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Critique-ciné: Conte pour femmes pas sages
Kultur 2 3 Min. 10.07.2020 Aus unserem online-Archiv

Critique-ciné: Conte pour femmes pas sages

Rêve ou cauchemar? Maria (Chiara Mastroianni) se retrouve avec la version jeune de son mari Richard (Vincent Lacoste, en t-shirt noir) et une pléthore de feu ses amants.

Critique-ciné: Conte pour femmes pas sages

Rêve ou cauchemar? Maria (Chiara Mastroianni) se retrouve avec la version jeune de son mari Richard (Vincent Lacoste, en t-shirt noir) et une pléthore de feu ses amants.
Photo: Jean Louis Fernandez/Bidibul Productions
Kultur 2 3 Min. 10.07.2020 Aus unserem online-Archiv

Critique-ciné: Conte pour femmes pas sages

Vesna ANDONOVIC
Vesna ANDONOVIC
Christophe Honoré offre avec sa «Chambre 212» un lit tout fait à sa muse Chiara Mastroianni.

Qui cherche, trouve – parfois même plus qu’il ou plutôt elle n’espérait, voire craignait. C’est exactement ce qui arrive à Maria (Chiara Mastroianni), quadra bien dans sa peau et son mariage avec Richard (Benjamin Biolay – pour la petite histoire: anciennement M. Mastroianni), qui sur un coup de gueule de son cher et tendre trompé, quitte le domicile familial pour s’installer dans l’hôtel en face.

Mais voilà que les souvenirs qu’elle emporte avec soi se matérialisent et que son mari – en version jeune (Vincent Lacoste) – et une pléthore de ses amants y surgissent soudain et l’assiègent. Pendant ce temps en face, le cocu se retrouve confronté à son propre amour d’adolescent, la professeur de piano Irène (Camille Cottin).

Maria et Richard retrouveront-ils chacun de son côté le chemin pour un nouveau départ commun ou succomberont-ils à la tentation de cette autre vie qu’ils n’ont jamais vécue?

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Christophe Honoré offre – avec son scénario en conte de fées, des dialogues bien ficelés et une belle brochette d’acteurs – un lit tout fait à son héroïne qui d’entrée vient balayer – toute nue – d’un regard effronté l’image de la femme soumise pour la remplacer par celle de femme libérée. Mais que l’on ne s’y trompe pas, c’est bien elle qui emplit tous ces draps blancs et lisses de chaleur humaine. Quoi de plus naturel alors que le film coproduit par la société luxembourgeoise Bidibul Productions et présenté dans «Un certain regard» du Festival de Cannes 2019 lui ait valu le prix d’interprétation féminine de la dite section.

Croqueuse d’hommes

Chiara Mastroianni, tout le charme de sa mère, la grande dame Deneuve, et la désinvolture de son père, l’inimitable Marcello, a su à force de talent et de travail se forger sa propre identité à l’écran.

Et dans cette «Chambre 212» elle pétille de cette insolence libertine que l’on admire dans un homme, mais que bon nombre voient d’un mauvais œil du côté du sexe dit faible. Mangeuse d’hommes – sa palette d’amants en ferait pâlir plus d’un(e) – croquant la vie et ses plaisirs à pleines dents, cette Maria est une femme libérée comme la chante Cookie Dingler et qui dans sa force révèle sa fragilité.

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A l’image de son actrice principale, Honoré jongle joyeusement avec les extrêmes et se moque de leurs incompatibilités. Entre ironie et tristesse, ton léger et sujet grave, il nous livre un film drôle et amusant dans lequel élégance rime avec justesse. Un film aussi qui pour en apprécier pleinement les fines nuances requiert un certain vécu voire une expérience en déceptions sentimentales.

Le climat de complicité qu’instaure le réalisateur avec sa muse Mastroianni, depuis «Les Chansons d’amour» en 2007, et Lacoste, dirigé en 2019 dans «Plaire, aimer et courir vite», leur permet de prendre leur envol dans une désinvolture libératrice que Biolay vient enrichir de son charisme posé à la Bardem. Le spectateur a plaisir à suivre leurs ébats dans une mise en espace genre maison de poupée.

Au final, il faut apprécier ce petit bijou de jeu d’acteurs pour ce qu’il est: un conte de fées gentillet (et n’y voyez point de dénigrement!). On dirait bien que par les temps – et virus – qui courent, elle tombe à pic cette «Chambre 212». Tel un improbable voyage dans le temps, elle nous promet de passer un moment d’insouciance, qui pourrait même venir à germer en une remise en question propre et sans nul doute salutaire. N’est-ce pas là toute la magie du cinéma?

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