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Jazz: Complicité linéaire
Kultur 5 Min. 29.11.2014

Jazz: Complicité linéaire

Jeff Herr se présentera en trio.

Jazz: Complicité linéaire

Jeff Herr se présentera en trio.
(Photo: Marlène Soares)
Kultur 5 Min. 29.11.2014

Jazz: Complicité linéaire

The Jeff Herr Corporation présente dimanche son nouvel opus «Layer Cake» à Neimënster.

PAR THIERRY HICK

Comme bon nombre de musiciens de jazz, Jeff Herr aime varier les plaisirs et les «corporations» musicales qu'il crée au gré de ses envies et de ses rencontres. C'est accompagné de ses fidèles compagnons de route, le saxophoniste Maxime Bender et le bassiste Laurent Payfert – que le batteur présentera dimanche à Neimënster son nouvel album «Layer Cake».

Le batteur Jeff Herr fait partie de cette génération confirmée de jeunes jazzmen qui inlassablement écument les scènes tant chez nous qu'ailleurs. Moscou ou Paris hier, Luxembourg ou Tétange demain: «Il faut bouger, sortir des habitudes, voir autre chose pour s'ouvrir l'esprit. Les voyages, les concerts sont pour moi autant de sources d'inspirations, je dois pouvoir me laisser m'imprégner d'expériences différentes et intéressantes. C'est le seul moyen d'avancer, de progresser», explique le musicien qui, il y a quelque temps, s'est lancé dans un nouveau projet musical: The Jeff Herr Corporation, un trio regroupant batterie, saxophone et contrebasse. Un combo marqué par l'absence d'instrument dit harmonique, tel piano ou guitare.

La formation de ce trio est plus le fruit du hasard que le signe d'un choix instrumental délibéré, fait savoir le musicien. Alors que son précédant quartet, déjà appelé The Jeff Herr Corporation, se composait d'amis musiciens rencontrés lors de ses études musicales au Pays-Bas, le nouveau groupe fait appel à des amis de longue date. «Après les études, chacun part dans une direction particulière. On devient adulte et il faut penser à la suite de son travail».

Alors que le saxophoniste et le contrebassiste partageaient régulièrement les mêmes scènes, Jeff Herr a eu l'occasion de coiffer le rôle de «side-man» pour Laurent Payfert, «peu à peu s'est développée une vraie complicité entre nous», confie le batteur, «nous nous sommes dit que notre nouveau projet pouvait tenir la route».

Le trio a changé la donne

Passant d'un quatuor – «à l'énergie puissante et électrique» – à un trio «purement acoustique et à l'ambiance si particulière», le trio a dû adapter ses propos à la nouvelle donne. Jeff Herr, qui a composé six titres sur les douze du nouvel album, précise: «Les compositions sont écrites de manière linéaire. Les lignes mélodiques se superposent et doivent créer leurs propres harmonies et leurs couleurs tant mélodiques qu'harmoniques. Il s'agit de trouver le bon équilibre pour éviter une saturation d'éléments».

A ces compositions écrites viennent se greffer une série d'interludes plus ou moins improvisés. Ceci vaut tant pour l'enregistrement en studio que les concerts en live. «Lorsque nous avons enregistré l'album, il m'arrivait de demander aux musiciens d'improviser autour d'un thème donné». Ces idées nées sur le vif ont finalement été reprises sur l'album et se retrouveront à l'ordre du jour du concert de dimanche matin à Neimënster. «Un 'live' doit pour moi rester un moment d'exploration d'espaces libres. Pour chaque concert, nous nous adoptons à notre public. Un festival n'est en rien comparable avec une soirée dans un club. L'énergie diffère, donc également notre jeu.»

Le saxophone est le seul instrument purement mélodique du groupe. «Même si c'est donc à Maxime qu'incombe la plus grande part d'improvisation, il n'y a pas d'instrument dominateur», insiste le batteur. Le nom du groupe The Jeff Herr Corporation est révélateur de l'esprit qui règne parmi les trois musiciens. «Ce sont souvent les labels de disques qui imposent de mettre en évidence le nom d'un musicien. Nous sommes un collectif et non trois musiciens qui évoluent sur une même scène».

La batterie tout naturellement

«Je ne me suis jamais posé la question pourquoi j'ai choisi la percussion»: né d'un grand-père et d'un père, musiciens et batteurs, c'est le plus naturellement du monde que Jeff Herr a suivi une formation musicale au Luxembourg et à Maastricht par la suite.

Aujourd'hui, alors que sa carrière est bien lancée, le musicien de 34 ans ne manque pas d'idées et de projets. Alors qu'il est en train de promouvoir dans différents pays son «Layer Cake» – publié sur le prestigieux label jazz de Bruxelles – Jeff Herr pense et travaille déjà sur un nouvel album. «Je veux enchaîner les albums le plus rapidement possible et inscrire mon travail dans la continuité».

Entre les cours donnés à l'école de musique de Pétange – «une sécurité financière est appréciable pour pouvoir travailler en tant que musicien» –, les concerts et autres tournées, l'artiste va poursuivre ses diverses collaborations tout en faisant des choix.

«Quand on est jeune, il faut tout prendre, après il faut apprendre à dire non». Le père de famille veut aussi se garder des plages horaires de temps libre réservées à sa petite fille de cinq ans.

Concert apéro-jazz le dimanche 30 novembre à 11.30 heures. Entrée libre.


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