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Jeux de pouvoir à la «Villa Caprice»
Kultur 1 3 Min. 05.06.2021

Jeux de pouvoir à la «Villa Caprice»

La rencontre entre l’avocat (Niels Arestrup) et l’homme d’affaires (Patrick Bruel) sera fatale pour tous les deux.

Jeux de pouvoir à la «Villa Caprice»

La rencontre entre l’avocat (Niels Arestrup) et l’homme d’affaires (Patrick Bruel) sera fatale pour tous les deux.
Photo: Bac Films
Kultur 1 3 Min. 05.06.2021

Jeux de pouvoir à la «Villa Caprice»

Thierry HICK
Thierry HICK
Critique ciné: Un divertissement plaisant qui peine pourtant à quitter les sentiers balisés.

Gilles Fontaine est un entrepreneur puissant. Jusqu’au jour où un juge zélé vient s’immiscer dans ses affaires et s’intéresser de plus près à sa demeure de rêve sur les bords de la Méditerranée, judicieusement nommée «Villa Caprice». Dos au mur, pris par surprise, l’homme d’affaires cherche de l’aide auprès du célèbre avocat Luc Germon. La suite sera limpide comme de l’eau claire... si ce n’est quelques tragiques rebondissements de dernière minute. Comme pour mieux gâcher la fête, le réalisateur et coscénariste Bernard Stora, dans l’exploration caractérielle de ses personnages centraux s’amuse presque à en rajouter une couche finale...

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«Villa Caprice» se concentre en très grande partie sur un duo de deux personnes, qui un jour ou un autre devaient se rencontrer, se faire face. Avec un entrepreneur avide de luxe, flambeur dans l’âme, et un homme de loi, au faîte de sa gloire et redouté de tous, les jeux sont faits. Les péripéties, les états d’âme et les coups de griffes des uns et des autres sont prévisibles.

Luc Germon et Gilles Fontaine au début s’observent et surtout délimitent chacun leur territoire respectif. L’avocat vaniteux campe sur ses principes, tente de fixer les règles du jeu et de prendre ses distances avec l’étreinte de plus en plus forte de son client, impassible, intraitable, qui se croit au-dessus des lois.

Boîte à clichés

Pour cette opposition le réalisateur puise avec allégresse dans sa boîte à clichés, vus et revus. Une villa de luxe en bord de mer, un voilier à portée de main pour le premier, un appartement luxueux à Paris pour le second, le décor est planté. Le cadre est convenu et de circonstance. Peu de surprises à attendre de ce côté-là. D’autant plus que les seconds couteaux jouent à merveille leur rôle.

Une fenêtre de délivrance s’ouvrira avec des bribes de dialogues bien tranchés qui tentent tant bien que mal de rythmer un contenu, une narration qui risque à tout moment de s’enliser.

Au-delà de cette bouée de sauvetage passagère, «Villa Caprice» gagne en points grâce à son casting. Niel Arestrup, l’avocat, et Patrick Bruel, le businessman, ont des costumes trois pièces taillés sur mesure. Les deux acteurs, chacun dans son registre, apportent un peu de relief à des personnages, qui au fil de leur aventure ou mésaventure commune, se livrent à des jeux de pouvoir sans issue. Entre corruption, chantage, arrangement entre amis, dénonciation et malversation, tous les coups sont désormais permis et ne manquent pas à l’appel. Là encore, «Villa Caprice» préfère rester sur des sentiers balisés pour ne pas prendre de risques inutiles.

La déchéance progressive des deux personnages principaux sert de leitmotiv à Bernard Stora, qui, tout en voulant humaniser ses rôles pour casser les préjugés inhérents à leurs positions respectives, n’hésite pas à s’écarter de son espace purement narratif pour aller expérimenter d’autres pistes. Au final, les chemins de traverse n’enrichissent guère les propos.

Un  thriller à la française

Porté par le jeu d’acteurs, «Villa Caprice» est un thriller plaisant, à la française – sans grosse machinerie et autres effets spéciaux – avec quelques tentatives d’aller plus loin que la seule confrontation de deux têtes bien trempées, qui peu à peu finiront par douter, sans pour autant se remettre en question.

Le dernier épisode du film peut surprendre. Avec son coup de semonce final, Bernard Stora veut-il prendre ses distances avec ce qui vient d’être dit plutôt? Peut-être faut-il éviter de chercher à tout prix une lecture au second degré d’un scénario, sans prétention et qui a pour seul but de divertir.

Vivement les semaines à venir, qu'après une longue période de disette pandémique l’affiche puisse à nouveau s’étoffer.

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