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Du Kirchberg à Dubai
Kultur 2 6 Min. 11.12.2020 Aus unserem online-Archiv

Du Kirchberg à Dubai

Le chef Gast Waltzing et l’OPL se sont retrouvés cette semaine dans le grand auditorium de la Philharmonie, sans spectateurs, mais cette fois cernés de microphones et de caméras.

Du Kirchberg à Dubai

Le chef Gast Waltzing et l’OPL se sont retrouvés cette semaine dans le grand auditorium de la Philharmonie, sans spectateurs, mais cette fois cernés de microphones et de caméras.
Photo: Philharmonie Luxembourg / Alfonso Salgueiro
Kultur 2 6 Min. 11.12.2020 Aus unserem online-Archiv

Du Kirchberg à Dubai

Thierry HICK
Thierry HICK
L'OPL a enregistré cette semaine la bande sonore du pavillon luxembourgeois pour l'Exposition universelle 2022.

Avant de rejoindre cette semaine le chef d’orchestre Pierre Cao pour les répétitions du traditionnel Chrëschtconcert – en version digitale cette année – les musiciens de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg ont retrouvé une autre vieille connaissance pour quatre séances d’enregistrements d’une composition un peu particulière et qui dans près de deux années prendra la route pour Dubai. 


Le chef d’orchestre Gast Waltzing doit conduire ses musiciens au travers d’une partition écrite par le collectif berlinois Klingklangklong. Cette «œuvre» sera présentée à l’Exposition universelle de Dubai en 2022. Ce «Dubai Soundtrack» servira d’illustration sonore du pavillon grand-ducal. Il est l’œuvre des compositeurs Julien Herion et Maurice Messinger et de l’orchestrateur Max Knoth, qui l’a adaptée aux besoins de l’OPL. 

Souvent une composition est linéaire, nous avons opté pour une construction verticale pour créer des couches sonores.

Maurice Messinger, compositeur

 Gast Waltzing est un habitué des Expositions universelles. «J’y ai joué à toutes les ouvertures. Présenter la culture luxembourgeoise au monde est une bonne chose» affirme le musicien. Faire appel à un collectif de musiciens allemands pour cette occasion n’est pas sans l’étonner. Pour Dubai 2022, son rôle cette fois-ci se limite à la direction de l’OPL. «Je prends ce que l’on me donne, ici je ne suis qu’un prestataire de services».  Pour Haoxing Liang, Konzertmeister de l’OPL, «il faut être à Dubai, cela fait partie de notre mission d’ambassadeur.» 

L’orchestrateur Max Knoth (c.) entouré des deux compositeurs Maurice Messinger (g.) et Julien Herion (d.).
L’orchestrateur Max Knoth (c.) entouré des deux compositeurs Maurice Messinger (g.) et Julien Herion (d.).
Photo: Philharmonie Luxembourg / Alfonso Salgueiro

Jouer avec ou sans nez rouge? 

Avant de monter sur scène pour l’enregistrement, quelques musiciens de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg se retrouvent autour du distributeur de gel désinfectant installé à la réception de l’entrée des artistes de la Philharmonie. «Tu sais ce qu’on joue ce matin?», demande le premier. Son collègue lui répond du tac au tac: «Je n’en sais rien, j’ai rien compris». Un troisième lâche: «On joue avec ou sans nez rouge?». Hilarité générale. 

 Une situation qui n’a rien d’exceptionnel, souligne Gast Waltzing. Et confirmée par Haoxing Liang. «On a tous répété chez nous, mais il est difficile de se faire une impression générale de l’œuvre.» 

Photo: Philharmonie Luxembourg / Alfonso Salgueiro

  «Sound Music and Acoustic Narratives»  

Le collectif allemand de compositeurs annonce sur son site www.klingklangklong.com la couleur de son travail: «Creative Studio for Sound Music and Acoustic Narratives». Parmi ses nombreux projets, une relecture des «Quatre saisons» de Vivaldi avec Alan Gilbert à la tête du NDR Elbphilharmonie Orchester, mais aussi la sonorisation des installations des «Open Market Days» en février dernier à la Muarthall d’Esch/Alzette: des journées portes ouvertes dans le cadre d’Esch 2022, capitale européenne de la Culture. 

 Gast Waltzing a eu l’occasion d’étudier la partition en détail durant des semaines. «Il s’agit d’une musique sphérique qui opère par collages d’éléments musicaux, de surfaces et d’ambiances sonores. Il y a quelques passages assez compliqués à mettre en place». Tous ces éléments seront repris dans une vidéo projetée à l’intérieur du pavillon.

