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Critique ciné: «Murder on the Orient Express»: Un huis clos sur rails
Kultur 1 3 Min. 09.12.2017 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné: «Murder on the Orient Express»: Un huis clos sur rails

Hercule Poirot (Kenneth Branagh) use de tout son charme pour démasquer le coupable.

Critique ciné: «Murder on the Orient Express»: Un huis clos sur rails

Hercule Poirot (Kenneth Branagh) use de tout son charme pour démasquer le coupable.
Photo: 20th Century Fox
Kultur 1 3 Min. 09.12.2017 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné: «Murder on the Orient Express»: Un huis clos sur rails

Thierry HICK
Thierry HICK
Un meurtre a lieu dans un train et du coup tous les passagers sont des suspects. L'histoire serait banale si elle n'était pas de la plume d'Agatha Christie. Le réalisateur Kenneth Branagh n'est pas le premier à se pencher sur le sujet. Son huis clos sur rails ne manque pas de souffle.

par Thierry Hick

L'heure est aux suites et autres remakes. Après «Flatliners» la semaine passée, place cette semaine au «Murder on the Orient Express». Les Lauren Bacall, Jacqueline Bisset, Sean Connery, Anthony Perkins ou Jean-Pierre Cassel de la version de Sidney Lumet en 1974 font aujourd'hui place à Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Penélope Cruz, William Dafoe, Josh Gad ... Pour le mythique rôle du détective Hercule Poirot, le réalisateur Kenneth Branagh fait appel à ... Kenneth Branagh.La seule présence de cette belle brochette d'acteurs ne suffit pas à porter le film. Le réalisateur britannique de «Cendrillon» a d'autres cordes à son arc.

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Tout d'abord, celle de la caractérisation de ses rôles. Rachett, Mme Hubbard, le secrétaire MacQueen, le professeur Hardman, la princesse Dragomiroff... autant de personnages qui jamais n'auraient dû se rencontrer et qui pourtant se retrouvent nez à nez avec un passé commun., qui par la suite s'imposera à tous.

Kenneth Branagh dépeint des hommes et des femmes hauts en couleurs, chacun avec ses manies et petites habitudes bien tranchées. Toute la première partie de «Murder on the Orient Express» est consacrée à cette galerie de portraits.

Michelle Pfeiffer, une veuve joyeuse et aguicheuse

Kenneth Branagh, de main de maître réussit à magnifier son petit monde. Faut dire que tous les acteurs participent à cet effort collectif. L'incontournable Hercule Poirot apparaît dans sa malice et splendeur bien connues. Ses traits sont gentiment grossis, ses faits et gestes allègrement soulignés sans exagération. Une mention toute spéciale revient à Michelle Pfeiffer dans la peau de Mme Hubbard, veuve joyeuse, aguicheuse mais aussi ravagée par ce qui va se passer sous ses yeux. Johnny Depp, dans la peau du peu fréquentable Ratchett, est froid, ignoble et répugnant à souhait.

Qui est le meutrier?
Qui est le meutrier?
Photo: 20th Century Fox

Replongeant le spectateur dans un monde de luxe, calme et volupté des années 30, le réalisateur ne lésine pas sur les détails pour créer une atmosphère bien particulière. Le train, même s'il n'est que moyen justifiant la fin, est omniprésent. Sans ce décor de choix, reconstitué de toutes pièces, l'oppressante réalité qui se développe tout au long de ce thriller retomberait comme un soufflet.

Un événement inattendu

Car la vie de cette belle et joyeuse équipe est troublée par un événement inattendu. Dans ce monde clos se produit l'inconcevable: un meurtre. Alors que l'Orient Expresse, reliant Istanbul à Paris, est paralysé par une avalanche, l'«enchevêtrement d'inconnus» va connaître des moments de tensions, d'accusations, de mensonges, de non-dits et de doutes, chaque passager étant potentiellement l'assassin.

Des personnages hauts en couleurs.
Des personnages hauts en couleurs.
Photo: 20th Century Fox

Là encore Kenneth Branagh se prend le temps, évite toute précipitation dans ses propos. Hercule Poirot tente de démasquer le meurtrier, hésite, trébuche sur des obstacles inattendus... Le rythme des images et des séquences est posé, réfléchi. Quelques moments de tensions bien dosés évitent l'enlisement.

Autre aspect purement visuel important: les imposants paysages traversés par le train. Et la neige comme constante toile de fond, comme pour mieux renforcer le côté fantastique et dramatique de cette tragique épopée ferroviaire d'un temps révolu.

Le film se termine de manière surprenante – du moins pour ceux qui n'ont pas lu ou oublié le texte original. Kenneth Branagh, une fois encore, met la pédale douce: il témoigne du désarroi et du désespoir provoqué par les conclusions du détective Poirot.

Une tension dramatique bien dosée, corroborée par des acteurs percutants et un scénario convaincant font de ce «Murder on the Orient Express» un bon moment de divertissement qui reste dans son ensemble fidèle à l'esprit d'Agatha Christie.