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Critique-ciné: Un vrai bonheur
Kultur 1 3 Min. 09.11.2019

Critique-ciné: Un vrai bonheur

 Revivre l'instant magique: grâce à un bon offert par son fils, le dessinateur Victor (Daniel Auteuil) peut revenir en cette soirée de mai 1974 où il a rencontré sa femme Marianne, incarnée par l'actrice Margot (Doria Tillier), dans «La Belle Epoque».  A écouter les dialogues de Nicolas Bedos, on dirait que Michel Audiard est revenu d'entre les morts.

Critique-ciné: Un vrai bonheur

Revivre l'instant magique: grâce à un bon offert par son fils, le dessinateur Victor (Daniel Auteuil) peut revenir en cette soirée de mai 1974 où il a rencontré sa femme Marianne, incarnée par l'actrice Margot (Doria Tillier), dans «La Belle Epoque». A écouter les dialogues de Nicolas Bedos, on dirait que Michel Audiard est revenu d'entre les morts.
Photo: Les du Kiosque
Kultur 1 3 Min. 09.11.2019

Critique-ciné: Un vrai bonheur

Vesna ANDONOVIC
Vesna ANDONOVIC
Nicolas Bedos livre avec «La Belle Epoque» un film jubilatoire servi avec brio par des acteurs éblouissants

On pourrait les croire heureux: Marianne (Fanny Ardant), psychanalyste, et son dessinateur de mari, Victor (Daniel Auteuil). Ils filent le parfait amour depuis plus de 40 ans; le fruit de cette union, leur fils Maxime (Michaël Cohen), est un producteur à succès de séries de streaming tout autant couronnées de lauriers.   

Mais voilà, Marianne n'entend pas finir ses jours aux côtés de ce vieux grincheux à la barbe blanche, pris de court par ce monde en perpétuel changement. Elle décide de rompre pour refaire sa vie.  

Photo: Les Films du Kiosque

 Un cadeau de Maxime vient alors juste à point pour Victor qui se retrouve chassé du cocon bobo-familial: un bon pour un voyage dans le temps orchestré par l'entreprise d'Antoine (Guillaume Canet), ami d'enfance de Maxime. Cette dernière permet à ses clients de replonger dans une époque révolue. Se glisser dans la peau de Napoléon, Marie-Antoinette ou Hitler? Se bourrer la gueule avec Hemingway et Faulkner? Avec des acteurs et artifices ressemblant étrangement à ceux du cinéma, Antoine rend l'impossible réel. Victor saisit cette occasion inespérée pour revivre la rencontre avec sa bien-aimée, par une soirée de mai 1974 dans le café «La Belle Epoque». Et c'est Margot (Doria Tillier), ex-compagne d'Antoine, qui incarne Marianne. Le passé commence alors à transformer le futur de tout ce monde... 

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 Rarement a-t-on vu la thématique de la nostalgie traitée sur un ton aussi divertissant, charmant et assuré! Car à 40 ans, Nicolas Bedos, «fils de» à la réputation d'enfant terrible, démontre qu'il maîtrise les ficelles de la narration et de la mise en scène non seulement à la perfection, mais qu'il réussit à rassembler tous leurs ingrédients dans un opus rythmé avec une élégance nonchalante.

 Un amour réinventé 

 Avec une assurance surprenante et un regard dont la précision chirurgicale est sublimée par une ironie empreinte d'empathie, Bedos observe, analyse et démontre. 

 Constamment bercé entre rires et larmes, le spectateur se prend au jeu de croire que la vie n'est pas ce parcours linéaire régi par un sablier impitoyable, et que reprendre ce chemin à rebours à sa guise est possible. Et c'est bien cette profession de foi qui fait le charme irrésistible de cette comédie dramatique douce-amère. 

Photo: Les films du kiosque

 Sélectionné hors compétition au dernier Festival de Cannes, le film y a reçu un accueil enthousiaste à sa première: plus de huit minutes d'ovations. Et bien méritées, puisqu'à écouter les dialogues de Nicolas Bedos, on dirait que Michel Audiard est revenu d'entre les morts.

 Car la plume bien aiguisée du réalisateur-scénariste se met humblement au service de ses personnages – attachants par leurs petits défauts et ô combien humains par leurs rêves de bonheur auxquels tout un chacun peut s'identifier d'une façon ou d'une autre. 

 De plus ces dialogues sont servis par une brochette d'acteurs éblouissants: Daniel Auteuil, touchant en amoureux nostalgique, Fanny Ardant, majestueuse dans la peau de son épouse, Denis Podalydès, délicat en ex-boss-meilleur ami et amant nouveau, Guillaume Canet et Doria Tillier, émouvants en couple qui se cherche – et Pierre Arditi en véritable cerise sur le gâteau. Tous s'en donnent à coeur joie et entraînent le public dans une valse enivrante. 

Photo: Les Films du Kiosque

Un film à voir et à revoir et qui illustre à merveille cette magie si propre au cinéma qui opère quand tous ses éléments concordent. «Tu te prends pour Dieu?», demande l'assistante d'Antoine quand celui-ci entreprend de mettre en scène le sevrage amoureux de son idole d'enfance, Victor. «Je suis scénariste», rétorque alors Bedos au travers de son personnage. 

 Face à ce moment de lucidité à peine voilée, on ne peut s'empêcher de penser au bon roi Stanislas et à son «Le vrai bonheur consiste à faire des heureux». Mission accomplie, Monsieur Bedos!


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