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Une construction verticale

 Au sujet de ce projet Dubai 2022, Maurice Messinger donne lui aussi quelques précisions sur le travail de composition. «Les visiteurs en fonction de la vitesse de leur déplacement dans le pavillon détermineront aussi la vitesse du défilement de la musique». Avant de poursuivre: «Nous avons travaillé à partir d’éléments musicaux réellement composés que nous avons enregistrés ensuite. Et non de samples que nous aurions collés les uns aux autres. Souvent une composition se déroule de manière linéaire, nous avons opté pour une construction verticale. Ainsi nous avons créé plusieurs couches sonores.» 

Des strates de couleurs et atmosphères musicales que l’orchestrateur Max Knoth a ensuite transcris en langage musical écrit, les musiciens de l’OPL devant pouvoir travailler à partir de partitions bien réelles. 

Haoxing Liang, Konzertmeister de l’OPL.
Haoxing Liang, Konzertmeister de l’OPL.
Photo: Philharmonie Luxembourg / Alfonso Salgueiro

Pas d'intelligence artificielle

Klingklangklong d’habitude n’hésite pas à recourir à l’intelligence artificielle. Dans ce cas concret, cet apport technologique n’a pas été retenu. Maurice Messinger justifie cette décision par un constat simple: actuellement l’intelligence artificielle ne permet pas encore d’atteindre une forme satisfaisante de dramaturgie.

La bande sonore finale présentée à Dubai ne sera pas une simple illustration sonore du Grand-Duché. Et pourtant Julien Herion et Maurice Messinger, pour les six épisodes de quelques minutes chacun, se sont documentés sur l’histoire du Grand-Duché. 

Les musiciens de l’OPL, les mains désinfectées, retrouvent leurs collègues sur la grande scène de la Philharmonie, tous sont sans nez rouge, quelques-uns portent un masque de protection, les distances sont respectées. Tous attendent le chef d’orchestre et les trois membres de Klingklangklong, qui longuement expliquent les tenants et les aboutissants de leur travail. 

 

Photo: Philharmonie Luxembourg / Alfonso Salgueiro

 Une cohorte de techniciens   

Le grand auditoire est vide. L’absence de public, en cette période de pandémie, n’a rien d’étonnant. Les spectateurs ce matin-là sont remplacés par une cohorte de techniciens qui affûtent leurs micros et caméras. Tout ce beau monde est réuni pour une raison bien précise. Enregistrer en un temps record – quatre séances pour un total de 7 heures – les six pièces de la composition. «Tout doit aller vite, il n’y a pas de temps à perdre. Je suis confiant, ça va aller»: Gast Waltzing est un habitué des travaux chronométrés. 

Les musiciens ont reçu leur partition il y a quelques semaines, ont pu l’étudier chez eux, sans forcément être capables de se faire une première impression de l’ensemble. On est bien loin des grandes œuvres du répertoire de l’ensemble – à l’image d’une bonne vieille symphonie de Beethoven. Même si les symphonistes ont l’habitude d’expériences sonores nouvelles, de formes d’écritures inhabituelles, cette première séance d’enregistrement prend à certains moments des allures de parcours du combattant. 

Photo: Philharmonie Luxembourg / Alfonso Salgueiro

Pertes de repères 

Gast Waltzing donne le coup d’envoi. Certains musiciens sont visiblement perdus, cherchent des repères, d’autres, plus philosophes, attendent. Tous les musiciens, y compris le chef, sont équipés d’une oreillette leur rappelant le tempo. Gast Waltzing coupe net. Explique, discute avec des chefs de pupitres... et reprend. Peu à peu, les choses se mettent en place, les musiciens découvrent in situ le résultat sonore. Après quelques très brèves répétitions et mises en place, les micros sont ouverts. Le temps presse. 

Du Kirchberg au Dubai Exhibition Centre aux Emirats arabes unis – de la mise en boîte cette semaine à la projection au pavillon luxembourgeois en 2022 – la route est longue. Il n’est pas prévu que l’OPL se produise à Dubai en 2022. Ne reste à espérer que cette «prestation de service» de Gast Waltzing et de l’OPL soit soulignée en tant que telle au pavillon luxembourgeois de l’Exposition universelle pour éviter que ce «Dubai Soundtrack» ne se transforme en banale «musique d’ascenseur». 





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