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Juan Diego Flórez: «L’opéra, tout naturellement»
Kultur 2 7 Min. 17.11.2021
Interview

Juan Diego Flórez: «L’opéra, tout naturellement»

Juan Diego Flórez chante lors de l'ouverture des Jeux panaméricains à Lima en juillet 2019.
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Juan Diego Flórez: «L’opéra, tout naturellement»

Juan Diego Flórez chante lors de l'ouverture des Jeux panaméricains à Lima en juillet 2019.
Photo: Getty Images
Kultur 2 7 Min. 17.11.2021
Interview

Juan Diego Flórez: «L’opéra, tout naturellement»

Thierry HICK
Thierry HICK
Le célèbre ténor est l’invité des Solistes européens, Luxembourg lundi soir à la Philharmonie.


Juan Diego Flórez a débuté dans sa jeunesse avec ses chansons pop-rock et folkloriques. Avant de goûter à l’opéra. Un art qui ne le lâchera plus. Aujourd'hui, à 48 ans, le ténor lyrique et dramatique est acclamé dans les plus grandes maisons d’opéras et de concerts du monde. Lundi soir, le chanteur péruvien et autrichien sera l’invité des Solistes européens Luxembourg à la Philharmonie. Rencontre. 

Au Luxembourg, vous allez vous retrouver en récital aux côtés d’un orchestre de chambre sur une scène de concert et non pas sur une scène d’opéra. Cela change quoi pour vous? 

Ce n’est pas une grande nouveauté pour moi puisque aujourd’hui je chante plus de récitals que d’opéras. Un concert permet de chanter des airs de nombreux opéras différents. Ainsi, vous changez de domaines, de rôles, de personnages et de psychologies environ toutes les six minutes. Il s’agit là d’un exercice intéressant. 

Avec les SEL lundi soir, vous allez interpréter des airs de Bizet, Donizetti, Gounod, Lehár, Mascagni, Massenet, Puccini, Rossini, Verdi. Quel point commun voyez-vous entre tous ces compositeurs? 

Justement, il n’y en a pas puisque chaque chant est différent. De plus pour un même compositeur, vous pouvez avoir des ambiances totalement opposées. Ce qui m’intéresse ce sont ces changements de puissances et de styles réunis le temps d’une soirée. 

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Nous travaillons avec notre corps. Et comme chaque corps est différent, chacun doit trouver sa propre voie.

Juan Diego Flórez

Comment se passe la collaboration avec un orchestre que vous ne connaissez pas. Vous reste-t-il assez de temps pour se rencontrer? 

En fait, chaque concert est une nouvelle rencontre. Je découvre le chef et ses musiciens. On se prépare avant, ensuite sur place on travaille chaque morceau, on répète une fois encore le jour même du concert. Ensuite, on se retrouve sur scène le soir. 

A tous les jeunes qui voudraient se lancer, le ténor prévient et conseille: «Il faut beaucoup de patience, car les résultats et les progrès sont très lents à venir.»
A tous les jeunes qui voudraient se lancer, le ténor prévient et conseille: «Il faut beaucoup de patience, car les résultats et les progrès sont très lents à venir.»
Photo: Getty Images

Qu’est-ce qui vous attire tant dans l’art lyrique, un genre auquel vous n’étiez pas prédestiné au départ? 

Quand j’étais jeune je ne connaissais pas l’opéra, je faisais de la musique pop et folklorique. J’écrivais mes propres chansons. J’ai découvert la musique classique et l ’art lyrique vers 16 ou 17 ans. Je suis entré au conservatoire, j’ai fait des études musicales, chanté dans des choeurs... L’opéra m’a ensuite conquis et j’ai décidé d’y consacrer ma vie, tout naturellement. Je suis allé étudier à Philadelphie et j’ai débuté ensuite ma carrière en Italie. 

En découvrant votre biographie, on constate que votre vie est souvent faite de rencontres… Le hasard fait-il bien les choses? 

C’est vrai. Au lycée, un professeur qui aimait l’opéra m’a donné quelques leçons de chant. J’y ai finalement pris goût. 

