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L'équipe du film témoigne
Kultur 4 4 Min. 14.10.2015 Aus unserem online-Archiv
«Eng nei Zäit» de Christophe Wagner

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«Eng nei Zäit» de Christophe Wagner

L'équipe du film témoigne

Après son déjà très remarqué «Doudege Wénkel» en 2012 – qui lui a valu le «Filmpräis» du meilleur long métrage – Christophe Wagner revient sous le feu des projecteurs avec un nouveau film prometteur: «Eng nei Zäit». La sortie nationale est prévue le 14 octobre.

par Thierry Hick

Après son déjà très remarqué «Doudege Wénkel» en 2012 – qui lui a valu le «Filmpräis» du meilleur long métrage – Christophe Wagner revient sous le feu des projecteurs avec un nouveau film prometteur: «Eng nei Zäit». La sortie nationale est prévue le 14 octobre.

1945: le Luxembourg se remet peu à peu de la guerre et se prépare à un nouveau départ. Les années d'occupation ont laissé des séquelles tant dans la population qu'auprès du pouvoir. «A cette 
époque le fossé entre la recherche de la vérité et le maintien de l'ordre public est profond», précise le réalisateur Christophe Wagner.

Le meurtre de Windhof en toile de fond

Entre compréhension du passé et gestion du futur, entre rejet de la vérité, dénonciations, ragots, frustrations, jalousies et rumeurs, la population luxembourgeoise vit dès 1945 une période difficile. Le quintuple meurtre d'une famille d'agriculteurs allemands et d'une employée luxembourgeoise du Windhof n'en est qu'un exemple probant. Cette tragédie sert par ailleurs de fil rouge au film «Eng nei Zäit». Ce qui n'a pas empêché le réalisateur de rechercher le juste équilibre entre les faits historiques et la fiction. «Ce qui a impliqué de faire des choix mais aussi de s'autoriser quelques libertés quant aux faits bruts».


Au lieu d'occulter le passé – «une tendance bien présente au Luxembourg» – Christophe Wagner, avec son film, veut réévaluer cette période d'après-guerre et pourquoi pas lancer la discussion «sans provoquer comme une fin en soi et sans brosser les mentalités dans le sens du poil. Le film a aussi pour rôle de montrer que tout n'est ni noir ni blanc».

Mélange entre faits réels et faits de fiction

«Je reste très curieuse de voir la réaction des spectateurs», indique pour sa part Viviane Thill, qui a est à la base du scénario du film, elle sera par la suite rejointe par Christophe Wagner. Ce mélange entre faits réels et faits de fiction a largement intéressé Luc Schiltz, qui campe le personnage de Jules, figure centrale de «Eng nei Zäit». «Entre mon personnage et la dramaturgie du film il y a une certaine marge. Et pourtant, lorsque l'on sait que certains faits ont réellement existé – je pense au quintuple meurtre – en tant qu'acteur on ne peut en faire totalement abstraction».

Christophe Wagner réussit le tour de force de faire évoluer ses proposes sur deux tableaux simultanés. Tantôt c'est l'enquête purement policière qui prend le dessus – avec tous les clichés inhérents aux personnages représentant l'ordre public – tantôt ce sont les tourments sentimentaux ou encore cette quête insatiable de 
Jules qui priment. «La complexité de mon personnage fait que cette histoire permet en quelque sorte de se distancier des faits historiques», estime l'acteur.


Le gratin des acteurs luxembourgeois

Aux côtés de Luc Schiltz, la production a réussi à réunir le gratin des acteurs luxembourgeois: André Jung, Jules Werner, Fabienne Hollwege, Eugénie Rauchs, Elsa Rauchs, Raoul Schlechter, Jean-Paul Raths, Jean-Paul Maes, Luc Feit, Christian Kmiotek, Frédéric Fresnay, Marc Limpach, Germain Wagner et une flopée de jeunes acteurs en devenir. «Le casting a été long et souvent dur, j'ai mené de très longues discussions avec pratiquement tous les acteurs du pays. Pour le seul personnage de Jules j'avais neuf candidats. Ensuite nous avons longuement répété pour trouver le ton juste», se souvient Christophe Wagner.

L'acteur André Jung est également de la partie. Le thème l'a particulièrement touché étant donné ses résonances avec son histoire personnelle.

Un budget de 3,8 millions d'euros

«Dès le début du film j'avais une image de western en tête. Je voulais des plans larges de paysages et de jeux avec la lumière. C'est cette esthétique qui m'a guidé tout au long du tournage». A ce sujet soulignons la beauté superbe des images de Jako Raybaut. «Cette approche comporte toujours le 
risque que le manque de moyens ne se fasse sentir à l'écran», selon le réalisateur.

Doté d'un budget de 3,8 millions d'euros – peu en comparaison avec d'autres productions étrangères – «Eng nei Zäit», coproduit par Samsa Film Luxembourg et la société belge Artémis Productions (qui a contribué à hauteur de 20% au financement), va après sa sortie nationale le 14 octobre, entamer une carrière internationale. «Nous avons trouvé un arrangement avec des distributeurs de la Grande Région pour présenter le film dans certaines villes allemandes, belges ou françaises», indique pour sa part le producteur Claude Waringo. Une version française – l'original est en luxembourgeois – est également prévue, histoire d'attirer un public francophone plus large.

Pour lancer le débat, un colloque «1940-1950: Continuité et ruptures» sera organisé les 23 et 24 octobre au CNA de Dudelange. Le cloître Lucien Wercollier du centre neimënster accueillera du 30 octobre au 22 novembre une exposition sur le tournage et la post-production du «film luxembourgeois le plus ambitieux de l'histoire», résume ni plus, ni moins Claude Waringo.

Une avant-première du film aura lieu le vendredi 9 octobre à 19.30 heures à l'Utopolis-Kirchberg en présence du réalisateur et des acteurs. Infos sur: www.utopolis.lu.


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