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«Hamlet» ou les incertitudes de la jeunesse
Kultur 5 Min. 22.03.2021

«Hamlet» ou les incertitudes de la jeunesse

Une réunion de famille, heureuse au premier regard, mais qui peu à peu dévoile son vrai visage.

«Hamlet» ou les incertitudes de la jeunesse

Une réunion de famille, heureuse au premier regard, mais qui peu à peu dévoile son vrai visage.
Photo: Guy Jallay
Kultur 5 Min. 22.03.2021

«Hamlet» ou les incertitudes de la jeunesse

Thierry HICK
Thierry HICK
Myriam Muller s’attaque avec la mise en scène de la pièce de Shakespeare à un monument de la littérature mondiale.

«La pièce est aujourd’hui encore mal ou peu connue. Souvent les metteurs en scène l’abordent en s’attardant avec sarcasme sur les nombreux clichés qu’elle contient.» Myriam Muller met en scène «Hamlet» de Shakespeare au Théâtre des Capucins. Avec détermination, courage et humilité. 

«Cette œuvre est un monument, une icône de la littérature mondiale. Ne pas vouloir tout changer à tout prix, mon but est de simplement raconter la pièce. Ni plus, ni moins.» La metteure en scène affiche donc d’emblée ses ambitions.

Pourquoi «Hamlet»?   

«L’idée me trotte en tête depuis longtemps», confie Myriam Muller. «C’est sans doute la plus grande pièce que j’ai jamais mise en scène. J’aimerais la refaire dans dix ans, peut-être avec la même équipe pour voir comment mon regard sur l’œuvre aura peut-être évolué. Le sujet avec ses questions universelles sur l’existence humaine est inépuisable. De toute façon, il est impossible d’être à cent pour cent fidèle ou équitable avec l’original.» 

Un constat qui permet à la metteure en scène d’adapter, de relire le texte de Shakespeare. Mais aussi de le raccourcir, de réduire le nombre de personnages et de le traduire en français (Yves Bonnefoy). Myriam Muller a ensuite adapté le nouveau matériel. «Certains passages ou répliques ont été transférés à d’autres personnages. Au contenu rien n’a été enlevé.» 

Myriam Muller affectionne tout particulièrement la mise en scène.
Myriam Muller affectionne tout particulièrement la mise en scène.
Photo: Guy Jallay

Un prisme contemporain

 Passant de 5 heures à 2 heures de représentation, de 25 à 7 personnages, pour Myriam Muller, «Hamlet» créé en 1609 «peut être vu à travers un prisme contemporain. Le théâtre est un spectacle vivant, qui se déroule maintenant, dans l’instant présent. Il y est toujours question d’interprétation. C’est donc aussi un art générationnel qui suit des modes, des tendances. Je suis convaincue que grâce à la connexion au monde d’aujourd’hui on reste fidèle à l’esprit original de l’auteur».

Il y a pile un an, Myriam Muller mettait en scène «Ivanov» d’Anton Tchekhov. «Cette pièce parle aussi de l’existence. Avec Shakespeare vient s’ajouter une puissance des mots nouvelle.» Face à l’universalité de la thématique abordée par l’auteur anglais, la metteure en scène a donc fait le choix d’un éclairage contemporain, qui met avant tout la jeunesse en évidence.

Le sujet avec ses questions universelles sur l’existence humaine est inépuisable.

Myriam Muller, metteure en scène

La célèbre réplique «To Be Or Not To Be» devient en quelque sorte l’étendard de toute une génération. Myriam Muller s’explique: «Autour de la notion du suicide, c’est le malaise de toute une génération que je veux mettre en lumière. La vie vaut-elle encore la peine d’être vécue? Que veut dire aujourd’hui être un être humain? Les jeunes se posent beaucoup de questions, auxquelles seuls les adultes avec leur vécu, leur expérience peuvent répondre. Les jeunes en sont bien incapables. A 20 ans, ils se cherchent encore et souvent refusent le monde auquel les adultes s’agrippent, de peur de perdre leurs privilèges. C’est l’effet Greta Thunberg, la quête d’identification d’une génération.»

A 29 ans, l’acteur belge Simon Espalieu est bien conscient de sa chance.
A 29 ans, l’acteur belge Simon Espalieu est bien conscient de sa chance.
Photo: Guy Jallay

Un jeune Hamlet

Le rôle-titre de «Hamlet» du fait de sa complexité est toujours confié à un acteur confirmé, jouer cette pièce étant considéré comme une consécration. Myriam Muller bouscule la règle et confie les rênes à Simon Espalieu. «Historiquement le personnage d’Hamlet est un jeune», note Myriam Muller. 

 A 29 ans, l’acteur belge est bien conscient de sa chance. Craint-il d’endosser ce rôle? «On y va pas à pas. J’aime me laisser surprendre. Bien sûr ce rôle est d’habitude confié à des acteurs chevronnés. C’est pourquoi j’apprécie le choix de confier ce rôle à un jeune. Myriam Muller est très bienveillante et accompagne très bien ses acteurs». 

Je me reconnais bien dans ce personnage, moi aussi je cherche des réponses.

Simon Espalieu jouant Hamlet

«Hamlet, en quête de maturité, se pose des questions. Je me reconnais bien dans ce personnage, moi aussi je cherche des réponses. Mieux vaut se poser des questions que vouloir à tout prix trouver des réponses. C’est dangereux. Il faut aussi essayer de comprendre, d’accepter ses défauts pour devenir meilleur. Nous nous posons tous ces questions», insiste Simon Espalieu, qui fait ses premiers pas au Luxembourg. 


La célèbre réplique «To Be Or Not To Be» devient en quelque sorte l’étendard de toute une génération.
La célèbre réplique «To Be Or Not To Be» devient en quelque sorte l’étendard de toute une génération.
Photo: Guy Jallay

Du Centaure aux Capucins

Au départ, «Hamlet» devait être joué au Théâtre du Centaure, producteur du spectacle. Pour cause de crise sanitaire, c’est finalement au Théâtre des Capucins qu’auront lieu les représentations. Le face-à-face entre les deux générations de protagonistes – les jeunes Hamlet, Horatio et Ophélie, d’une part, et Claudius et les aînés d’autre part –, devait prendre des allures de drame familial: le cadre intimiste du Centaure tombait à pic. 

«Nous avons dû adapter la mise en scène, revoir la façon de porter le texte», explique Myriam Muller, qui, une fois encore, n’entend pas limiter son travail de mise en scène à l’unique retranscription d’un texte. «J’essaie toujours d’y apporter ma graine d’auteure en plus. Mais aussi d’écouter les acteurs, leur donner la possibilité d’apporter leurs vues. Au final, il s’agit bien d’un travail collectif.» 

Depuis quelques saisons, celle qui est aussi directrice artistique du Centaure, affectionne tout particulièrement la mise en scène. «Je connais le métier, je sais ce que je peux demander aux acteurs, ce qui est faisable. Je crois avoir trouvé ma place dans ce domaine.» 

Ne reste plus qu’à découvrir le «To Be Or Not To Be» de Simon Espalieu. Myriam Muller n’en dévoile pas encore la couleur... 

 En raison de la jauge limitée de spectateurs, les représentations les 25, 26, 27, 29, 30 mars et 1er avril au Théâtre des Capucins de Luxembourg affichent désormais complet. Des places peuvent se libérer au dernier moment. Informations au téléphone 47 08 95 1, www.luxembourg-ticket. lu «Hamlet» sera ensuite repris au Kinneksbond de Mamer (www.kinneksbond.lu) et au Kulturhaus de Niederanven (www.kulturhaus.lu).

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