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Comment vivez-vous le riche héritage de vos aînés, de tous ceux que vous avez rencontrés? 

Les chefs d’orchestre, les professeurs, les mentors qui m’ont guidé ont tous eu une forte influence sur moi. C’est une évidence. Pavarotti, que j’ai rencontré, m’a beaucoup aidé et soutenu. Il a joué un grand rôle dans la suite de ma carrière. Il est primordial d’écouter les chanteurs des générations précédentes pour apprendre le style, la technique pour par la suite se forger son propre caractère.

Que représente pour vous aujourd’hui l’opéra? 

Pour le public, aller à l’opéra est souvent un exercice peut-être difficile pour certains, mais tellement enrichissant. S’asseoir pendant trois heures dans un théâtre, profiter sans aucune autre forme de distraction, est une chose qu’il faut apprendre avec le temps. Les jeunes qui vont à l’opéra, aiment cet art parce qu’ils y sont venus très tôt. 

Pourquoi êtes-vous devenu chanteur et non pas pianiste ou violoniste, par exemple? 

D’abord parce que mon père était lui aussi chanteur. Le chant était toujours présent à la maison, cela faisait partie de notre vie. Et c’est devenu la chose la plus naturelle pour moi. La musique classique n’avait pas de place chez nous, donc je n’ai pas étudié le violon ou le piano. Pour apprendre un instrument, il faut débuter vers cinq ou six ans. Moi, j’ai fait un autre choix. 

Votre voix est votre instrument de travail. Comment l’entretenez-vous

En surveillant mon sommeil et mon alimentation. 

A l’image du concert au Luxembourg, votre répertoire est vaste. Pouvez-vous refuser des rôles? 

Oui bien sûr, cela peut arriver. En choisissant son répertoire, lorsqu’une pièce, ou un air ne convient pas, il faut pouvoir refuser. Pour préserver la voix, qui reste un instrument très délicat. Il est toujours génial d’essayer de nouvelles musiques et de décider après si je peux ou veux les chanter ou pas. 

Vous apparaissez aussi lors d’événements sportifs, hors de salles de concerts ou d’opéras. Pourquoi? Vous voulez décloisonner l’art du chant? 

J’ai en effet chanté à l’inauguration des Jeux panaméricains, en quelque sorte les Jeux olympiques pour l’Amérique. J’aime tout particulièrement les grands événements en plein air, qui permettent de toucher un public vraiment beaucoup plus large. Vous lui faites découvrir le chant. Si un spectateur chante un de vos airs, vous le motivez peut-être un jour à aller au théâtre ou à l’opéra. Donc, oui de tels concerts sont importants à mes yeux.


L'artiste a découvert l'art lyrique à l'adolescence.
L'artiste a découvert l'art lyrique à l'adolescence.
Photo: Sony Music

Un jeune adolescent vient vous voir et vous dit qu’il veut à tout prix suivre la même voie que vous : que lui répondez-vous? 

Je lui dirais tout d’abord d’avoir beaucoup, beaucoup de patience, de ne pas courir. Car, les progrès et les résultats sont vraiment très lents à venir. Ensuite, je lui expliquerais que le chant est une affaire très personnelle. Nous travaillons essentiellement avec notre corps. Et chaque corps est différent. Chacun doit donc trouver sa propre technique, celle qui convient à son corps. 

Sur votre site, l’on retrouve votre planning de concerts. Contrairement à celui d’autres collègues, votre agenda n’est pas surchargé pour les mois à venir. Est-ce un choix délibéré ? 

C’est peut-être parce vous ne voyez pas les répétitions, en fait. Je donne pas mal de concerts, c’est vrai, mais je veux garder du temps libre pour ma famille. C’est important! 

Récital de Juan Diego Flórez avec les Solistes européens, Luxembourg (direction: Christoph König) le lundi 22 novembre à 20 heures à la Philharmonie. Tarifs: 80, 75, 60 euros (< 27 ans: 32, 30, 24 euro. Billets au tél: 47 08 95 1 et sur ww.luxembourg-ticket.lu. Infos sur: www.sel.lu

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