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Critique ciné de la semaine "Call me by your name": Une belle leçon de vie et de tolérance
Kultur 1 3 Min. 17.02.2018 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné de la semaine "Call me by your name": Une belle leçon de vie et de tolérance

La vie d'Elio (Timothée Chamalet) entre ennui et doutes...

Critique ciné de la semaine "Call me by your name": Une belle leçon de vie et de tolérance

La vie d'Elio (Timothée Chamalet) entre ennui et doutes...
PHOTO: SUNDANCE INSTITUTE
Kultur 1 3 Min. 17.02.2018 Aus unserem online-Archiv

Critique ciné de la semaine "Call me by your name": Une belle leçon de vie et de tolérance

Thierry HICK
Thierry HICK
Un ado déboussolé par la vie rencontre l'inconnu providentiel. «Call Me By Your Name» livre un regard juste, tolérant sur certaines questions de société qui aujourd'hui encore dérangent.

Quelque part en Italie dans les années 80: à l'heure de Bettino Craxi, du walkman, de la musique disco et de la Fiat Panda, la famille Perlman passe ses vacances d'été aussi paisibles qu'ennuyeuses. Du moins pour l'ado Elio. Le père, archéologue de renom, accueille chez lui et durant l'été régulièrement des étudiants. Cette année-là c'est l'Américain Oliver qui débarque dans ce cocon familial bien soudé.

Entre les discussions autour du sens étymologique du mot abricot, les pensées du philosophe Heidegger et la découverte de statues gréco-romaines, la vie d'Elio laisse beaucoup de portes ouvertes. L'adolescent est en perte de repères. Est-ce pour cette raison qu'il va peu à peu s'attacher à Oliver? Cette attirance va devenir sentimentale, sensuelle et sexuelle. Pubertaire, déboussolé par la vie, Elio se cherche, se tâte, doute et se pose beaucoup de questions. Oliver, le beau et séduisant intrus, l'intrigue et le fascine. Au-delà des quelques flirts et relations avec la jeune et belle Marzia, l'adolescent se laisse tenter par une aventure qu'il croit interdite.

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Le film «Call Me By Your Name» – une adaptation du roman éponyme d'André Aciman – est le dernier volet d'une trilogie réalisée par Luca Guadagnino sur le thème du désir.

Une notion de désir qui ici prend l'allure d'un progressif cheminement. Celui d'un jeune pubertaire attiré par un monde d'adultes qui lui est inconnu.

La caméra de Luca Guadagnino est témoin de cette lente progression. Sans juger, elle observe – longuement et souvent dans le plus grand silence. Là où les paroles perdent de leurs sens, un geste, un regard est plus parlant, explicite.

Un rythme volontairement lent

La campagne italienne avec ses habitants et ses rites, elle aussi observe tout en offrant un cadre idéal à l'histoire. Une grande partie du film a pour cadre la somptueuse maison où toute la famille s'est retirée. Entre repas d'été et baignades dans la rivière toute proche, les images sont poétiques, bucoliques et contemplatives.

Luca Guadagnino se prend beaucoup de temps pour planter le décor et décrire ses personnages. Le rythme est lent – voire très lent – comme pour permettre au spectateur de se plonger dans ce huis clos familial.

Le scénario brut et sans faille – qui pourrait tenir sur un seul feuillet – n'est pas l'unique moteur de ce drame qu'il serait bien trop réducteur de qualifier de «romance érotique».

«Call Me By Your Name» est justement porté par la psychologie des personnages principaux. Armie Hammer (Oliver) et surtout Timothée Chamalet (Elio) sont excellents dans leurs rôles respectifs. Leurs personnages sont vrais, raffinés, mais sans exagération. Et très convaincants, surtout dans les scènes d'intimité partagées pour lesquelles le réalisateur parle un langage sans ombrage, d'une vérité à fleur de peau.

La couleur des images est encore renforcée par un constant jeu d'ombres – du petit matin à la nuit –, les ambiances, les chaleurs estivales changent.

Religions et tabous

Au-delà de la narration, le film se distingue aussi par un autre point fort – et non des moindres. Faire accepter sa différence – aussi sexuelle – par une famille aisée de juifs «discrets» – les Perlman se qualifient ainsi – est une réussite. La religion, les non-dits, les tabous ou les clichés ne sont pas d'actualité.

«Call Me By Your Name» se termine par un poignant plaidoyer d'un père qu'on aurait craint beaucoup plus ringard. L'homme de savoir trouve les vraies et bonnes paroles pour son fils, toujours aussi perdu dans la vie. Surtout après ce qu'il vient de vivre. Ce traumatisme se transformera en bel espoir. Le sourire final d'Elio lève le doute. Une belle leçon de vie et de tolérance, qui aujourd'hui encore devrait être d'actualité.