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Critique ciné: La mort au bout du couloir
Kultur 1 3 Min. 25.01.2020 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné: La mort au bout du couloir

L’avocat Bryan Stevenson (Michael B. Jordan) va se battre jusqu’au bout de ses forces.

Critique ciné: La mort au bout du couloir

L’avocat Bryan Stevenson (Michael B. Jordan) va se battre jusqu’au bout de ses forces.
Photo: Endeavor Content/TNS
Kultur 1 3 Min. 25.01.2020 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné: La mort au bout du couloir

Thierry HICK
Thierry HICK
Avec son drame «Just Mercy», Destin Daniel Cretton défend des convictions fortes.

Un Noir prenant la parole pour soutenir des Noirs «sans voix», le sujet n’est pas nouveau. Et pourtant, il y a l’art et la manière de raconter les choses, bien au-delà des images vues et revues, des paroles dites et redites. Racisme au quotidien, fossé grandissant entre classes sociales, humiliation ou intimidation ont aujourd’hui encore la dent dure et continuent d’exister. Le réalisateur américain Destin Daniel Cretton n’en est non seulement convaincu, mais il le clame haut et fort, images à l’appui.

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Bryan Stevenson est Noir et vient de terminer son droit à Harvard. Sa vie est toute tracée, ses parents espèrent une belle carrière. Au cours de ses études, Bryan rencontre un prisonnier attendant son exécution dans un couloir de la mort. Le choc! 

Le futur avocat fait un constat troublant: la situation sans issue de ce jeune condamné qu’il découvre aurait tout aussi bien pu être la sienne. Son diplôme en poche, le juriste décide de tourner le dos à un avenir professionnel prometteur et part s’installer en Alabama pour rejoindre une organisation qui défend les intérêts de prisonniers injustement condamnés en attente de leur date fatale, puisqu’aux Etats-Unis la peine de mort n’est pas abolie. Un constat: Bryan Stevenson ne manque pas de travail.

Prisonniers noirs et juges blancs

«Just Mercy», l’adaptation au grand écran du livre éponyme de Bryan Stevenson retrace une histoire réelle et se concentre sur un cas bien particulier: la condamnation à mort de Walter McMillian, un ouvrier noir accusé d’avoir tué une jeune fille blanche. Le réalisateur Destin Daniel Cretton n’y va pas par quatre chemins dans son travail de dénonciation.

Des prisonniers noirs encadrés en prison par des surveillants blancs, des juges et procureurs blancs, donc puissants, jugeant un «black», issu d’une communauté défavorisée. Alors que les clichés défilent, Destin Daniel Cretton prend ses distances, s’attache aux caractères forcément antinomiques de ses personnages. L’avocat, le prisonnier, le juge, tous jouent leur rôle respectif avec leurs forces et leurs faiblesses. Les caméras braquent de près leurs moindres faits et gestes. Le tout est entrecoupé de longs moments de silence, de retenue. Comme pour mieux capter une inéluctable montée en puissance des tensions et oppositions.

Des prisonniers noirs encadrés en prison par des surveillants blancs...  les clichés défilent,
Des prisonniers noirs encadrés en prison par des surveillants blancs... les clichés défilent,
Photo: Endeavor Content

Un parti pris assumé

Le réalisateur, aussi coscénariste, ne cache pas son parti pris, c’est évident. Et pourtant, ses propos et ses images ne s’enferment pas une pensée unique, dogmatique. La parole donnée à tous les protagonistes suit un but précis: démonter des idées reçues, clamer haut et fort l’injustice et la discrimination pour finalement laisser apparaître la vérité. Des arguments et des idées fortes pour ne pas céder à l’action irréfléchie, à la brutalité gratuite: le message de «Just Mercy» est sans détour.

Rythme bridé

Après un premier cuisant échec Bryan Stevenson continue la lutte pour innocenter Walter McMillian, qui est devenu bien plus qu’un simple client. L’issue de ce combat semble attendue, le spectateur n’en est pourtant pas au bout de ses peines. Destin Daniel Cretton ne se presse pas, le rythme est bridé. Le chemin à parcourir – la recherche éperdue de la vérité – est finalement tout aussi important que le but à atteindre – un monde meilleur.

Des prisonniers attendent dans les couloirs de la mort leur date fatale.
Des prisonniers attendent dans les couloirs de la mort leur date fatale.
Photo: Endeavor Content

Les deux acteurs Michael B. Jordan et Jamie Foxx impriment à leurs personnages (Bryan Stevenson et Walter McMillian) force, détermination et caractère. Un puissant duo pour porter à bout de bras son combat: Destin Daniel Cretton a eu la main heureuse pour un «Just Mercy», qui refuse toute forme de résignation pour poser les bonnes questions et apporter des pistes de réflexion intéressantes. 


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