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Décès de Jirô Taniguchi: Le monde du manga en deuil
Kultur 2 Min. 12.02.2017 Aus unserem online-Archiv

Décès de Jirô Taniguchi: Le monde du manga en deuil

¨Jiro Taniguchi travaillait dans un studio à Tokyo mais sa renommée a largement dépassé les frontières du Japon.⋌ (PHOTO: AFP

Décès de Jirô Taniguchi: Le monde du manga en deuil

¨Jiro Taniguchi travaillait dans un studio à Tokyo mais sa renommée a largement dépassé les frontières du Japon.⋌ (PHOTO: AFP
Photo: AFP
Kultur 2 Min. 12.02.2017 Aus unserem online-Archiv

Décès de Jirô Taniguchi: Le monde du manga en deuil

Marie-Laure ROLLAND
Marie-Laure ROLLAND
Le Japon a perdu l'un de ses maîtres du manga: Jirô Taniguchi, auteur d'oeuvres majeures du neuvième art comme «Quartier lointain» ou «L'Homme qui marche», est décédé à Tokyo à l'âge de 69 ans.

AFP - Le Japon a perdu l'un de ses maîtres du manga: Jirô Taniguchi, auteur d'oeuvres majeures du neuvième art comme «Quartier lointain» ou «L'Homme qui marche», est décédé samedi 11 février 2017 à Tokyo à l'âge de 69 ans.

Né en août 1947 à Tottori, au Japon, dans une famille très modeste, Jirô Taniguchi a débuté comme mangaka en 1970 avec «Un été desséché». Il s'essaie ensuite au genre policier, puis se démarque dans le registre historique avec «Au temps de Botchan» (1987), avant d'aborder dans les années 1990 des récits centrés sur des personnages dont il dessine tant la silhouette que l'âme.

C'est avec «Quartier lointain», son chef-d'oeuvre, que les mangas de Jirô Taniguchi ont rencontré le lectorat étranger, avant «Le Gourmet solitaire», «Le Journal de mon père» ou «Un Zoo en hiver». Les mangas de Taniguchi offrent des histoires humaines et apaisantes, rappelant le cinéma de son compatriote Yasujiro Ozu, avec des thèmes universels, comme la famille, l'enfance ou la nature. «Sa narration arythmique, son trait réaliste et pur, son économie de moyens, sans emphase, sans caricature, lui ont permis d'attirer les yeux des Européens. Il aura été parmi les tout premiers à faire céder les préjugés sur le manga», souligne le dessinateur Vincent Lefrançois, qui vit au Japon et a adapté plusieurs ouvrages du maître Taniguchi.

Un pont entre la BD et le manga

Ce dernier revendiquait des influences graphiques européennes, citant Jean Giraud (Moebius) avec qui il publia «Icare» en 1997. «L'homme était à l'image de la plupart de ses livres, doux, attentif, bienveillant». «Il était vu par les lecteurs, dessinateurs et éditeurs français comme un dieu, alors que lui-même se présentait comme un type banal», a réagi sur son compte Twitter, un de ses pairs, Tori Miki (co-auteur de Plinius).

«Il préparait un nouvel album destiné à un lectorat familial, une histoire en trois tomes, 'La Forêt millénaire', tout en couleur, une nouvelle approche du manga», a indiqué à Tokyo son agent et traductrice, Corinne Quentin.

«C'est vraiment l'auteur qui a été le pont entre les deux rives de la BD que sont le Japon et la France», explique pour sa part Sébastien Langevin, rédacteur en chef de Canal BD Manga Mag.

Un auteur multi-récompensé

buecher
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Très marqué par le tsunami meurtrier et l'accident nucléaire de Fukushima survenus en 2011, il avait confié avoir failli renoncer à son métier, ne voyant plus au milieu d'un tel désastre quelle pouvait en être l'utilité. «Ce sont les lecteurs, des Français notamment, qui m'ont incité à continuer», assurait alors l'homme à la fine moustache, qui travaillait à l'ancienne, sans ordinateur, dans un atelier empli de livres.

Jirô Taniguchi avait reçu en 2011 en France les insignes de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres. En 2015, le festival d'Angoulême lui avait rendu hommage avec une large rétrospective. A ce moment-là, l'ensemble de ses titres publiés en français par Casterman s'étaient vendus à plus d'un million d'exemplaires, selon l'éditeur. Douze ans auparavant, il s'était vu décerner le prix du meilleur scénario à Angoulême, pour le premier tome de «Quartier lointain».


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