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Critique ciné de la semaine: L'enquête: L'affaire Clearstream sur grand écran
Kultur 1 3 Min. 10.02.2015

Critique ciné de la semaine: L'enquête: L'affaire Clearstream sur grand écran

Marc Olinger (Ernest Backes) et Gilles Lellouche (Denis Robert) dans "L'enquête" de Vincent Garenq.

Critique ciné de la semaine: L'enquête: L'affaire Clearstream sur grand écran

Marc Olinger (Ernest Backes) et Gilles Lellouche (Denis Robert) dans "L'enquête" de Vincent Garenq.
Photo: Fabrizio Maltese
Kultur 1 3 Min. 10.02.2015

Critique ciné de la semaine: L'enquête: L'affaire Clearstream sur grand écran

Le film du réalisateur français Vincent Garenq revient sur une affaire qui a ébranlé la place financière de Luxembourg dans les années 2000. Nous l'avons vu en avant-première.

Par Marie-Laure Rolland

Après l'enquête impossible, le film impossible? Il fallait une bonne dose d'audace au réalisateur français Vincent Garenq pour imaginer un film sur l'affaire Clearstream. Un nom familier dans les milieux financiers – en particulier au Luxembourg – et qui résonne peut-être encore aux oreilles de ceux qui, en France, se rappellent de cette affaire rocambolesque par laquelle Dominique de Villepin espérait en 2004 éliminer son rival Nicolas Sarkozy. Mais pour le commun des mortels, Clearstream ne signifie rien. Qui plus est, résumer en 1h45 un scandale né en 2001 au Luxembourg, qui a donné naissance à une autre affaire en France en 2004, et dont les procédures judiciaires se sont poursuivies jusqu'en 2011, relève de la gageure. Eh bien force est de constater que Vincent Garenq a su relever le défi. Et cela, il faut le noter, le soutien du Filmfund Luxembourg (à hauteur de deux millions d'euros) puisque le film a été coproduit par Samsa et tourné en partie dans le pays.

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Engrenage incontrôlable

Après son très remarqué «Présumé coupable» en 2011 sur l'affaire d'Outreau (plusieurs personnes avaient été accusées à tort de pédophilie), Vincent Garenq s'intéresse dans «L'Enquête» à la figure de Denis Robert, cet écrivain à l'origine de l'affaire Clearstream. Un journaliste qui, pour avoir mis le doigt là où il ne fallait pas, va se retrouver plongé jusqu'au cou dans une affaire incontrôlable dont il n'aurait pas imaginé les répercussions à la fois humaines et financières pour lui. A travers ce portrait, c'est l'opacité de la finance mondiale qui est pointée du doigt, de même que la puissance des intérêts économiques ou politiques en jeu en arrière plan.

Le film démarre sur un gros plan de Denis Robert (un Gilles Lellouche qui n'hésite pas à montrer les travers de son personnage) dans son bureau. On frappe à la porte. C'est la police française qui vient faire une nouvelle perquisition à son domicile. Le journaliste se lève, laisse entrer les policiers et sort dans son jardin. Il perd connaissance. En voit off, on l'entend dire: «Si j'avais su qu'en me lançant dans cette enquête j'allais me mettre dans une telle merde (...) franchement je crois que je n'y serais pas allé». Le niveau de pression de ce qui va suivre est clairement affiché.

Un flashback rappelle comment tout a commencé. Denis Robert claque la porte de Libération après une énième engueulade avec son patron Serge July qu'il accuse d'édulcorer ses papiers sur la corruption des milieux politico-financiers – le film montre au demeurant comment Denis Robert fait quasiment l'unanimité contre lui dans la presse française lors de la parution de ses livres, se mettant à dos aussi bien Le Monde que Charlie Hebdo.

Il travaille désormais comme écrivain indépendant et est contacté par un ancien employé licencié de Clearstream – qui s'appelait alors Cedel International –, Ernest Backes (interprété par Marc Olinger, décédé au mois de janvier). C'est ainsi qu'il découvre l'existence de cette chambre de compensation internationale – qui avait pourtant pignon sur rue à Luxembourg – et de comptes non officiels susceptibles de servir de lessiveuses d'argent sale.

Christian Kmiotek (Régis Hempel) et Gilles Lellouche (Denis Robert) dans "L'enquête" de Vincent Garenq.
Christian Kmiotek (Régis Hempel) et Gilles Lellouche (Denis Robert) dans "L'enquête" de Vincent Garenq.
Photo: Fabrizio Maltese

Le tournage dans le pays et l'intervention d'acteurs luxembourgeois contribuent à la crédibilité d'un scénario que le spectateur néophyte aura parfois du mal à suivre. Les dialogues entre Denis Robert et ses nombreux interlocuteurs sont entrecoupés de flashbacks explicatifs qui nous entraînent de Luxembourg à Paris avec des crochets par Taiwan. D'autres personnages entrent en ligne de compte dans ce scénario à plusieurs entrées: le juge van Ruymbeke (Charles Berling, parfait dans le rôle de ce magistrat anticorruption) mais aussi le financier Imad Lahoud (Laurent Capelluto, équivoque à souhait), ou encore un autre informateur de Denis Robert, Régis Hempel (Christian Kmiotek).

Tout cela s'enchaîne à haut tempo, tant au niveau du rythme des images que des dialogues. Il n'est pas sûr que le spectateur ait tout compris à l'issue de la séance. Mais cela vaut la peine d'essayer.


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