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Critique ciné de la semaine: A coups de crayons
Mikhaïl Zlatkovsky Caricaturistes Fantassins de la démocratie

Critique ciné de la semaine: A coups de crayons

(Photo: Jérôme Tripier-Mondacin)
Mikhaïl Zlatkovsky Caricaturistes Fantassins de la démocratie
Kultur 4 Min. 10.10.2014

Critique ciné de la semaine: A coups de crayons

Qu'en est-il de la liberté d'expression? Doit-on courber le dos face aux politiciens, militaires ou groupes de pressions? Peut-on, doit-on tout dire, tout montrer? Ces questions, certes pas nouvelles, méritent d'être posées. C'est à ce travail que s'atèle Stéphanie Valloata, réalisatrice du documentaire «Caricaturistes – Fantassins de la démocratie».

Par Thierry Hick

Qu'en est-il de la liberté d'expression? Doit-on courber le dos face aux politiciens, militaires ou groupes de pressions? Peut-on, doit-on tout dire, tout montrer? Ces questions, certes pas nouvelles, méritent d'être posées. C'est à ce travail que s'atèle Stéphanie Valloata, réalisatrice du documentaire «Caricaturistes – Fantassins de la démocratie».

Comme pour mieux prendre une certaine distance avec le sujet, la cinéaste a choisi le parti pris de faire un tour du monde de la caricature. Elle est partie à la rencontre de ceux et celles qui, parfois au péril de leurs vies, n'hésitent pas sortir leurs crayons «pour se moquer, pointer du doigt ou dénoncer», comme le signale Stéphanie Valloatto.

En France, Tunisie, Israël, Palestine, Venezuela, Etats-Unis, Algérie, Mexique, Russie, Burkina Faso, Côte d'Ivoire ou en Chine, les caricaturistes rencontrés dévoilent à coups de crayons leurs champs de bataille, leurs coups de gueule, leurs problèmes et leurs craintes...

Alors que dans un premier temps le Français Plantu s'amuse visiblement à croquer la vie politique française – «le dessin permet d'être au courant de l'actualité avant tout le monde», note le dessinateur attitré du journal «Le Monde» –, le documentaire prend rapidement – et heureusement – son envol vers d'autres pays et d'autres sociétés. Le Russe Mikhaïl Zlatkovsky a vévu la «Perestroïka», tandis que le Palestinien Baha Boukari et l'Israélien Michel Kichka vivent de part et d'autre du mur de l'«Intifada». C'est à New York que Jeff Danziger décortique les méandres politico-économiques de Wall Street.

Saviez-vous qu'au Vénézuela la constitution interdit aux dessinateurs de presse de représenter la tête du président? Pour y répondre, Rayma Suprani, remplace la tête d'Hugo Chavez par une banane avec une couronne royale. Inutile de dire que cette posture n'a pas été sans conséquences pour la caricaturiste du journal «El Universal».

En Afrique également, le métier de dessinateur de presse n'est pas sans risque et ni tabous. Damien Glez (Burkina Faso) et Lassane Zohoré (Côte d'Ivoire) ne partagent pas toujours le même point de vue.

Avoir peur de la peur des autres

Bon nombre de dessinateurs du documentaire sont de fins observateurs critiques de leurs sociétés respectives. Nadia Khiari a fait un autre choix: observatrice certes, la Tunisienne devient également activiste et militante dans un pays en pleine mutation.

«Il faut avoir peur de la peur des autres»: à l'image de cette mise en garde de Plantu, les propos des caricaturistes peuvent être cruels et menaçants, mais jamais dépourvus d'humour, même dans les pires situations. Même si l'on ressent une certaine révolte sous-jacente, la réalisatrice ne commente pas, ne prend pas position, elle se limite à documenter des situations diverses.

C'est ce côté pluriel de la caricature et du dessin de presse que Stéphanie Valloatta veut montrer. Même si les idées défendues et les questionnements posés ne sont pas nouveaux, le documentaire se distingue par une description précise des douze personnages. Loin des images tamisées d'usage du genre, ces «fantassins de la démocratie» sont replacés dans leurs «milieux naturels», de Paris à Pékin en passant par Tunis ou New York. La caméra de Stéphanie Valloatta devient le témoin du travail quotidien de ceux qui luttent pour une liberté de la parole souvent réprimée.

Le scénario du documentaire évite les juxtapositions d'histoires parallèles pour peu à peu tisser des liens et construire des ponts entre les différents protagonistes. Ainsi, l'on retrouve Plantu à Jérusalem aux côtés de ses collègues palestinien ou israélien.

Une amitié à l'opposée des images habituelles du conflit israélo-palestinien et qui témoigne que le travail d'un dessinateur de presse peut être rassembleur, voire fédérateur d'espérances nouvelles. Cela à l'image de «Caartoning for Peace», un 
collectif créé par Plantu qui regroupe bon nombre de dessinateurs de «Caricaturistes – Fantassins de la démocratie».


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