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Jérôme Konen, le futur directeur du Kinneksbond Mamer: Des idées plein la tête et les pieds sur terre
Kultur 7 Min. 05.04.2015

Jérôme Konen, le futur directeur du Kinneksbond Mamer: Des idées plein la tête et les pieds sur terre

Jérôme Konen, nouveau directeur du Kinneksbond à Mamer.

Jérôme Konen, le futur directeur du Kinneksbond Mamer: Des idées plein la tête et les pieds sur terre

Jérôme Konen, nouveau directeur du Kinneksbond à Mamer.
Photo: Pierre Matge
Kultur 7 Min. 05.04.2015

Jérôme Konen, le futur directeur du Kinneksbond Mamer: Des idées plein la tête et les pieds sur terre

C'est Jérôme Konen qui a été choisi par le conseil d'administration du Kinneksbond de Mamer pour succéder à Sylvie Martin à la tête de l'institution culturelle. Nous l'avons rencontré pour en savoir plus sur ses ambitions et ses projets.

Interview: Marie-Laure Rolland 

C'est Jérôme Konen qui a été choisi par le conseil d'administration du Kinneksbond de Mamer pour succéder à Sylvie Martin à la tête de l'institution culturelle dont elle avait été «remerciée» en septembre 2014.

Il aura fallu cinq mois et deux appels à candidature pour que le poste soit finalement pourvu. Avec Jérôme Konen – qui prendra officiellement ses fonctions le 15 mai – c'est un tout jeune homme qui va diriger une maison elle-même encore émergente puisqu'elle a été inaugurée en octobre 2010. Nous l'avons rencontré pour en savoir plus sur ses ambitions et ses projets pour le Kinneksbond.

Jérôme Konen, qu'est-ce qui vous a donné envie de postuler à la direction du Kinneksbond, trois ans seulement après avoir achevé vos études?

J'ai commencé à travailler il y a cinq ans aux côtés d'Anne Simon au TNL. Parallèlement j'ai rencontré Steve Karier avec lequel j'ai travaillé sur le festival Monodrama. J'ai également collaboré avec le Mudam et le Trois-CL et me suis lancé dans la mise en scène. Cela m'a permis de développer mon travail d'artiste mais aussi mes compétences de gestionnaire et de programmateur. Pour moi, cette candidature était une manière de rassembler toutes ces compétences qui étaient un peu éparpillées. Le Kinneksbond étant une institution culturelle encore très jeune, il me semble qu'elle a un grand potentiel de développement.

Cela ne laissera probablement pas de temps pour la création personnelle. N'est-ce pas frustrant?

Mon projet personnel sera le Kinneksbond. Et je ne pense pas que cela me coupera de la scène culturelle, au contraire.

En déposant votre candidature à la direction du Kinneksbond vous avez dû défendre un projet. Est-il déjà très clair?

J'ai une certaine vision mais elle devra se confronter à la réalité. Je ne commencerai que le 15 mai et c'est à ce moment là que je pourrai mieux comprendre le terrain, apprendre à connaître mes supérieurs – le conseil d'administration et le bureau exécutif – mais aussi le public. Cela m'amènera à ajuster mes projets. Cela étant, le Kinneksbond a déjà réussi à se créer une certaine identité au cours des quatre dernières années, notamment autour de la musique. Je compte bâtir sur les acquis et développer une «niche», en m'appuyant sur mon expérience.

Beaucoup de centres culturels ont tenté de développer une «niche». Or tous n'y sont pas parvenus et la concurrence reste vive entre les différents centres culturels régionaux...

Par «niche» j'entends le fait de développer une identité particulière au Kinneksbond. Il faudrait que les gens, lorsqu'ils pensent à ce centre culturel, sachent quel type de programmation ils vont y trouver. C'est par exemple ce que Steve Karier a très bien fait avec le Festival Monodrama. Celui-ci ne se limite pas au théâtre mais englobe toutes les formes d'expression qui permettent à l'artiste de se raconter.

Avez-vous déjà une idée de la direction que cela pourrait prendre?

Il est trop tôt pour le dire. Au demeurant, la programmation du Kinneksbond est bouclée jusque septembre 2016. Cela me laisse plus d'une année pour prendre mes marques. Je ne cache pas que je regarde de près ce qui se fait en Belgique, notamment par les jeunes artistes au Théâtre national de Bruxelles.

Pourquoi?

