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Critique ciné: Vivre un amour interdit
Kultur 1 2 Min. 23.03.2019

Critique ciné: Vivre un amour interdit

L'actrice française Sofia Lesaffre incarne le personnage d'Amel avec fougue et audace.

Critique ciné: Vivre un amour interdit

L'actrice française Sofia Lesaffre incarne le personnage d'Amel avec fougue et audace.
Photo: Tarantula
Kultur 1 2 Min. 23.03.2019

Critique ciné: Vivre un amour interdit

Thierry HICK
Thierry HICK
Double culture, traditions et modernité, relations entre générations: «Pour vivre heureux» interroge.

 Elle est de culture algérienne, lui pakistanaise. Amel et Mashir vivent à Bruxelles, sont jeunes et ont la vie devant eux. Et ils s'aiment. C'est cet amour qui pose problème: Mashir est censé épouser sa cousine Noor. C'est du moins ce que prévoit la famille du jeune homme.

Issus de la double culture, les deux jeunes amants doivent répondre à plusieurs questions. Comment vivre au quotidien cette double culture? Résister aux parents, choisir sa propre vie ou se plier aux traditions? Rompre avec le passé? Des questions qui taraudent Amel et Mashir, qui pour s'aimer doivent se cacher.

C'est ce questionnement que mettent en lumière les réalisateurs et scénaristes Salima Sarah Glamine et Dimitri Linder dans «Pour vivre heureux». Cette coproduction luxembourgeoise (Tarantula) présentée en avant-première au récent LuxFilmFest est classée «romance, drame». Une classification trop réductrice, trop simpliste. Car au-delà de la simple et banale histoire d'amours interdites, se cachent des réflexions plus profondes.

Des oppositions habilement mises en scène


LuxFilmFest: Bouillons de culture
«Pour vivre heureux» ou comment désarmorcer le conflit entre générations.

«Pour vivre heureux» vit en fait d'oppositions habilement mises en scène. Outre le presque traditionnel conflit de générations apparaissent au grand jour d'autres clivages. Comme par exemple, la vie des parents, immigrés de plus ou moins longue date, face au souhait d'une génération jeune, en phase avec la société moderne. Une opposition parallèle traverse de part et d'autre le film. Les parents vivent chez eux, dans leur cocon familial, en communion avec les traditions qui règlent leurs vies depuis toujours. L'école, elle, offre aux jeunes la possibilité de s'intégrer. Cette dichotomie de lieux met en scène avec finesse et discernement le conflit qu'oppose les adolescents à leur parents entre tradition et modernité.

Les relations entre les jeunes et lerus parents sont souvent houleuses.
Les relations entre les jeunes et lerus parents sont souvent houleuses.
Photo: Tarantula

Salima Sarah Glamine et Dimitri Linder opèrent par fines touches. L'opposition est peut-être brutale dans sa portée, les images quant à elles sont tamisées, presque douces, mais restent parlantes.

Les effets de lumières et d'ombres, les jeux de regards, les contrastes d'ambiances contribuent à porter les propos des deux réalisateurs. Loin des grands discours et théories sur l'immigration, des messages politiques, c'est la vie au quotidien qui est documentée.

Comprendre les jeunes, mais aussi les parents

Tourné à Bruxelles pour les scènes extérieures et au Grand-Duché pour les intérieures, «Pour vivre heureux» donne aussi la parole aux deux parties «adverses». Comprendre les jeunes, mais aussi les parents, tel est le but de deux réalisateurs, qui au lieu de juger, préfèrent documenter, apporter leurs regards. Autre point fort du film: l'absence quasi totale de toutes questions religieuses. Une remarquable approche dans une période ou l'islam est souvent considéré comme la cause de tous les maux. Ce qui permet aux réalisateurs de rendre leur histoire universelle ... l'unité de temps et de lieu passant presque au second plan.

La conclusion de l'histoire de «Pouvoir vivre en paix» se fait attendre pour finalement surprendre. Elle témoigne aussi d'un passage à l'acte libératoire. Une manière de clore le débat en toute habilité.


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