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Critique Ciné de la Semaine: «Les copains d'abord»
Kultur 1 2 Min. 25.08.2018 Aus unserem online-Archiv

Critique Ciné de la Semaine: «Les copains d'abord»

Roland Giraud, Pierre Richard et Eddy Mitchell réunis pour le meilleur 
et le pire.

Critique Ciné de la Semaine: «Les copains d'abord»

Roland Giraud, Pierre Richard et Eddy Mitchell réunis pour le meilleur 
et le pire.
Photo: Radar Films
Kultur 1 2 Min. 25.08.2018 Aus unserem online-Archiv

Critique Ciné de la Semaine: «Les copains d'abord»

Thierry HICK
Thierry HICK
Ils ont tous les trois un âge certain, se connaissent depuis des lustres, s'apprécient et se disputent à tour de bras. Et ont un point commun: vivre et narguer l'inéluctable destin qui leur pend au nez.

Antoine est effondré: son épouse Lucette est morte. Pierrot, Mimille, ses amis de – très – longue date, viennent l'épauler, malgré les années, l'amitié, elle, n'a pas pris une ride. La mort, loin d'être une fatalité, devient une raison de continuer à vivre pour ce trio infernal. Jusqu'au moment, où le passé refait cruellement surface. Antoine, blessé dans son âme la plus profonde et fusil à la main, veut se venger, ses potes tentent de l'empêcher par tous les moyens.

Le réalisateur Christophe Duthuron ne lésine pas sur les moyens. Pour son premier long métrage, il s'offre le luxe de faire cohabiter trois monstres sacrés: Pierre Richard, l'aîné, et ses deux «jeunes» complices Eddy Mitchell et Roland Giraud. Avec ses 236 ans cumulés au compteur, le trio d'amis n'a nullement l'intention de se reposer sur ses lauriers. Bien au contraire.

Trois vieilles canailles

Pierre Richard, du haut de ses 84 balais, n'a rien perdu de sa fougue – ses gestes, ses paroles, ses gaffes sont toujours aussi légendaires. Eddy Mitchell, tout en retenue, Roland Giraud, à la superbe conservée, lui donnent la réplique. Au trio de vieilles canailles vient se greffer un personnage tout de jeunesse et de fraîcheur: Alice Pol donne à son personnage de Sophie – la petite-fille d'Antoine enceinte jusqu'au cou – le contrepoids nécessaire aux aînés.

Les trois acteurs ont dû se soumettre à quelques menues transformations physiques pour coller à l'esprit de la bande dessinées du même nom qui a servi de base à cette comédie. Histoire de renforcer quelque peu la personnalité des trois protagonistes.

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Même si l'esprit BD est conservé, cette comédie se distingue par une approche assez libre du sujet. Les décors sont fournis jusque dans les moindres détails, les situations sont drôles, les dialogues et les répliques bien trempés.

L'acte de vengeance programmée d'Antoine se transforme en road-movie: délaissant leur Tarn natal pour la Toscane, les trois papis franchouillards ne sont pas à l'abri de surprises. Le passé, avec toutes ses zones d'ombres, plus ou moins maîtrisées, s'invite avec malice. Syndicalistes et ouvriers dans une première vie, Antoine, Mimille et surtout Pierrot campent sur leurs positions d'antan. Même si un demi-siècle plus tard des amours trompées refont brutalement surface, la lutte des classes et le cœur trompé d'antan n'arriveront pas à déchirer cette amitié pourtant soumise à rude épreuve.

Alors que «Les vieux fourneaux» débute sur le ton de la dérision et du refus d'accepter la vieillesse, les propos s'accélèrent rapidement... avant de perdre peu à peu de leur souffle. Malgré quelques interférences techniques rappelant le passé, le scénario se perd par endroits en platitudes et longueurs. Une baisse de régime rapidement contrecarrée par l'énergie contagieuse de Pierre Richard, Eddy Mitchell et Roland Giraud, qui à eux seuls suffisent à sauver les meubles d'une comédie qui, malgré la gravité des faits, est un bel hymne à la vie.