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Critique ciné: un artiste dans la tourmente
Kultur 1 2 Min. 12.05.2018 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné: un artiste dans la tourmente

Alberto Giacometti (Geoffrey Rush, à d.) et son modèle John Lord (Armie Hammer). ⋌(PHOTO: BODEGA FILMS)

Critique ciné: un artiste dans la tourmente

Alberto Giacometti (Geoffrey Rush, à d.) et son modèle John Lord (Armie Hammer). ⋌(PHOTO: BODEGA FILMS)
Kultur 1 2 Min. 12.05.2018 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné: un artiste dans la tourmente

Thierry HICK
Thierry HICK
Le réalisateur américain Stanley Tucci est un grand amateur de l'œuvre d'Alberto Giacometti. C'est cet intérêt qui l'a poussé à dresser un portrait aussi inédit que véridique de cet artiste, connu et reconnu pour ses statues longilignes.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, dans «Final Portait» il n'est pas tant question des fameuses statues de Giacometti, celles-ci sont délaissées au profit du travail purement pictural de l'artiste suisse.

Alberto Giacometti veut dessiner le portrait de son ami John Lord. Ce dernier, écrivain et critique d'art américain, accepte sans se douter des conséquences de sa décision. Ce travail qui au début ne devait durer que quelques heures, s'éternisera... Le modèle n'a qu'une idée: retourner à New York. Le peintre, lui, veut laisser du temps au temps. En quête d'inspiration, d'idée, le peintre hésite, doute, remet en cause toute sa carrière... John Lord s'impatiente de plus en plus. Au lieu de menacer de tout plaquer et d'abandonner le projet, le jeune Américain ne peut s'opposer à l'attirance grandissante qui le lie au maître.

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Cette relation de plus en plus intense – oscillant entre admiration et exaspération – est le réel leitmotiv de ce portrait d'artiste. Stanley Tucci dépeint sans concession un Giacometti impulsif et colérique. De longs moments de questionnements tout comme des moments d'égarements créatifs rythment le film. Artiste et mari recherchant les amours interdites, la personnalité de Giacommeti apparaît complexe et touffue.

Une caractérisation extrême

Le réalisateur ne semble pas pressé dans sa caractérisation poussée à l'extrême du peintre-sculpteur. Geoffrey Rush est vrai, captivant dans son rôle. Au-delà de la ressemblance physique – travaillée – l'Australien s'attache aux multiples facettes de son personnage. Face à lui, le jeune Américain Armie Hammer est tout aussi véridique dans son travail d'interprétation de John Lord.

Une grande partie du film a pour cadre l'atelier parisien de Giacommeti – reconstitué à Londres. Contrairement aux scènes de brasseries et d'extérieur, pour ce huis clos récurrent l'atmosphère est pesante et les couleurs choisies proches du noir et blanc.

Plus frappante encore est la décélération recherchée du flot narratif. Une caméra tremblante, des visages en plans serrés, des éclairages choisis et d'interminables moments de silence accentuent le côté obscure, obsessionnel et hors du temps d'Alberto Giacometti.

La fin attendue et inespérée après tant d'hésitations sonne comme une véritable délivrance pour John Lord. Mais aussi pour le spectateur, pris lui-aussi dans la tourmente du peintre. En se limitant à une courte période de la vie de Giacometti, Stanley Tucci a réussi son pari.


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