La jeune création belge a quelque chose de très particulier, elle a beaucoup d'inventivité et une grande liberté. Par ailleurs, c'est une production qui est à la fois de qualité mais très accessible au grand public. Elle sait mêler l'esthétique et l'émotionnel, elle est intelligente sans tomber dans l'intellectuel. Pour moi, l'art contemporain dans toutes ses formes ce n'est pas comprendre, c'est avant tout ressentir. Pourquoi ne pas offrir une plate-forme et une visibilité à ces jeunes qui pourront toucher le public, le sensibiliser aux questions qui se posent dans le monde dans lequel nous vivons?

Jérôme Konen prendra officiellement ses fonctions le 15 mai.
Jérôme Konen prendra officiellement ses fonctions le 15 mai.
Photo: Pierre Matge

Dans quelle mesure souhaitez-vous soutenir la production nationale?

Le Kinneksbond restera en majeure partie une maison d'accueil de productions, compte-tenu de nos moyens financiers et du fait qu'il y a déjà quantité de créations au Luxembourg. Cela étant, nous produisons déjà beaucoup de musique avec les concerts de l'Orchestre de Chambre du Luxembourg qui est en résidence chez nous. Et puis, je souhaiterais que le Kinneksbond devienne un lieu de rencontres pour les artistes, où ils puissent expérimenter des choses en dehors du cadre assez contraignant d'une production ou de la recherche.

Le chorégraphe Gianfranco Celestino vient de lancer une initiative en ce sens et je dois dire que cela me plaît beaucoup. Il manque au Luxembourg un lieu où les artistes peuvent souffler et juste se laisser porter par leurs impulsions créatrices. Un lieu aussi où le public peut échanger avec les artistes de manière informelle. Cela en se sentant réellement accueilli de manière à ce que les barrières tombent plus facilement. J'y attache beaucoup d'importance.

N'est-ce pas l'esprit du «3 du Trois» au Centre chorégraphique?

Je connais bien ce rendez-vous auquel je collabore encore; on est là dans une logique de «work in progress». Je vois pour ma part quelque chose de beaucoup plus radical, instantané, dans l'expérimentation et la liberté. Un peu dans l'esprit de ce qui se fait à Berlin ou à Brooklyn.

Le cadre du Kinneksbond se prêterait-il bien à ce type de démarche?

C'est vrai que de prime abord on peut penser que cela ne s'y prête pas. Il y a une certaine rigidité dans l'architecture et le cadre général. En même temps, la salle est modulable, il y a des salles de répétition et un espace d'exposition au sous-sol. Je suis persuadé qu'il y a des solutions à trouver.

Quel devrait être le rayonnement géographique du Kinneksbond?

Le centre a une vocation régionale, c'est-à-dire qu'il vise en premier lieu la commune et l'Ouest du pays. Le rayonnement national et international est également souhaité. Cela passe par la programmation de niche que j'évoquais plus haut.

Jusqu'à présent, le Kinneksbond n'a pas été admis comme membre du Réseau des centres culturels régionaux. Pensez-vous utile d'y adhérer?

Je pense qu'une collaboration est indispensable entre les Centres régionaux afin que nous ne nous marchions pas sur les pieds, vu la taille du pays. Cela étant, je ne connais pas les raisons qui expliquent que le Kinneksbond ne soit pas membre du Réseau. L'un de mes premiers objectifs sera de rencontrer les responsables des différentes institutions pour sonder le terrain et analyser où développer nos spécificités, mais aussi participer à des projets nationaux, au-delà des simples coproductions.

Le conseil d'administration du Kinneksbond semble très présent dans la gestion du centre culturel, ce qui n'a pas été sans poser de problèmes à l'ancienne directrice. Quelle est votre position sur ce point?

Je crois qu'il y a une confiance au démarrage, sinon je n'aurais pas eu ce poste. On m'a transmis une certaine grille de programmation par genre – théâtre, opéra, concert, etc. Je vois cela plutôt comme un soutien et non un diktat. Dans ce cadre, je serai libre de programmer les artistes qui me paraissent pertinents par rapport à la vision que je veux développer dans les années à venir. Il est plutôt agréable de ne pas avoir été jeté immédiatement dans l'eau froide.

Finalement, quelles sont vos forces et vos faiblesses pour assumer vos futures fonctions?

Parmi mes points fort je pense être quelqu'un de très clair et droit, tout en étant chaleureux. J'aime les arts, les artistes et le public. Il me semble que ce sont des éléments importants pour infuser une âme à un lieu. Mon point faible est que je suis très impatient. Il va falloir que j'apprenne à prendre les décisions au bon moment, étape après étape.


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