Wählen Sie Ihre Nachrichten​

Film critique «Loveless»: Lorsque l'amour a déserté les cœurs
Kultur 1 3 Min. 23.09.2017 Aus unserem online-Archiv

Film critique «Loveless»: Lorsque l'amour a déserté les cœurs

Un couple divorce et personne ne veut de l'enfant. Celui-ci choisit la fuite.

Film critique «Loveless»: Lorsque l'amour a déserté les cœurs

Un couple divorce et personne ne veut de l'enfant. Celui-ci choisit la fuite.
Foto: Pyramide Production
Kultur 1 3 Min. 23.09.2017 Aus unserem online-Archiv

Film critique «Loveless»: Lorsque l'amour a déserté les cœurs

Le divorce et son lot de souffrances. Les parents qui se déchirent pour obtenir la garde de leurs enfants. Voilà le scénario aussi tragique que classique. Le réalisateur russe Andrey Zvyagintsev inverse la perspective dans son dernier film couronné par le prix du jury au Festival de Cannes.

Par Marie-Laure Rolland

Dans «Loveless», Zenya et Boris sont sur le point de divorcer après plusieurs années de mariage. Une question n'est pas réglée: la garde de leur fils Alyosha, âgé de 12 ans. Aucun des deux n'en veut. Leur objectif: s'enfuir au plus vite de cet enfer conjugal pour refaire leur vie avec un nouveau partenaire. Dans l'histoire, Alyosha est passé par pertes et profits.

Une séquence magistrale met en scène la violence de cette indifférence: on voit Zenya (Marina Spivak) assise sur la cuvette des toilettes. Elle soulage sa vessie tout en évacuant sa rage et sa frustration à grand renfort de cris. Les invectives volent entre elle et son mari (Alexey Rozin) à travers la porte de la salle de bains qui est restée ouverte. Elle ne veut pas d'Alyosha; lui non plus. Ses besoins finis, elle se lève et sort de la salle de bains en claquant la porte. On découvre l'enfant recroquevillé sur lui-même dans un renfoncement du couloir, anéanti par ce qu'il vient d'entendre. Il s'enfuit. Il ne reviendra plus.

Commence alors la quête des parents, soudain confrontés à leur monstruosité, pour retrouver leur gamin. La police reste impuissante. C'est un collectif de volontaires qui va organiser la recherche – dans des séquences de type documentaire un peu longues.

Un égoïsme aveugle

Il y a un côté moralisateur dans ce film qui pointe du doigt l'égoïsme de ces adultes aveuglés par leur quête absolue de bonheur. Zenya et Boris sont intelligents, éduqués, pourtant ils sont incapables de voir la souffrance qui résulte de leur sauve-qui-peut conjugal. La mère est glaçante. On la voit pianoter son téléphone tandis que son fils n'arrive pas à avaler son petit déjeuner.

Elle lui parle rudement, sans la moindre empathie. «Je n'ai jamais aimé personne. Sauf ma mère quand j'étais petite mais elle m'a rejetée», confie-t-elle à son nouvel amant. Le père est moins agressif mais non moins coupable dans sa passivité. Il faudra la scène oppressante d'une visite de la morgue – où le corps d'enfant pourrait être celui de son fils – pour qu'il réalise le drame et reconnaisse qu' «on ne peut pas vivre sans amour».

360 Videos werden hier nicht unterstützt. Wechseln Sie in die Youtube App, um das Video anzusehen.

Andrey Zvyagintsev voulait faire un film dans la veine du réalisateur de «Scènes de la vie conjugale», Ingmar Bergman. La première partie en est fortement imprégnée, soulignant avec une certaine crudité la violence des rapports conjugaux lorsque l'amour a déserté les cœurs. En revanche, la seconde partie ouvre sur la question de la responsabilité sociale dans de tels drames.

On quitte les intérieurs intimes pour l'extérieur: les bois qui entourent l'appartement, le poste de police, le bureau de Boris ou l'entreprise de Zenya. Notre société fabrique-t-elle des monstres dans l'indifférence générale? Ou la responsabilité incombe-t-elle à la manière dont les blessures se transmettent de génération en génération. En somme: Zenya et Boris ont-ils des circonstances atténuantes? La question est posée au spectateur également.

Dans son précédent film, le superbe «Léviathan» qui racontait le combat d'un homme pour sauver sa maison de l'avidité de promoteurs immobiliers, la nature était protectrice et nourricière. Ici, c'est comme si le mal était fait. On la sent cernée par la main de l'homme. Entre ces barres d'immeubles bétonnées datant de l'époque soviétique, l'humanité s'est abîmée.


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

Les prix de la pierre sont-ils trop élevés au Luxembourg? Pourquoi et comment investir dans l'immobilier résidentiel au Grand-Duché? Quel rendement espérer? Jean-Nicolas Montrieux, partner et chief operating officer d'INOWAI Residential, apporte quelques éléments de réponse.
L'immobilier est un des placements les moins risqués pour autant que l'on travaille sur du long terme.
Au TOL, «Skylight» de David Hare, efficacement mis en scène par Jérôme Varanfrain, offre à Véronique Fauconnet et Denis Jousselin, ses interprètes, l’occasion de confrontations de belle intensité.
Kyra et Tom pourront-ils recommencer quelque chose ensemble?
L'épouse du Badawi au Luxembourg
Condamné à la flagellation et à l'incarcération par les autorités saoudiennes, le blogueur Raïf Badawi est dans l'attente d'un sort incertain. Jeudi, son épouse était au Luxembourg pour lancer un appel à l'aide.
Ensaf Haidar montre un portrait de son mari Raïf Badawi, après avoir reçu le prix Sakharov décerné au blogueur saoudien.
«Oncle Vania» au Théâtre du Centaure
Myriam Muller et ses comédiens offrent à leurs spectateurs une rencontre d’extrême intensité avec les personnages de l’«Oncle Vania» de Tchekhov; ils les rendent si proches.
Critique ciné de la semaine
La Palme d'Or au festival de Cannes 2015 arrive sur nos écrans, avec pour toile de fond une actualité qui colle particulièrement à son 
sujet. "Dheepan" nous entraîne dans le quotidien d'une famille de réfugiés qui tente de s'intégrer.