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Critique ciné: Un cri d’amour à la patrie
Kultur 1 2 Min. 14.11.2020

Critique ciné: Un cri d’amour à la patrie

 Moustafa (Akhtem Seitablaev à d.) et Alim (Remzi Bilyalov) se retrouvent autour du cercueil de Nazim.

Critique ciné: Un cri d’amour à la patrie

Moustafa (Akhtem Seitablaev à d.) et Alim (Remzi Bilyalov) se retrouvent autour du cercueil de Nazim.
Photo: ARP Distribution
Kultur 1 2 Min. 14.11.2020

Critique ciné: Un cri d’amour à la patrie

Thierry HICK
Thierry HICK
Le réalisateur ukrainien Nariman Aliev signe avec «Evge» un premier film juste et puissant.

Le jeune homme tombe au combat. Le père, effondré, mais bien décidé d’honorer la mémoire de son fils, décide ramener, avec l’aide de son plus jeune fils, le corps dans son pays, sa patrie. Un choix tout à fait compréhensible et justifié.

La situation en Crimée aujourd’hui ne fait plus guère la Une de l’actualité. Et pourtant, le conflit se poursuit à l’ombre du regard de l’Occident. Nariman Aliev est bien placé pour en parler avec son premier film «Evge» présenté en 2019 au Festival de Cannes dans la section «Un certain regard» et nominé pour représenter l’Ukraine aux Oscars. Né en 1992 en Crimée, il a donc vécu au plus près l’annexion de sa patrie par les forces russes en 2015.

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Au lieu de faire parler une fois encore les armes, le jeune réalisateur fait le choix de donner la parole aux images. Une décision courageuse et pleine de sens.

Moustafa, le père, à l’annonce de la mort de son fils Nazim, fait appel au jeune frère Alim, ils entreprennent tout deux un périple hasardeux, risqué, initiatique, mais finalement fédérateur de retrouvailles inattendues.

Le père et le fils quittent une morgue de Kiev après avoir allongé le corps de Nazim dans leur vieille Jeep. Le route du retour vers la Crimée sera longue, parsemée d’embûches et d’imprévus. Face à la corruption, aux discriminations raciales – Moustafa et ses proches appartiennent à la minorité des tatars musulmans de Crimée –, mais aussi face à la peur, au danger, les convoyeurs arrivent tant bien que mal à atteindre leur but.

Road-movie du désespoir

Ce long voyage, qui sous la direction de Nariman Aliev prend les traits d’un road-movie du désespoir, le père et le fils, dans leur quête commune, finiront par se rapprocher.

Le réalisateur ukrainien évoque la guerre, sans jamais la montrer. Son film n’est ni anti-russe, ni politque, ni engagé. La religion, bien que présente, n’est pas non plus élevée en dogme.

Même si le point de vue du réalisateur transperce ses images, ces dernières s’intéressent en premier lieu aux déchirures personnelles d’hommes et de femmes traumatisés par cette guerre dans une région encore marquée par des enjeux géostratégiques.

  Emotions et rages  

Moustafa (Akhtem Seitablaev) et Alim (Remzi Bilyalov) se dévoilent sans fioritures aucunes. Leurs émotions, leurs rages sont vraies. Tout comme leur volonté de réussir.

Au-delà des images d’une nature idyllique – les longs plans fixes sont impressionnants – la réalité est omniprésente, sombre et pesante. Les moments de joie, d’insouciance – hormis quelques rares scènes – n’existent pas.

A l’image de la flamme inébranlable du briquet de Nazim, qui résiste au vent, l’espoir l’emporte sur les désespoir annoncé et finalement ne meurt jamais. C’est ce noble message que veut transmettre en toute pudeur le cinéaste Nariman Aliev qui avec son «Evge» signe un poignant cri d’amour à la patrie. 

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