Wählen Sie Ihre Nachrichten​

Critique ciné: La vie ne fait pas de cadeau
Kultur 1 2 Min. 17.10.2020

Critique ciné: La vie ne fait pas de cadeau

Anja (Andrea Bræin Hovig) et Tomas (Stellan Skarsgård), que tout oppose, au-delà de la différence d’âge, vont finalement se rapprocher dans leur parcours du combattant.

Critique ciné: La vie ne fait pas de cadeau

Anja (Andrea Bræin Hovig) et Tomas (Stellan Skarsgård), que tout oppose, au-delà de la différence d’âge, vont finalement se rapprocher dans leur parcours du combattant.
Photo: Oslo Pictures
Kultur 1 2 Min. 17.10.2020

Critique ciné: La vie ne fait pas de cadeau

Thierry HICK
Thierry HICK
«Hope» de Maria Sødahl ou comment surmonter l’insurmontable.

Ils sont tous les deux artistes: Anja est chorégraphe, Tomas est producteur de cinéma. Le couple semble mener une vie artistique trépidante, de plus rythmée par le quotidien des six enfants issus de relations précédentes. Le quotidien, entre vies de famille et professionnelle – cette dernière n’est que peu illustrée – suit son bout de chemin. Jusqu’au jour où l’effroyable nouvelle tombe: Anja a une tumeur au cerveau, après avoir surmonté un cancer du poumon. Ses jours sont comptés. En quelques minutes seulement, la réalisatrice Maria Sødahl, qui a également écrit le scénario de «Hope», plante l’impitoyable décor.

Le couple voit son existence ébranlée du jour au lendemain, les failles et les reproches du passé ressurgissent à toute vitesse. Et pourtant, Maria Sødahl se prend le temps nécessaire pour raconter son histoire.

360 Videos werden hier nicht unterstützt. Wechseln Sie in die Youtube App, um das Video anzusehen.

Accuser le coup

Les deux concubins vivent certes ensemble, mais leurs vies se sont quelque peu séparées. Et pourtant, tous deux accusent le coup, Anja plus que Tomas, ce dernier donnant l’impression de n’être qu’un témoin bien involontaire dans ce drame qui se joue sous ses yeux. Sa partenaire, par contre, est complètement traumatisée par cet ennemi invisible qui la frappe.

Anja et Tomas, bien au-delà de leur différence d’âge, essaient de combiner leur vie de famille avec cette tumeur... Les enfants ne seront que tardivement mis au parfum, une fois que la vie de façade que les deux artistes se sont inventée, les apparences donc s’effritent.

L’histoire est lourde de sens et délibérément antinomique. Elle renforce avec insistance le drame avant tout humain que vit Anja. La réalisatrice, avec ses caméras, suit de près cette incessante descente aux enfers. Et pourtant, le climat n’est jamais sombre, tendu, l’espoir est omniprésent. Le titre «Hope» de cette coproduction norvégo-suédoise n’est pas choisi au hasard.

Deux univers dichotomiques

Cette dichotomie narrative est illustrée par l’opposition permanente de deux univers. D’une part, un cocon familial qui dégage une incroyable chaleur et empathie humaines. D’autre part, le monde médical aussi stérile que les hôpitaux et salles de consultations de nombreux médecins et professeurs que consultent Anja et Tomas.

Maria Sødahl donne la parole à tous ceux qui, de loin ou de près, vivent ce drame: famille, proches, amis d’enfance, tous sont mis à contribution.

Anja malgré tout lutte, essaie tant bien que mal de (sur)vivre. Peu à peu, son couple reprend des racines – les deux amants d’hier iront même jusqu’à se marier face à l’urgence. Un détail, peut-être, mais qui témoigne de cette insatiable envie d’Anja et de Tomas de surmonter ensemble la situation.

Les propos de Maria Sødahl – et surtout – sont d’une étonnante lucidité et finalement d’une grande quiétude. Les images – souvent chaleureuses – autour d’un scénario sans heurts et sans pannes sont presque belles, malgré l’atrocité annoncée. L’heure n’est pas à la résiliation, à la défaite. Bien au contraire, même si la vie ne fait pas de cadeau, elle mérite d’être vécue, défendue. Avec détermination.

A la fin ne subsiste que l’espoir d’un monde meilleur. Une lueur que Maria Sødahl ne fait qu’effleurer. Bien heureusement. 

Folgen Sie uns auf Facebook und Twitter und abonnieren Sie unseren Newsletter.