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Critique ciné de la semaine: Terreur ordinaire
Face aux djihadistes, c'est la résignation.

Critique ciné de la semaine: Terreur ordinaire

(Photo: Les Films De Worso)
Face aux djihadistes, c'est la résignation.
Kultur 1 2 Min. 20.12.2014

Critique ciné de la semaine: Terreur ordinaire

Pas un jour ne passe sans que les terroristes islamiques ne fassent parler d'eux, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe, en Afrique, au Moyen- ou en Extrême-Orient. Attentats suicides, exécution d'otages, enlèvement de jeunes filles et dernièrement assassinat d'enfants au Pakistan: l'horreur semble sans limite. Un phénomène qui depuis 2001 et la chute des tours du Wall Trade Center a massivement investi le grand écran et même le petit avec des séries télévisées comme «24».

Par Marie-Laure Rolland

Pas un jour ne passe sans que les terroristes islamiques ne fassent parler d'eux, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe, en Afrique, au Moyen- ou en Extrême-Orient. Attentats suicides, exécution d'otages, enlèvement de jeunes filles et dernièrement assassinat d'enfants au Pakistan: l'horreur semble sans limite. Un phénomène qui depuis 2001 et la chute des tours du Wall Trade Center a massivement investi le grand écran et même le petit avec des séries télévisées comme «24».

Cela fait deux ans que Tombouctou est libérée de l'emprise des djihadistes. Dans son dernier long métrage, le réalisateur malien Abderrahmane Sissako revient sur l'épisode tragique vécu par cette ville entre avril 2012 et janvier 2013. L'auteur de «Bamako» en 2006 signe là son quatrième long métrage. Celui-ci se veut un cri d'alarme contre la barbarie islamiste en Afrique.

Un drame au Mali

Le réalisateur s'est inspiré d'un drame qui s'est déroulé au nord du Mali le 29 juillet 2012 dans l'indifférence quasi totale des médias. Un homme et une femme, parents de deux enfants, ont été lapidés dans des circonstances atroces par des islamistes, cela du simple fait qu'ils n'étaient pas mariés.

Le film raconte l'arrivée d'un groupe de ces guerriers venus de pays arabes dans la région de Tombouctou. C'est là que vit Kidane (Ibrahim Ahmed dit Pino), un berger nomade marié et père d'une petite fille. Son campement est installé dans les dunes et il ne veut rien avoir à faire avec les extrémistes qui sévissent en ville. Une altercation avec son voisin qui a tué l'une de ses vaches va pourtant le ramener sur leur route.

Fatalisme

Autour de ce fait divers, Abderrahmane Sissako brosse le tableau de la prise de pouvoir des islamistes sur une communauté jusque là paisible. Ce qui frappe, c'est le fatalisme avec lequel les habitants vivent la situation et le côté dérisoire de ces soldats du djihad africains. Ceux-ci font un peu figure de soldats d'opérette face à leurs supérieurs arabes avec lesquels ils ont du mal à communiquer – prétexte à des scènes assez cocasses.

Pas de cris ni de bruits de bottes. Très peu de larmes aussi dans ce pays trop sec pour que l'on gaspille cette eau-là. La résistance aux interdits – de chanter, de danser, de fumer, de montrer ses cheveux, de jouer au foot – est plus subtile et vaut quelques moments d'anthologie dans le film, comme la partie de foot organisée sans ballon par les jeunes du village. Le film montre aussi comment la parole d'un islam modéré et tolérant échoue à se faire entendre face à la toute-puissance des armes.

Le propos de Sissako est touchant. Le film souffre néanmoins d'un scénario un peu trop décousu qui peut dérouter.


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