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L'artiste Jilly Kevo à la croisée des chemins
Kultur 4 Min. 11.02.2021 Aus unserem online-Archiv

L'artiste Jilly Kevo à la croisée des chemins

Des mathématiques au dessin, Jilly Kevo affiche une double passion.

L'artiste Jilly Kevo à la croisée des chemins

Des mathématiques au dessin, Jilly Kevo affiche une double passion.
Photo: Guy Jallay
Kultur 4 Min. 11.02.2021 Aus unserem online-Archiv

L'artiste Jilly Kevo à la croisée des chemins

Thierry HICK
Thierry HICK
La jeune artiste de Niederkorn expose ses dessins au Aalt Stadhaus de Differdange: une première.

Dès qu’elle parle de mathématiques, son regard s’illumine, ses yeux flambent. Et pourtant, en venant au Aalt Stadhaus, Jilly Kevo n’est pas venue parler de sciences. Quoique...

Les cimaises du centre culturel differdangeois accueillent une quarantaine de dessins de Jilly Kevo. Pour cette jeune habitante de Niederkorn, elle a 19 ans, c’est une première. «Je n’ai encore jamais eu l’occasion de présenter mes œuvres au public», explique la jeune fille, «au lycée personne n’avait montré d’intérêt à ce que je faisais.» Aujourd’hui donc, avec sa première exposition personnelle, elle a franchi le pas. «C’est étrange, je dois l’avouer. Mais c’est aussi une grande source de plaisir.» Et de se soumettre à la critique du public? «C’est le prix à payer pour être jugée. Chacun est libre d’aimer ou pas mon travail.»

Kultur , Aal Stadthaus Differdange , Expo Jilly Kevo , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Kultur , Aal Stadthaus Differdange , Expo Jilly Kevo , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Photo: Guy Jallay

Jilly Kevo a commencé à dessiner il y cinq ans environ alors qu’elle était encore lycéenne. Un instant intéressée par la section artistique E, elle s’inscrit pourtant par la suite en section F (musique) – elle joue du piano – pour finalement passer à la section C (sciences naturelles-mathématiques). Son bac en poche, elle suit aujourd’hui des études de physique à l’Université de Luxembourg. «Non pas pour enseigner, mais pour faire plus tard de la recherche», déclare tout de go la jeune étudiante, qui ne veut pas encore se qualifier de scientifique. «A 19 ans seulement, ce serait tout de même un peu arrogant de ma part».

J'aime le côté philosophique des maths qui d’une certaine manière se rapprochent aussi de certaines formes d’art.

Jilly Kevo, dessinatrice

Bach et Escher, deux influences majeures

Pourquoi donc cet intérêt pour les sciences en général et les mathématiques en particulier? La réponse fuse: «Les maths avec leurs concepts et leurs idées me fascinent. Loin d’être une matière sèche et rébarbative, cette science unit l’univers. Les théories anciennes ont toujours une valeur aujourd’hui. J’aime le côté philosophique des maths, qui d’une certaine manière se rapprochent aussi de certaines formes d’art», insiste la jeune étudiante-scientifique-dessinatrice, en pointant du doigt la musique de Jean-Sébastien Bach qu’elle admire tout particulièrement – et dont elle joue aussi certaines fugues et interventions pour piano.

Des œuvres en noir et blanc ou en couleur, avec ou sans titre, Jilly Kevo aime partir d'un concept précis pour explorer de nouvelles pistes.
Des œuvres en noir et blanc ou en couleur, avec ou sans titre, Jilly Kevo aime partir d'un concept précis pour explorer de nouvelles pistes.
Photo: Guy Jallay

«Bien sûr cette musique ne peut être réduite aux seuls aspects mathématiques, elle dégage bien d’autres choses. Pourtant, ces compositions répondent à certaines formules, certains schémas intéressants». Des caractéristiques que Jilly Kevo applique aussi à son art, comme en témoignent les œuvres présentées au foyer du premier étage du centre culturel Aalt Stadhaus.

L’artiste avoue de plus une attirance toute particulière pour un autre personnage du passé: Maurits Cornelis Escher, connu pour ses gravures, estampes et lithographies. Et surtout féru lui aussi de mathématiques. «Sans être mathématicien. Il a toujours été passionné par le rapport entre les sciences et l’art. C’est bien la preuve que les maths sont quelque chose d’universel», note Jilly Kevo, qui a découvert le travail de cet artiste néerlandais de la fin du XIXe et du début du XXe siècle dans un livre de géométrie.


Le trait est fin, précis.
Le trait est fin, précis.
Photo: Guy Jallay

Un travail à l’ancienne

Jilly Kevo dessine à l’ancienne avec une feuille de papier et un crayon, de temps à autre avec des couleurs. «J’ai besoin du geste, de ce travail manuel». Et pourtant, il lui arrive d’avoir recours à son Ipad pour créer. «Ce travail est moins personnel, plus froid, les techniques ne permettant pas tout.» Après plusieurs années d’expérience dans l’art du dessin, l’artiste entend bien poursuivre dans cette voie.

D’un aspect, qui au premier regard semble simple et fantaisiste – propre à une jeune femme la tête remplie de rêves et de belles images – les dessins de Jilly Kevo sont bien plus profonds, structurés et souvent énigmatiques.

Le trait est fin, précis, les couleurs, lorsqu’elles sont présentes – car l’artiste affiche une prédilection pour le noir et blanc – sont tamisées et la construction du motif est souvent complexe et variée. A l’image des variations autour d’un thème de... «Variations Goldberg» ou des fugues de Bach. La dessinatrice aime travailler sur plusieurs niveaux, n’impose pas une vue particulière de ses œuvres, qui peuvent être découvertes en toute liberté, sans sens de lecture, sans mode d’emploi obligatoires.

La géométrie revisitée

Reprenant à son compte les déclinaisons d’une forme géométrique – en s’attachant par exemple à la forme hyperbolique d’un verre de vin – la jeune artiste ouvre de nombreuses portes, explore diverses voies. Elle ne nie en rien l’influence de Bach et Escher dans son travail, aime partir d’un concept déterminé – l’attirance des maths est bien présente – pour ensuite l'accaparer et le soumettre à diverses transformations, mutations.

Jilly Kevo, qui lisait au lycée déjà des ouvrages d’analyse complexe, a donc entamé une formation scientifique. «Mes dessins, mon travail me permettent de m’exprimer et répondent à un besoin de créativité. Si j’avais choisi une formation artistique, je suis certaine que les sciences tôt ou tard allaient me manquer. Et pourtant, je ne compte pas arrêter le dessin. C’est toute ma vie. Et je n’en suis qu’au début.».

«Biller an Iddien» exposition Jilly Kevo au Aalt Stadhaus de Differdange, jusqu’au 27 février du lundi au samedi de 10 à 18 heures: Infos: www.stadhaus.lu 

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