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Critique ciné: «Sunset» est un puzzle protéiforme
 Irisz Leiter (Juli Jakab) veut percer le mystère de sa famille: une opération à risques.

Critique ciné: «Sunset» est un puzzle protéiforme

Photo: Laokoon Filmgroup
Irisz Leiter (Juli Jakab) veut percer le mystère de sa famille: une opération à risques.
Kultur 1 3 Min. 18.05.2019

Critique ciné: «Sunset» est un puzzle protéiforme

Thierry HICK
Thierry HICK
«Sunset» de László Nemes: une chronique familiale autour d'un empire en perdition. Souvent sans mot dire, le regard perçant de l'actrice hongroise Juli Jakab se suffit à lui-même pour assurer la narration. Une force indéniable de «Sunset» est son réalisme visuel avec un message social sous-jacent évident.

L'histoire d'une jeune fille qui veut savoir d'où elle vient, retrouver ses origines et comprendre le passé n'a rien d'exceptionnel. Mais, lorsque cette quête d'identité se déroule à Budapest en 1913 et qu'elle illustre les tensions grandissantes entre la bourgeoisie fortunée et la classe ouvrière dépourvue et alors que la Grande Guerre s'annonce, l'histoire prend une tout autre tournure. 

Surtout si elle est pilotée par un réalisateur de talent. Après son premier long-métrage «Le fils de Saul» – couronné à Cannes et à Hollywood – László Nemes revient en force avec «Sunset».

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Irisz Leiter tente de se faire engager par la chapellerie Leiter de Budapest, autrefois la fierté de ses parents, décédés alors qu'elle n'avait que deux ans. Entre-temps, le magasin de chapeaux a été repris par Oszkár Brill. Irisz, qui a passé toute sa vie dans un orphelinat apprend, presque par hasard, qu'elle a un frère. Elle décide d'en savoir plus, de mener sa propre enquête. Le patron Brill ne veut pas s'épancher sur la question, l'omerta est la règle. Irisz se heurte à un mur du silence. Et pourtant, décidée, elle ne lâche pas prise.


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László Nemes n'est pas pressé, il se laisse le temps de planter le décor, de raconter les choses, de présenter ses personnages dans leurs complexités respectives. Résultat des courses: «Sunset» affiche une longueur totale de 142 minutes – qui à force de basculements entre moments de réflexion et d'échanges rythmés défilent sans temps morts. Le réalisateur hongrois s'accroche à ses personnages et tout particulièrement à Irisz. Le rôle- titre est confié à Juli Jakab, déjà à l'affiche du «Fils de Saul».

Un regard perçant sans mot dire

Souvent sans mot dire, le regard perçant de l'actrice hongroise se suffit à lui-même pour assurer la narration. La caméra la suit au plus près, très souvent à hauteur d'épaule. Comme pour donner plus de profondeur aux différentes scènes que le réalisateur s'attèle à corroborer des profondeurs de champ inattendues et des mises au point ou des focales à contre-courant. 


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Les effets, quoique répétitifs, sont réussis. Juli Jakab, avec modestie et sincérité, campe un personnage, qui, pour venir à bout de sa mission, croisera d'autres personnages troublants. A l'image d'un Oszkár Brill, le représentant d'une bourgeoisie en perdition.

Au-delà de la simple histoire familiale, László Nemes rappelle que l'empire austro-hongrois à cette époque vacille. Les forces d'opposition révolutionnaires se rebiffent contre un ordre établi et oppressant.

Irisz, qui a passé toute sa vie dans un orphelinat apprend, presque par hasard, qu'elle a un frère.
Irisz, qui a passé toute sa vie dans un orphelinat apprend, presque par hasard, qu'elle a un frère.
Photo: Laokoon Filmgroup

Cette «lutte des classes» s'amplifie tout au long du film pour finalement s'imposer comme élément principal. Le spectateur doit s'accrocher pour suivre les moindres détails du scénario, car le contenu n'est souvent délayé qu'au compte-goutte, au détour d'une bribe de phrase ou de paroles volontairement incompréhensibles. Comme pour mieux entretenir la tension, László Nemes, coauteur du scénario, restreint le flux de la narration. L'histoire se dévoile peu à peu, comme des pièces d'un puzzle que le spectateur doit reconstruire.  

Un réalisme visuel et social

Une force indéniable de «Sunset» est son réalisme visuel avec un message social sous-jacent évident. Une volonté qui se traduit par un choix technique de premier ordre: le magasin Leiter n'a pas été réalisé en studio, mais a bel et bien été construit dans une rue de Budapest, en milieu réel.

Une force indéniable de «Sunset» est son réalisme visuel avec un message social sous-jacent évident.
Une force indéniable de «Sunset» est son réalisme visuel avec un message social sous-jacent évident.
Photo: Laokoon Filmgroup

De la cour impériale de Vienne, aux décors du magasin de chapeaux, aux scènes de rue, de marché, de fêtes foraines, aux réunions clandestines de l'opposition, le réalisateur aime les oppositions. Deux univers en dichotomie totale – les aisés et les dépourvus, les patrons et les ouvriers – sont illustrés par un judicieux choix d'images, de couleurs et d'éclairages. Les quelques scènes naturelles sont impressionnantes et contrastent fortement avec la vue de villes. Une fois encore, l'opposition, la confrontation d'idées, d'images n'a rien de fortuit.

Et toujours cette constante qui traverse les 147 minutes: le cadrage serré du visage d'Irisz, souvent plongé dans une obscurité menaçante et prémonitoire. La dernière séquence peut être comprise comme une conclusion logique de ce drame, qui a le mérite de pouvoir être lu parallèlement à plusieurs échelles.


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