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Critique ciné de la semaine: Une guitare comme seule arme
Kultur 1 3 Min. 13.05.2017 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné de la semaine: Une guitare comme seule arme

Manouche dans l'âme, Django Reinhardt refuse toute forme de compromission.

Critique ciné de la semaine: Une guitare comme seule arme

Manouche dans l'âme, Django Reinhardt refuse toute forme de compromission.
Photo: Roger Arpajou
Kultur 1 3 Min. 13.05.2017 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné de la semaine: Une guitare comme seule arme

Thierry HICK
Thierry HICK
On connaît la musique de Django Reinhardt. Le réalisateur Etienne Comar présente avec «Django» un autre image du «guitar hero» manouche.

par Thierry Hick

On connaît la musique de Django Reinhardt. Le réalisateur Etienne Comar présente avec «Django» une autre image du «guitar hero» manouche. Son portrait, entre musique, solitude et résistance, pose les bonnes questions mais laisse le spectateur quelque peu sur sa faim.

 Sa musique respire l'insouciance de la vie et transpire la souffrance de tout un peuple. Manouche dans l'âme Django Reinhardt ne vit que pour son art. Musicien de génie, il refuse toute forme de compromission avec l'ennemi. Sa guitare, inséparable compagnon de tous les combats, est sa seule arme.

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Django Reinhardt enflamme les nuits parisiennes aux Folies Bergères. La capitale française en cette année 1943 est aux mains de l'occupant allemand. Les nazis veulent engager Django Reinhardt pour des concerts à Berlin, auxquels assisteraient des hauts dignitaires du régime. A condition de respecter quelques règles. Au début, inconscient du danger de l'invitation, Django semble être partant. Plus tard, devant l'insistance des organisateurs, il préfère prendre la fuite à Thohon-les-Bains. La Suisse, indépendante, lui est promise.

Un musicien gitan invité par un régime qui persécute sa communauté: le film «Django» d'Etienne Comar s'attèle à démanteler ce fatidique imbroglio. D'une part, des officiers allemands, tout aussi détestables que dangereux, et d'autre part, un musicien et toute une communauté démunie.


Photo: Roger Arpajou

Le soin du détail

Au lieu de tomber dans une caricature simpliste de la situation, le film se penche sur une caractérisation précise de ses protagonistes. Le réalisme, le soin du détail sont quasiment obsessionnels. Même le jeux de mains du guitariste, grâce à une habile doublure, est juste – contrairement aux scènes durant lesquelles Django, assis à l'orgue compose son futur «Requiem pour les frères tsiganes».

Dans le rôle de Django, Reda Kateb, acteur déjà remarqué dans «Un prophète» de Jacques Audiard, crève l'écran avec son personnage. Musicien de génie, mari et père de famille, amant, résistant, mais aussi homme de toutes les révoltes, les images de Django sont multiples. Reda Kateb réussit à donner à chacune d'entre elles la nécessaire profondeur.

Entre solitude et révolte, entre certitude et questionnement, l'acteur vit à fond son personnage. Cette interprétation emphatique est encore subjuguée par deux choix du réalisateur. En marge de la musique omniprésente, Etienne Comar s'autorise de longues périodes de silence. Pour mieux insister sur le tragique de la situation?

Photo: Roger Arpajou

Un choix assumé

Vient ensuite le choix des images. Une lumière tamisée – de nombreuses scènes se déroulent dans la pénombre – est une constante assumée, les couleurs criardes sont proscrites, les cadrages et plans collent à l'histoire. Pour un premier long métrage, Etienne Comar met indéniablement à profit son expérience de metteur en scène.

Alors que tous les ingrédients se trouvent réunis pour un grand film, «Django» ne peut se défaire d'un scénario trop prévisible, manquant à certains moments de rythme et d'entrain.

Autre regret: limiter dans le temps cette biographie de Django Reinhardt à cette seule période – aussi dramatique soit-elle – peut s'expliquer par la recherche d'une cohérence sémantique en vue d'éviter un éparpillement de faits et rappels historiques. Faire l'impasse sur l'importance historique du musicien – hormis quelques traces du Hot Club de France, de Stéphane Grappelli, Clark Gable et autres icônes musicales de l'époque – pose problème. Au même titre que l'arrivée de la maîtresse Louise (Cécile de France). Un personnage fictif qui finira par s'imposer sans pour autant défendre la cause première du film.