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Critique ciné: Avant que les poudrières n'explosent
Kultur 1 3 Min. 23.11.2019

Critique ciné: Avant que les poudrières n'explosent

La cité des Bosquets de Montfermeil a servi de décor naturel pour cette plongée dans les banlieues.

Critique ciné: Avant que les poudrières n'explosent

La cité des Bosquets de Montfermeil a servi de décor naturel pour cette plongée dans les banlieues.
Photo: Wild Bunch
Kultur 1 3 Min. 23.11.2019

Critique ciné: Avant que les poudrières n'explosent

Thierry HICK
Thierry HICK
«Les misérables», portrait sans concession d'une banlieue française, marque les esprits de Montfermeil à Cannes

Le 93, département de Seine-Saint-Denis, la ville de Montfermeil et ses cités: un trio que plus personne ne voit ou ne veut plus voir. Ici comme ailleurs, les barres d'immeubles sont le terrain d'un quotidien bien peu reluisant et d'une vie qui semble perdue d'avance.

Du moins pour ceux qui y crèchent. Parmi eux, le Malien Ladj Ly, qui a grandi dans la cité des Bosquets de Montfermeil – il y habite encore – et qui dès l'adolescence s'est armé d'une caméra pour ausculter et documenter la vie dans sa ville avec «Les misérables», Prix du Jury cette année à Cannes. Ce premier long-métrage est non seulement la suite logique d'un court-métrage éponyme sur le même sujet, mais aussi la promesse de Ladj Ly de poursuivre son travail sur un monde qu'il connaît bien.

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Zones inconnues

Le film déverse sur la place publique une situation d'urgence qui a tout moment risque de s'embraser. A chaque incident, les médias, s'aventurent dans ces zones inconnues pour témoigner à chaud, mais rarement posent un regard plus profond. Lorsque Ladj Ly parle de banlieue, de sa cité, ses propos sonnent juste, atteignent leur but et frappent au bon endroit – comme le fatal coup de flashball du policier Gwada.

Ladj Ly met en garde avant que les poudrières n'explosent, n'en fait pas pour autant la morale, ne défend en rien une cause ou une vérité. Et surtout n'oppose pas deux groupes, les bons contre les mauvais. Flics ou jeunes paumés des cités sont tous logés à la même enseigne.

«Les misérables» c'est tout d'abord une longue chronique de la vie dans les quartiers, avec ses règles, ses peurs, ses combines, mais aussi avec des liens familiaux très forts.

Frères musulmans, microbes, gitans et flics

Les Frères musulmans, les gitans, les microbes – les gosses –, les lycéennes, les «Bacqueux» – les policiers de la Brigade anti-criminalité – vivent tous côte à côte dans un équilibre précaire. Ladj Ly suit tout ce beau monde au plus près, se focalise en partie sur le trio de flics et plus particulièrement sur Stéphane, jeune policier fraîchement débarqué de province et qui découvre un monde nouveau, qui le répugne. Son humanisme de bon aloi prendra lui aussi des coups. Ce personnage, sorte de caution morale dans un monde qui n'en a plus beaucoup, accroche tout particulièrement le regard du spectateur, paumé et dépassé par la situation. Le réalisateur, tout particulièrement dans la caractérisation de ce flic encore bleu, concentre ses propos sur une mise en situation réelle...

Photo: Wild Bunch

La République, avec son ordre et sa morale à défendre, se frotte à une tout autre réalité. Loin des belles paroles de tous bords, Ladj Ly détourne les clichés il ne parle ni de rap, ni de drogues, et refuse les images convenues et préfère faire parler son arme fatale: sa caméra. Et pour son premier long-métrage, celui qui a appris son métier en partie dans la rue, sonne vrai, ses idées percutent. Les images, lourdes de sens, sont à certains moments même belles, poétiques. Et témoignent de toute l'affection que semble encore aujourd'hui porter Ladj Ly aux quartiers de son enfance...

Faits réels et tragiques

Tourné dans des conditions difficiles, «Les misérables» se base sur des faits réels et tragiques. L'euphorie de la Coupe du monde 2018 évoquée, la chronique ne prend que progressivement son rythme, son élan une fois les présentations des personnages faites. L'accélération des événements – banals et simples accidents du quotidien – va rapidement prendre des proportions inquiétantes.

La très mouvementée, poignante et révoltante scène finale n'est pas une conclusion – l'issue finale reste ouverte –, mais bien davantage un dernier coup de poing. Histoire une dernière fois de pousser les protagonistes dans leurs rôles et derniers retranchements. Le tout sous le regard aiguisé du témoin Ladj Ly, qui fait prendre conscience d'une situation que tout le monde accepte avec fatalisme ou... fanatisme. 


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