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Critique-ciné "La bonne épouse": la révolution – en pantalon
Kultur 1 3 Min. 27.06.2020

Critique-ciné "La bonne épouse": la révolution – en pantalon

On n’arrête pas le progrès: pour leur participation à une émission-télé, les «bonnes sauvages de Province» Paulette van der Beck (Juliette Binoche, m.) et son bras droit, sœur Marie-Thérèse (Noémie Lvovsky, g.) se voient offrir une machine à laver.

Critique-ciné "La bonne épouse": la révolution – en pantalon

On n’arrête pas le progrès: pour leur participation à une émission-télé, les «bonnes sauvages de Province» Paulette van der Beck (Juliette Binoche, m.) et son bras droit, sœur Marie-Thérèse (Noémie Lvovsky, g.) se voient offrir une machine à laver.
Photo: Les Films du Kiosque
Kultur 1 3 Min. 27.06.2020

Critique-ciné "La bonne épouse": la révolution – en pantalon

Vesna ANDONOVIC
Vesna ANDONOVIC
Mettre un pantalon: la révolution féminine se résume semble-t-il à cet unique acte symbolique. Et ironie suprême, tout cela, pour que «La bonne épouse», boniche prêchant obéissance et soumission, puisse séduire!

Quand son cher – très cher, puisque son goût du jeu a mené l’établissement pour jeunes filles qu’ils dirigent avec l’intraitable Soeur Marie-Thérèse (Noémie Lvovsky) au fin fond de l’Alsace au bord du gouffre financier – et tendre époux Robert Van der Beck (François Berléand) meurt étouffé par un lapin sauce chasseur cuisiné avec amour par sa petite soeur Gilberte (Yolande Moreau), mais avalé de travers, Paulette, modèle de vertus casanières, doit prendre en main le destin de son école ménagère. 

Et aussi le sien, puisque le destin remet sur son chemin son amour de jeunesse, André Grunvald (Edouard Baer). Paulette saura-t-elle cadencer le pas avec l’Histoire en marche, qui avance inexorablement en ce mai 1968?

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Une candeur que l'on doit apprécier

On ne sait pas vraiment par quel bout l’attraper, «La bonne épouse» qui déboule à nouveau sur nos écrans, après y avoir fait une première escale le 12 mars dans le cadre du dixième LuxFilmFest, puis avoir vu sa carrière mise au frais le temps d’une pandémie.

Conte de fée trop caricatural pour être vraiment d’actualité, récit trop charmant pour être simplement mis au placard des «obsolètes», le film de Martin Provost est une œuvre qui interpelle. Car il raconte une histoire que bon nombre de femmes libérées d’aujourd’hui ignorent – celle des écoles ménagères pour jeunes filles, dont la première fut ouverte en 1873 à Reims. 

Une histoire pourtant que l’on se doit de connaître: d’une part pour apprécier d’où l’on vient, à savoir une véritable servitude millénaire, d’autre part pour y puiser la force nécessaire pour continuer le combat de l’égalité des sexes.

On s’accordera donc à faire abstraction d’un féminisme trop étriqué et apprécier la candeur de ce récit d’émancipation féminine, en jouissant de cette légèreté, plutôt que d’y voir un défaut insurmontable et de faire une fixette sur les quelques longueurs qui rythment la deuxième partie du récit et risquent d’étouffer le spectateur. Parfois il est judicieux de s’offrir un bol d’air frais en riant de choses tout à fait sérieuses plutôt, qu’à force de lutter, d’en désespérer.

Une histoire dans son jus

Au vu de la tendresse que Provost met à dépeindre ses personnages, on lui tiendra un peu moins rigueur d’avoir voulu fourrer vraiment tout dans son film – de l’autodétermination financière et sexuelle jusqu’à l’amour saphique vécu librement. Tous ces thèmes complexes, voire graves sont présentés comme une ronde joyeuse et haute en couleurs.

Et cela charme pour plusieurs raisons, à commencer par la belle brochette d’actrices: Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Lvovsky transcendent élégamment avec savoir-faire et ironie les faiblesses du scénario et stéréotypes qui le ponctuent, mais surtout mettent du cœur dans ce qui frôle de très près la caricature et le sauvent ainsi du ridicule.

Provost observe d’un œil bienveillant le sexe fort, incarné par Baer et Berléand, à lui seul personnification du traditionalisme à la de Gaulle, comme qui dirait «dans son jus».

Plaisir coupable oblige

Ce dernier tout autant que le mode de vie d’avant-hier qu’il représente va se voir déboulonné de son piédestal patriarcal pour de bon. Mai ’68, Paris s’insurge et quand la province – comprenez Madame Paulette et ses filles (jeunes et âgées ) – partent rejoindre cette révolution ce sera à pied, en dansant et en chantant à la Bollywood.

Décidément on aura tout vu dans ce film! Et on s’en est même amusé un peu – plaisir coupable oblige ... 

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