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Exposition Uecht: Et de trois pour Esch
93 artistes participent à l'exposition.

Exposition Uecht: Et de trois pour Esch

Photo: Chris Karaba
93 artistes participent à l'exposition.
Kultur 4 Min. 05.05.2017

Exposition Uecht: Et de trois pour Esch

Thierry HICK
Thierry HICK
Ce vendredi (5 mai) aura lieu le vernissage de l'exposition Uecht. L'ancien garage Volkswagen du boulevard Prince Henri s'est transformé en centre d'art.

par Thierry Hick 

Ce vendredi (5 mai) aura lieu le vernissage de l'exposition Uecht. L'ancien garage Volkswagen du boulevard Prince Henri s'est transformé en centre d'art. Depuis de longues semaines, les artistes peaufinent leurs créations in situ. Quelques souvenirs, quelques panneaux publicitaires oubliés sur place rappellent l'histoire des lieux. D'ici peu arriveront les pelleteuses pour débuter la construction de nouvelles résidences d'habitation.

Aux commandes de ce troisième projet eschois, l'on retrouve le même quatuor des deux premières expositions Quartier 3 et Uecht: Théid Johanns, Jeff Keiser, Sergio Sardelli et Daisy Wagner.

Alors que les murs crus et dégarnis font du pied aux graffeurs, peintures, sculptures, photographies, vidéos, installations diverses ont envahi les lieux.

Une demande en hausse

Il y a un an au Zaepert ils étaient une quarantaine, aujourd'hui ils sont 93 artistes invités. Jeunes débutants ou élèves d'écoles d'art sont souvent demandeurs. L'augmentation de participants s'explique par la taille du lieu et par le besoin croissant de lieux de travail et d'exposition. «Nous avons reçu de très nombreuses demandes, même de l'étranger», explique Théid Johanns.

Des murs et des espaces partagés.
Des murs et des espaces partagés.
Photo: Chris Karaba

Comment ensuite faire le tri des demandes? «Les décisions se prennent toujours à quatre», note Jeff Keiser. Même s'il n'y a pas de critères fixes imposés, les candidats doivent mener une réflexion autour des lieux en vue de leur création. «Pour assurer une certaine harmonie de l'ensemble tout en garantissant la plus grande possible diversité», précise Daisy Wagner. «Nous recherchons aussi une certaine qualité, nous avons dans les deux premières expositions atteint un niveau, que nous devons garantir», lance Théid Johanns.

Des frontières à ne pas dépasser

Comment faire cohabiter tout ce monde? «Chaque artiste a des frontières qu'il ne faut pas dépasser. La liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres. Chez nous aussi», confirme Théid Johanns.

A chaque artiste son inspiration.
A chaque artiste son inspiration.
Photo: Chris Karaba

Y aura-t-il un quatrième projet eschois? «Pour le moment, rien n'est encore prévu», prévient Sergio Sardelli. «D'autres sites sont exploitables, Esch ne manque pas de potentiel», glisse Daisy Wagner, qui en plus de son rôle d'organisatrice est aussi urbaniste à l'administration commune de la Métropole du Fer.

Une poignée de fidèles

Ils sont plusieurs artistes à se retrouver pour la troisième fois réunis autour d'un projet d'exposition collective dans des lieux désaffectés à Esch/Alzette. Parmi eux, Reiny Rizzi et Marc Soisson, qui après Quartier 3 et Zaepert, retrouvent une poignée de fidèles dans l'ancien garage Volkswagen d'Esch/Alzette sur le site Uecht.

Reiny Rizzi et Marc Soisson se sont retrouvés à Esch/Alzette.
Reiny Rizzi et Marc Soisson se sont retrouvés à Esch/Alzette.
Photo: Chris Karaba

«La première fois au Quartier 3, je suis venue un peu par hasard et par curiosité. Une réelle amitié avec les organisateurs et les autres artistes s'est créée au fil du temps, je suis revenue au Zaepert et maintenant je suis ici», note Reiny Rizzi.

«C'est un nouveau défi, il faut prendre en compte l'histoire du lieu, ses formes et ses contraintes», note Marc Soisson. «On ne travaille pas de la même manière dans un ancien abattoir que dans un ancien garage automobile. De nouvelles associations d'idées se créent», note Reiny Rizzi qui s'est installée au premier étage du hall industriel. Son thème de prédilection: la violence et la maltraitance infligée aux enfants et aux femmes. «Des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur».

«Ici, il n'est plus question de se limiter à accrocher une simple toile sur un mur, il faut créer quelque chose en relation avec l'espace et le volume qui nous sont octroyés. Heureusement, la liberté est totale, il n'y a pas de limites. Ce qui implique aussi qu'il faut dès le départ avoir une idée précise du travail que l'on va faire», explique Reiny Rizzi.

Une fin programmée

Uecht, comme ses prédécesseurs ou autres initiatives du même gabarit à travers le pays, est un projet à durée déterminé. Une fois les artistes partis, les bâtiments seront rasés pour laisser la place à la construction d'immeubles d'habitations.

«Quand c'est fini, c'est fini! Je n'ai jamais de regrets» conclut, quelque peu fataliste, Reiny Rizzi. «Souvent, le public est plus choqué que nous lorsque tout doit disparaître. En tant qu'artiste, cela me dérange moins puisqu'on a déjà d'autres idées en tête. L'acte de création, une performance en soi, est le plus important», estime Marc Soisson.

Il n'est pas impossible qu'un nouveau «squat d'artistes» voie le jour dans les mois à venir à Esch. «Si nous sommes à nouveau invités on accepte. Il n'est cependant pas question pour nous de monopoliser les lieux. Il faut aussi laisser la place aux nouveaux, aux jeunes. Une telle initiative a besoin, si elle ne veut pas stagner ou régresser, de nouvelles têtes ou nouvelles impulsions. C'est important», expliquent en chœur Reiny Rizzi et Marc Soisson, qui constatent, eux aussi, que la demande d'artistes intéressés ne faiblit pas.


Exposition Uecht, ancien garage Volkswagen, croisement rue Victor Hugo et boulevard prince Henri, Esch/Alzette. Vernissage le vendredi 5 mai à 18 heures. Ouverture les week-ends (samedi et dimanche) du 6-7, 12-13 et 19-20 mai de 14 à 22 heures.

www.facebook.com/uecht


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