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Dobet Gnahoré: «Demain ça va aller»
Kultur 1 6 Min. 11.05.2021

Dobet Gnahoré: «Demain ça va aller»

Dobet Gnahoré aime au gré de ses influences malaxer toutes les musiques du continent africain.

Dobet Gnahoré: «Demain ça va aller»

Dobet Gnahoré aime au gré de ses influences malaxer toutes les musiques du continent africain.
Photo: Luc Deflorenne
Kultur 1 6 Min. 11.05.2021

Dobet Gnahoré: «Demain ça va aller»

Thierry HICK
Thierry HICK
La chanteuse ivoirienne Dobet Gnahoré retrouve mercredi soir à la Philharmonie l’OPL et Gast Waltzing.

Dobet Gnahoré revient à la Philharmonie. Accompagnée de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg et du chef Gast Waltzing, elle viendra une nouvelle fois célébrer la chaleur et l’énergie africaines. Une soirée joyeuse aux vibrations positives en perspective... du moins pour tous ceux qui ont réussi à décrocher un ticket. 

Dobet Gnahoré, parlez-nous de votre prochain album «Couleurs» qui va sortir début juin. 

Je suis retournée en Côte d’Ivoire pour composer et travailler sur cet album. Cela devait durer un mois, mais à cause du confinement, je suis restée six mois. Pour cet album, je voulais faire quelque chose de nouveau, correspondant à mon état d’esprit. Je me suis laissée inspirer par la chaleur et l’énergie de l’Afrique. Je voulais avant tout quelque chose de dansant. J’aime mélanger les langues, les rythmes et styles dans une même chanson. Mais aussi associer les traditions, que mon père m’a transmises, à des choses plus modernes, plus électro. Musiques d’Afrique du Sud, du Bénin, du Niger ou de Côte d’Ivoire... je m’amuse à les mélanger, à faire ma popote et créer de nouvelles sauces. 

 Votre musique est donc un incroyable melting-pot de styles. Il est donc fini le temps où les artistes de votre continent se limitaient à des sonorités purement africaines, donc exotiques pour nous Occidentaux? 

Le mélange c’est l’avenir! Le mélange finit par s’imposer et vivre tout seul et apporter quelque chose de beau. Je ne vais tout de même pas resservir tout le temps la même sauce, je n’aime pas me répéter. J’ai besoin de cette différence. Bien sûr, il faut s’attacher aux traditions, mais il faut aussi être capable de les faire voyager. La musique au travers de ses rythmes et ses sonorités reste avant tout une question d’émotions.

Je suis Africaine, je le revendique, mais ma musique n’est pas qu’africaine. Je vis dans le monde.

Etes-vous finalement une musicienne d’Afrique ou plutôt du monde? 

 C’est la question (rires)! Je suis une musicienne africaine qui vit dans le monde. Je vis depuis 20 ans en France et trop d’influences se sont invitées chez moi sans me prévenir. Je suis Africaine, je le revendique, mais ma musique n’est pas qu’africaine, loin de là. J’ai une très grande admiration pour la chanteuse Björk, je l’adore elle et sa musique alternative. Un concept que nous n’avons pas encore développé en Afrique.

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Dans «Lève-toi», le premier titre dévoilé de l’album vous chantez «Demain ça va aller». Vous y croyez vraiment? Etes-vous quelqu’un d’optimiste? 

Bien sûr! On vit des moments de grandes joies, mais aussi de grands creux. Alors il faut laisser passer le temps et se dire «Demain ça va aller». 

Vous parlez aussi de Dieu. Etes-vous croyante? 

Oui, je crois en toutes les religions.

Pour ce nouveau concert au Luxembourg, vos chansons ont été arrangées pour l’Orchestre philharmonique du Luxembourg par Gast Waltzing. En quoi cela change-t-il votre interprétation? 

