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Du rififi au Mudam
Le Mudam traverse une nouvelle crise.

Du rififi au Mudam

Foto: Lex Kleren
Le Mudam traverse une nouvelle crise.
Kultur 4 Min. 16.01.2019

Du rififi au Mudam

Thierry HICK
Thierry HICK
Une lettre anonyme dénonce les conditions de travail et les démissions en série au Musée d'art moderne.

L'ambiance de travail est morose au Musée d'art moderne de Luxembourg. «Nous ne pensons pas que l'équipe est défendue par la direction»: un courrier anonyme adressé hier à la nouvelle directrice Suzanne Cotter ne mâche pas ses mots. Ambiance et réactions...

«L'équipe est épuisée par une charge de travail qui est toujours en augmentation. (...) La direction et les RH doivent comprendre que l'équipe est à bout. (...) Cinq démissions en 2018, des départs en retraite avant l'âge et maintenant une nouvelle démission d'une des figures du Mudam. Est-ce que la direction se pose la question du pourquoi de tous ces départs?»

Des démissions en série

Une sixième démission, enregistrée cette année, concerne le Service des publics, département le plus touché par ces départs et aujourd'hui réduit à une seule personne. «En tant qu’employée sur le départ et mentionnée dans la lettre anonyme, je confirme ma démission. Cette décision a été motivée par l’incompatibilité des principes de la gestion actuelle du musée avec ceux qui m’ont guidée tout au long de ma carrière au Mudam», précise l'intéressée, avant de poursuivre en tant que déléguée du personnel: «Il est vrai qu’un nombre de personnes sont parties en 2018 pour des raisons professionnelles et que la délégation du personnel a enregistré une hausse des doléances de la part des employés. La direction du musée en est informée et consciente».


Cathérine Gaeng, le 11 Avril 2018. Photo: Chris Karaba
Wut im Bauch
Catherine Gaeng hat eine ganz persönliche Chronik der „Affäre Lunghi“ geschrieben.

La lettre anonyme de deux pages adressée hier à la direction, aux responsables des ressources humaines et à la délégation du personnel du Musée d'art moderne ne mâche pas ses mots. L'auteur, semble-t-il, ferait partie du personnel du musée et voudrait avec son geste attirer l'attention sur une situation que d'aucuns qualifient «d'insoutenable».  Ces propos sont de plus corroborés par un autre message également anonyme, mais plus bref, adressé au «Luxemburger Wort». Les missives pointent du doigt les conditions de travail au Mudam.

«Une ambiance détestable»

Le musée a accueilli en octobre 2018 son 1.000.000e visiteur. Ce succès auprès du public ne doit pas masquer la réalité, fustige l'auteur de la missive anonyme: «L'ambiance est détestable, tout le monde a peur pour son poste et beaucoup cherchent ailleurs». «Travailler au Mudam devient lourd. Notre travail doit se faire de plus en plus rapidement, mais avec le nombre d'employés en baisse, cela devient de plus en plus dur. Avec la nouvelle direction, on a dû s'adapter, c'est évident, on doit encore apprendre à se connaître. Ce qui n'empêche pas d'être régulièrement pointés du doigt. La situation est souvent compliquée à gérer», explique un employé de longue date du Mudam sous couvert d'anonymat.

«De plus, après la mise en place d'un nouveau barème de salaires, les écarts entre les anciens et les nouveaux employés sont importants.» «Avec autant de démissions sur son bureau la nouvelle direction aurait dû se poser des questions. Ce qu'elle n'a pas fait», regrette un autre employé qui a récemment démissionné après plus de dix ans passés au Mudam.

«Les relations humaines n'existent plus. La base perd des ressources qui ne sont pas renouvelées. Ceux qui ont travaillé au musée depuis des années et qui décident de partir ne sont pas remplacés. Le travail supplémentaire qui en découle retombe sur ceux qui restent. La direction pour sa part, réagit en créant de nouveaux postes à haut salaire.»

Une politique de recrutement dénoncée

Ainsi, la lettre adressée au Mudam, sans citer nommément la nouvelle directrice Suzanne Cotter, dénonce sa politique de recrutement mise en place. «Pourquoi engager un nouveau responsable de communication alors que (...) le service communication a été géré par un chef très apprécié de son équipe? (...) Pourquoi engager un nouveau responsable programmation alors qu'il y a déjà un curateur en chef et deux curateurs en place?» Des rumeurs sur l'éventuelle démission d'un curateur semblent à ce jour non fondées.

«Suzanne Cotter nous a présenté ses besoins quant à la restructuration du fonctionnement du musée. Son argumentaire pour la création des postes de responsables de communication et de programmation était cohérent et convaincant. Nous avons donné notre accord», se souvient un membre du conseil d'administration du Musée d'art moderne.

La directrice Suzanne Cotter se dit consciente de la situation difficile du musée.
La directrice Suzanne Cotter se dit consciente de la situation difficile du musée.
Photo: Lex Kleren

Le Mudam traverse actuellement une importante phase de transition et de changement... Nous sommes conscients que de telles situations ne sont pas toujours faciles, ni pour le personnel, ni pour la direction du Mudam qui prend très au sérieux les conditions de travail au sein de son institution. Suzanne Cotter

Suzanne Cotter réagit

La directrice Suzanne Cotter a réagi mercredi en fin d'après-midi aux critiques: «Le Mudam traverse actuellement une importante phase de transition et de changement... Nous sommes conscients que de telles situations ne sont pas toujours faciles, ni pour le personnel, ni pour la direction du Mudam qui prend très au sérieux les conditions de travail au sein de son institution.


Le Mudam au fil des saisons
Suzanne Cotter présente le catalogue d'expositions pour 2019.

Les équipes fournissent un travail considérable avec ces nouveaux objectifs à atteindre. Voilà pourquoi nos priorités sont de continuer à mettre l’accent sur les nouvelles embauches et d’assurer des efforts accrus en communication interne pour accompagner la période de changement actuelle.» Enrico Lunghi, l'ancien maître des lieux, ne veut «pas faire de commentaires sur ce gâchis supplémentaire».










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