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Des ateliers d'artistes au Verluerekascht
Kultur 4 Min. 19.03.2021

Des ateliers d'artistes au Verluerekascht

Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, les bâtiments et installations sont certes sobres, mais répondent à un réel besoin

Des ateliers d'artistes au Verluerekascht

Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, les bâtiments et installations sont certes sobres, mais répondent à un réel besoin
Photo: Chris Karaba
Kultur 4 Min. 19.03.2021

Des ateliers d'artistes au Verluerekascht

Thierry HICK
Thierry HICK
L'ancienne école de police accueille des dizaines d'artistes plasticiens. Une mesure phare pour faire face à la pénurie d’ateliers.

 Là où jadis vivaient et étudiaient des jeunes policiers, travaillent aujourd’hui déjà une trentaine d’artistes. Une quinzaine de nouveaux locataires sont attendus bientôt. Les bâtiments situés au 7-9 rue Auguste Lumière à Luxembourg au Verluerekascht vont à terme devenir une ruche de créativité.

La pénurie d’ateliers d’artistes est une réalité palpable au Luxembourg. Les solutions sont limitées, les lieux sont rares. C’est pourquoi toute nouvelle initiative est la bienvenue. Trixi Weis et son Association des Artistes Plasticiens du Luxembourg (AAPL) s’engagent pour trouver des solutions et cherchent des locaux adaptés aux besoins des artistes.

Des longues discussions

La réaffectation du site de l’ancienne Policeschoul est le fruit de longues discussions entre différents partenaires. Les bâtiments appartiennent au ministère des Finances, leur gestion incombe à l’Administration des bâtiments publics dépendant du ministère de la Mobilité et des Travaux publics. L’aide financière est venue du ministère de la Culture, qui soutient par le biais d’une convention l’AAPL à hauteur de 60.000 euros par an.

Près de 45 ateliers sont aménagés.
Près de 45 ateliers sont aménagés.
Photo: Chris Karaba


La rénovation et surtout la mise en conformité des lieux se sont opérées avec la collaboration du Corps grand-ducal d’incendie et de secours (CGDIS). Autant pour le volet technique concernant la nouvelle d’affectation des lieux, dont la durée de la mise à disposition est du moins pour le moment prévue jusqu’en 2022. «Nous avons travaillé de très longs mois sur le projet» se réjouit Trixi Weis, artiste plasticienne et aussi présidente de l’AAPL.

Visite des lieux avant l’arrivée toute récente des premiers artistes. Les deux bâtiments de l’extérieur ne payent pas de mine, l’aspect fonctionnel ayant visiblement primé à la construction. A l’intérieur aussi, pas d’excès, le confort est rudimentaire, l’aménagement spartiate. Malgré le rafraîchissement des locaux, l’ensemble a gardé son caractère désuet d’origine. Ce qui finalement lui confère un certain charme...

L’AAPL et sa présidente Trixi Weis ont entrepris un long et soutenu travail de lobbying pour atteindre leur but.
L’AAPL et sa présidente Trixi Weis ont entrepris un long et soutenu travail de lobbying pour atteindre leur but.
Photo: Chris Karaba

Les différents appartements anciennement réservés aux policiers ont été divisés en sous-unités. Quelques espaces plus généreux pourront se prêter le cas échéant à des expositions personnelles et temporaires «que les artistes organiseront en leur nom propre. Notre association ne proposera pas de telles expositions», précise Trixi Weis. En outre sont prévus des appartements pour accueillir des artistes en résidence, un réfectoire commun, un lieu de stockage, et des pièces communes.

Dix euros par mètre carré

Qui peut venir s’installer dans l'un des 45 ateliers? Trixi Weis a la réponse. «Les artistes doivent être membres de l’AAPL, payer un loyer de dix euros par mètre carré, en plus d’une participation aux frais pour les dépenses communes et déposer une garantie bancaire. De plus, les candidats doivent nous faire parvenir une lettre de motivation, leur curriculum vitae et un portfolio de leur travail.»

Plus nombreux sont les artistes présents, plus nombreux sont les échanges et les rencontres.

Trixi Weis, présidente de l’AAPL

Au-delà de ces questions administratives, l’AAPL n’applique pas de critères esthétiques dans le choix des artistes à soutenir. Sauf celui de réserver l’accès aux artistes plasticiens dans le sens très large du terme. Des professionnels du cinéma ou des écrivains, pour ne citer que deux exemples, ne sont pas susceptibles d’être retenus.

Les ateliers sont certes de taille réduite, mais possèdent dans la majorité des cas une large fenêtre et pour certains un balcon. «Cela ne devrait pas poser de problèmes majeurs pour ceux qui aujourd’hui de plus en plus utilisent un ordinateur pour travailler», note la présidente. Les sculpteurs, du fait de la taille de leurs œuvres, ou les artistes utilisant des matières dangereuses ne sont pas attendus au Verluerekascht.

Des lieux au charme désuet.
Des lieux au charme désuet.
Photo: Chris Karaba

 

Pour Trixi Weis, «il est important de garantir une mixité entre artistes connus ou peu connus, de tout âge et de tout horizon. Avec autant d’artistes enregistrés, il y aura plus de chance qu’ils se croisent, qu’ils se rencontrent et échangent leurs idées». Dès le départ, il a donc été convenu de prévoir un nombre conséquent de pièces à louer, histoire d’assurer un brassage de cultures.

Avec cette initiative l’AAPL entend offrir à ses membres de nouvelles perspectives et les soutenir dans leur désir de professionnalisation. «Pour un artiste, il est important de pouvoir sortir de son domicile, d’avoir un lieu adapté à son travail», fait valoir Trixi Weis, qui elle aussi loue un local dans la nouvelle structure.

Le prix du loyer défie toute concurrence et répond à une réelle demande. «Même si nous ne disposons pas de statistiques précises, cette pénurie d’ateliers est un problème récurrent au Luxembourg», constate la présidente. Trop nombreux sont les propriétaires de biens immobiliers qui préfèrent choisir des locataires solvables. Les artistes souvent sont défavorisés, déplore l’AAPL.

Des lieux communs sont également installés.
Des lieux communs sont également installés.
Photo: Chris Karaba

Après Bourglinster et Differdange où des ateliers d’artistes ont vu le jour, vient donc s’ajouter au Verluerekascht, à quelques pas du centre-ville de Luxembourg, une nouvelle structure prometteuse. Depuis quelques jours, peintres, illustrateurs, photographes, créateurs de mode, restaurateurs, décorateurs de théâtre – ils sont déjà une trentaine – découvrent leur nouvel outil de travail.

La ministre de la Culture, Sam Tanson, a promis de venir dans les prochains jours visiter les nouvelles installations.

www.aapl.lu 

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