Gamine déjà, j’adorais le chant lyrique. Me retrouver à chanter avec un orchestre symphonique à mes côtés, c’est un rêve d’enfant qui se réalise. Je me sens comme une reine. 

 Le fait d’échanger des instruments traditionnels africains contre des instruments classiques ne dénature-t-il pas vos compositions?

 Le résultat est tout simplement magnifique, je découvre une toute nouvelle musique avec beaucoup plus de reliefs et d’harmonies inédites. Je réapprends mes chansons et mon timbre de voix a changé. 

La chanteuse Dobert Gnahoré et le chef d'orchestre Gast Waltzing.
La chanteuse Dobert Gnahoré et le chef d'orchestre Gast Waltzing.
Photo: Luc Deflorenne

Vous êtes souvent qualifiée de grande voix de l’Afrique. Cela vous plaît, vous énerve ou vous fait peut-être peur? 

Je ne suis pas la seule, loin de là. On est plusieurs, je fais partie d’un grand groupe des voix africaines. L’Afrique est énorme, il y a des milliers de chanteurs bien meilleurs que moi. Je connais mes lacunes. 

Vous êtes très modeste. 

 La vie nous oblige à rester simple et optimiste. C’est ce que j’essaie de transmettre avec ma musique. J’invite les gens à rester humains, à danser et à vivre. La vie peut être magnifique. 

Me retrouver à chanter avec un orchestre symphonique à mes côtés, c’est un rêve d’enfant qui se réalise. Je me sens comme une reine.

 Comment avez-vous vécu votre récent séjour prolongé dans votre pays? 

C’est la première fois en près de 20 ans que j’y suis restée aussi longtemps. Ce confinement obligé m’a requinquée. En plus de travailler sur l’album, j’ai installé un studio de musique et de photo et une salle de danse. Et j’ai produit et soutenu plusieurs jeunes chanteuses ivoiriennes. La scène urbaine en Côte d’Ivoire est essentiellement masculine, il y a beaucoup de messieurs et peu de dames. 

Photo: Luc Deflorenne.

Votre art est aussi celui d’un engagement. Pour quelles causes luttez-vous? 

Pour l’émancipation des femmes. Je travaille par exemple avec des femmes aveugles ou handicapées, je suis la marraine d’un orphelinat à Grand-Bassam. Ces différents engagements restent quelque chose de très personnel, il n’est pas nécessaire d’en parler. 

On vous a déjà vue à plusieurs reprises sur des scènes ici au Luxembourg. Votre dernier passage avait pour cadre le projet «Stand Speak Rise Up» de la Grande-Duchesse de Luxembourg. 

 Ce n’est qu’une fois sur scène que j’ai pris connaissance du projet. Défendre la cause de femmes africaines: je ne pouvais qu’y adhérer. 

La musique peut-elle faire bouger les lignes?

 Plus on est nombreux à parler des mêmes choses, plus on est forts. La musique peut avoir une réelle puissance. Prenez l’exemple de ce jeune Nigérian qui vient de remporter un Grammy, je ne me souviens plus de son nom (Burna Boy, ndlr): aujourd’hui sa musique est présente au Nigéria, aux Etats-Unis et partout dans le monde grâce à ce prix. 

Vous aussi, vous avez remporté en 2010 un Grammy. En quoi ce prix a-t-il changé votre travail? 

 Ce prix a été un rêve, une surprise, une chance et a ouvert de nombreuses portes, aujourd’hui encore. A Abidjan, je reste la première Ivoirienne à avoir gagné un Grammy. Mais on oublie que depuis cette date, j’ai fait plein d’autres choses. Finalement, quelles musiques écoutez-vous lorsque vous ne travaillez pas? Surtout des artistes de différents pays africains, avec une préférence pour l’Afrique du Sud. J’écoute de tout en fait, surtout à fond quand je fais le ménage.

Les deux concerts de ce mercredi à 18 et à 20 heures affichent complet.

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