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Critique ciné: «Annus horribilis»
Kultur 1 3 Min. 09.01.2021

Critique ciné: «Annus horribilis»

 Même la Queen (Tracey Ullman) n'en croit pas ses yeux.

Critique ciné: «Annus horribilis»

Même la Queen (Tracey Ullman) n'en croit pas ses yeux.
Photo: Netflix
Kultur 1 3 Min. 09.01.2021

Critique ciné: «Annus horribilis»

Thierry HICK
Thierry HICK
«Dead to 2020»: un autre regard sur une actualité mouvementée.

George Floyd, Donald Trump, le Brexit et la Covid 19 ont tous un point commun: ils ont marqué d’une croix brûlée une année que finalement personne ne regrettera et que tout le monde espère envoyer aux oubliettes au plus vite. 2020, une «annus horribilis» qui mérite amplement son nom est aussi le sujet du documentaire «Dead to 2020» («Mort à 2020») signé Al Campbell et Alice Mathias, écrit par Charlie Brooker, est disponible sur Netflix depuis peu et qui se classe cette semaine au Luxembourg dans le Top 10 de la plate-forme – en attendant la réouverture progressive et prudente des salles de cinéma.

Les réalisateurs dans «Dead to 2020» s’en donnent visiblement à cœur joie. Les sujets qui ont fait l’actualité tout au long des derniers mois sont graves, troublants, mais ouvrent cependant la porte à un regard autre et décalé. Il ne s’agit pas de renier des faits et gestes de ceux qui gouvernent, mais de les éclairer différemment. Tel est le point de départ de ce «mockumentary» où toutes ressemblances avec des personnes bien réelles est non seulement voulue mais essentielle.

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Acteurs connus ou peu connus

Samuel L. Jackson est reporter des New Yorker News, Hugh Grant un professeur d’histoire, Tracy Ullman se glisse dans la peu de la Reine Eilzabeth II.: les bonnes vieilles règles du documentaire qui consistent à faire parler d’éminents spécialistes ne sont plus en vigueur. Ces rôles sont repris par une poignée d’acteurs, connus ou méconnus, qui chacun donne à leur personnage corps et âme. Une porte-parole officieuse de la Maison Blanche peu portée par la vérité, une mère de famille un brin raciste, une citoyenne moyenne sans réelle ambition, un scientifique heureux de son job, une psychothérapeute certaine de sa science... tous passent en revue l’année 2020.

Les images, déjà d’archives, sont quant à elles bien réelles, les commentaires par contre sont régulièrement farfelus, déjantés et hors cadre. Les règles de jeu de l’interview sont biseautées par des injonctions inattendues et teintées d’un humour sournois et de bon aloi.

Trump-Biden: un duel de pigeons

«Kamala Harris est semblable à Trump: elle est une personne de couleur à atteindre les plus hautes sphères de l’Etat», «le débat entre Trump et Biden est comparable à une battle rap dans une maison de retraite mené par un duel de pigeons»: deux exemples choisis pour montrer qu’ici, les franches rigolades, les vannes faciles chères aux talk-shows américains ne sont pas à leur place. Les pointes sont moins «tarte à la crème», plus fines et plus pointues. Les interviewés-acteurs jouent à fond le jeu.

Alors que 2020 commençait dans la joie et l’allégresse habituelles, les choses se gâtent rapidement et dérapent. La suite est hélas connue.

Les sujets abordés dans «Dead to 2020» se concentrent sur l’actualité américaine et britannique. L’affaire George Floyd et l’élection du futur président aliment les débats. Tourné fin novembre 2020 à Londres et Los Angeles en seulement dix jours, le documentaire n’a pas eu l’occasion de suivre longtemps les faits et gestes du président déchu. Dommage, car les tout récents événements du Capitol de Washington n’auraient pas manqué d’intérêt.

Les chapitres consacrés au Brexit mettent en scène un Boris Johnson déterminé et une Queen désabusée par les événements. Quant à la Covid 19,«Dead 2020» n’apporte pas de connaissances nouvelles – ce n’est pas son but – mais autorise quelques pensées métaphoriques.

Charlie Brooker ne dévoile pas de nouvelles vérités. Et pourtant, ses propos sont une bouffée d’oxygène bienvenue en cette période anxiogène. Espérons que 2021 ne lui donne pas matière à refaire le même exercice d’ici peu. 

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