de cette première et très réussie production portugaise sur la haute scène mondiale du streaming commercial et remplissant de façon impressionnante l’objectif déclaré de son créateur – celui de raconter une histoire «profondément portugaise et à la fois universelle».

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«Glória» est téléchargeable sur Netflix (dix épisodes).

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