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Jeu de questions-réponses
Kultur 5 Min. 28.06.2021
«Kulturentwecklungsplang 2018-2028»

Jeu de questions-réponses

Réunion de famille hier matin au théâtre d’Esch/Alzette.
«Kulturentwecklungsplang 2018-2028»

Jeu de questions-réponses

Réunion de famille hier matin au théâtre d’Esch/Alzette.
Photo: Gerry Huberty
Kultur 5 Min. 28.06.2021
«Kulturentwecklungsplang 2018-2028»

Jeu de questions-réponses

Thierry HICK
Thierry HICK
Les assises sectorielles du théâtre ont permis de faire le point sur une scène certes active mais aussi fragile.

Comme celles consacrées au secteur des musiques rock-pop-électro début mars à la Rockhal, les assises sectorielles du théâtre, qui se sont tenues lundi matin  au théâtre d’Esch/Alzette, en plus d’annoncer les nominés des nouveaux Theaterpräisser (lire encadré ci-dessous), a dressé un état des lieux d’un secteur qui lui aussi a été fortement impacté par la crise sanitaire. Ce rendez-vous fait partie intégrante du «Kulturentwecklungsplang 2018-2028». De nombreuses et futures assises vont ausculter d’autres secteurs de la vie culturelle du pays. 

 Animées par la journaliste culturelle Christiane Kremer, les assises ont débuté par une première prise de parole de Sam Tanson. La ministre de la Culture a souligné la flexibilité du secteur en cette période de pandémie et aussi le grand élan de solidarité des différents acteurs. 

La ministre de la Culture, Sam Tanson a lancé et clôturé les débats.
La ministre de la Culture, Sam Tanson a lancé et clôturé les débats.
Photo: Gerry Huberty

La critique de théâtre Josée Zeimes a ensuite fait un état des lieux du théâtre après avoir concentré ses recherches sur différents aspects bien précis. Ce rapport a été demandé par le ministère de la Culture en vue de ces assises. 

La scène, largement diversifiée, est animée par des institutions communales (Luxembourg et Esch), bon nombre de théâtres privés ou associatifs, plusieurs centres culturels régionaux, mais aussi par une trentaine de compagnies sans lieux fixes. Josée Zeimes, en rapport avec la question souvent posée de la professionnalisation, note aussi que de plus en plus de formations sont exigées pour tous les métiers de la scène. 

Les questions financières des théâtres laissent apparaître, toujours selon la rapportrice, un constat sans appel: le théâtre est un secteur négligé par l’Etat. Autre problème soulevé: l’absence d’un «fundus» qui permettrait de constituer une sorte de répertoire national tout en garantissant un stockage optimal de décors, costumes et accessoires de productions passées tout en mettant à dispositions de plus petites compagnies les moyens techniques nécessaires. En guise de conclusions, Josée Zeimes note outre un réel désir d’aller de l’avant, la prise de conscience de certaines lacunes et surtout la volonté d’y remédier. 


 Comme pour la musique rock-pop-électro, les assises se sont articulées autour de deux tables rondes délimitant deux thématiques particulières: la durabilité et l’écoresponsabilité au théâtre et les conditions de travail au théâtre. Finalement les deux rounds de discussions ont laissé apparaître plus de parallèles, plus de points communs qu’attendu. 


Pas de discussions autour du théâtre sans théâtre: intervention de l’actrice Marie Jung.
Pas de discussions autour du théâtre sans théâtre: intervention de l’actrice Marie Jung.
Photo: Gerry Huberty

Carole Lorang, la directrice du théâtre eschois, déplore un gaspillage tant intellectuel que matériel pour des productions qui ne sont représentées que quelques fois. D’où son choix délibéré d’inclure dans sa programmation des créations anciennes, relues et adaptées. De quoi assurer une certaine durabilité. 

 Pour Peggy Wurth, scénographe et costumière indépendante, la création d’un tel fundus permettrait aussi un recyclage intelligent. Stéphane Ghislain Roussel, metteur en scène et directeur de la structure de création Projeten, la «façon de faire doit elle aussi être écoresponsable, elle est en corrélation directe avec le but à atteindre et l’impact sociétal.» 

Les questions écologiques de toute activité théâtrale sont multiples: consommations énergétiques, déchets, mobilités... C’est pour cette raison que la Theater Federatioun a créé un groupe de travail – auquel participe Stéphane Ghislain Roussel – dans le but d’élaborer une sorte de charte de bonne conduite, comme cela se pratique déjà dans certains pays. Le projet n’en est actuellement qu’à ses débuts. 

La deuxième partie des discussions a ensuite passé en revue les répercussions de la crise sanitaire sur les conditions de travail des différents professionnels. Pour Sophie Langevin, actrice et présidente d’Actors.lu, la crise a souligné que «la culture est quelque chose d’essentiel». La metteuse en scène, Anne Simon, lui emboîte le pas: «Encore faut-il tout mettre en œuvre pour que notre travail reste essentiel.» 

Les débats furent animés par la journaliste Christiane Kremer
Les débats furent animés par la journaliste Christiane Kremer
Photo: Gerry Huberty

Faut-il toujours faire plus?  

A ensuite été discutée l’activité frénétique de nombreuses maisons avant la crise. Cette surproduction tous azimuts est aujourd’hui reconsidérée et soulève elle aussi bon nombre d’interrogations. Faut-il toujours faire plus? Comment attirer le public, forcément limité? La peur de revenir en arrière «comme si de rien n’était» effraye Tom Leick-Burns, le directeur des Théâtres de la Ville de Luxembourg. Les assises ont aussi porté sur la rémunération de tous ceux qui travaillent dans le secteur. Konstantin Rommelfangen est acteur et membre de l’Association luxembourgeoise des Professionnels du Spectacle Vivant (Aspro). 

La scène théâtrale a été passée au crible.
La scène théâtrale a été passée au crible.
Photo: Gerry Huberty


C’est à ce titre qu’il a annoncé que l’association est en train d’établir un glossaire des métiers du théâtre, mais aussi d’élaborer des recommandations tarifaires, à l’image du secteur audiovisuel où des règles de rémunérations sont appliquées. Cette question est en lien direct avec celle liée à la surproduction précédemment évoquée. 

Sam Tanson en guise de conclusion, a retenu «les devoirs à faire» et assuré la grande famille du théâtre de sa volonté de continuer «à investir» dans le secteur, de promouvoir la professionnalisation dans le but de soutenir la création et de continuer à développer les formations dans le domaine culturel. 

Les deux tables rondes ont donc mis en avant des problématiques concordantes et ont aussi tenté de répondre aux attentes et craintes des différents partenaires. Avec un constat à la clef: comme en mars à la Rockhal, ces séances de discussions et d’échanges ne peuvent qu’être un début, qu’un élément déclencheur d’une nouvelle dynamique si elles sont suivies de mesures concrètes. Car même si elle est active et fébrile, la scène théâtrale du pays reste fragile... 

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