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Critique ciné: Du rêve à la réalité
Kultur 1 2 Min. 15.06.2019

Critique ciné: Du rêve à la réalité

Les animaux deviennent des personnages à part entière.

Critique ciné: Du rêve à la réalité

Les animaux deviennent des personnages à part entière.
Photo: Neon
Kultur 1 2 Min. 15.06.2019

Critique ciné: Du rêve à la réalité

Thierry HICK
Thierry HICK
«The Biggest Little Farm»: le projet fou et ambitieux de deux citadins devenus fermiers.

Leur chien Todd, aboyant à longueur de journée, exaspère les voisins, qui veulent le voir expulsé. John Chester et son épouse Molly sont obligés de quitter leur appartement de Los Angeles: pas question d'abandonner Todd. C'est le point de départ d'une nouvelle vie. Le couple va enfin pouvoir réaliser un vieux rêve: devenir fermiers. John et Molly jettent leur dévolu sur une exploitation agricole délaissée, entourée de terres arides, peu fertiles. Contrairement à leurs nouveaux voisins – adeptes d'une monoculture industrielle – les nouveaux propriétaires de l'Apricot Lane Farm militent pour une agriculture raisonnée et diversifiée en totale harmonie avec l'environnement naturel.

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John Chester est réalisateur de cinéma de profession. Son film «The Biggest Little Farm» n'a rien d'une fiction, c'est son histoire qu'il a partagée avec son épouse. La réalité brute est documentée sans fard, sans parti pris sur une période de plusieurs années. Loin de tout dogmatisme – voire fanatisme – John et Molly bataillent au jour le jour pour bâtir de leurs mains leur nouvel eldorado.

Les moutons, les vaches, les poules, les hiboux, les vergers, les potagers deviennent des personnages à part entière et donnent corps et âmes à ce paradis terrestre de 80 hectares.

Une esthétique poussée

Homme de cinéma, John Chester capte sa nouvelle vie au quotidien: les images sont sublimes, la technique se met au service d'une recherche esthétique poussée. On en oublierait presque le volet documentaire de «The Biggest Little Farm». Loin des codes d'usage du genre, ce documentaire met la beauté des images au service du combat de deux fermiers.


L'incroyable complicité entre le coq Greasy et la truie Emma témoigne d'une exploitation agricole en bonne santé.
L'incroyable complicité entre le coq Greasy et la truie Emma témoigne d'une exploitation agricole en bonne santé.
Photo: Neon

Le réalisateur, d'une voix off, philosophe, commente, documente son nouvel engagement citoyen parsemé de crises, de doutes et de questionnements. La nature reprenant ses droits, chaque nouvelle panne – tempête, inondation, attaque de coyotes, incendie – nécessite des solutions sur le tas, des réponses dans l'urgence. Histoire aussi de transmettre les fruits de leurs efforts au jeune garçon qui naît durant leur aventure commune. John et Molly, sans baisser les bras, poursuivent leur mission. Et délivrent un message d'espoir à tous ceux qui un jour veulent changer de vie: «Yes, we can».

«The Biggest Little Farm», après sa tournée des festivals – Sundance, Toronto, Berlinale... – poursuit grâce à un site Internet son engagement militant.