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Création de «Ofgeschminkt» ce soir au Mierscher Kulturhaus: Les confessions de Marc Olinger
Kultur 5 Min. 22.10.2014

Création de «Ofgeschminkt» ce soir au Mierscher Kulturhaus: Les confessions de Marc Olinger

Marc Olinger

Création de «Ofgeschminkt» ce soir au Mierscher Kulturhaus: Les confessions de Marc Olinger

Marc Olinger
Photo: Guy Wolff
Kultur 5 Min. 22.10.2014

Création de «Ofgeschminkt» ce soir au Mierscher Kulturhaus: Les confessions de Marc Olinger

Après trois années de traversée du désert, l'ancien directeur du Théâtre des Capucins, Marc Olinger, revient sur les planches avec une pièce écrite sur mesure. Nous avons pu le rencontrer avant la première ce soir au Miercher Kulturhaus.

Les affaires reprennent pour Marc Olinger. Pas aussi vite qu'il l'aurait souhaité, mais la page blanche qui s'était ouverte devant lui depuis son départ du Théâtre des Capucins, en janvier 2011, est en train de se tourner. Oublié le double-pontage coronarien qu'il a subi durant l'été 2013. Digérée (enfin presque) la soudaine indifférence des collègues. On l'a vu au printemps dernier dans une pièce de Raoul Biltgen, «De Wollef kënnt heem». Mais c'est surtout avec «Ofgeschminkt» qu'il revient sur le devant de la scène. Un projet qu'il a lui-même initié en 2012.

«Pendant une longue période, je n'ai quasiment pas eu de propositions de rôles. C'est ce qui m'a poussé à contacter Jemp Schuster pour lui proposer d'écrire quelque chose pour moi. Ce qu'il a accepté avec enthousiasme». Pourquoi lui? «C'est une personne que j'apprécie car il est profondément gentil, même s'il peut être acerbe. Son écriture est piquante mais il sait faire preuve d'une grande sensibilité. Il maîtrise l'art de la mise à distance vis-à-vis de notre société». L'écrivain a eu carte blanche, étant entendu qu'il ne s'agirait pas d'une pièce de cabaret, genre qui a fait sa réputation.

Une «grande gueule»

C'est au cours de l'été dernier que Marc Olinger a commencé à travailler sur le texte. Il interprète un vieil acteur qui se prépare dans sa loge avant la dernière représentation de sa carrière. Il tire pour lui-même le bilan de sa vie privée et professionnelle. Un auto-portrait? «Je ne dirais pas que ce portrait est autobiographique. Il s'inspire de ma carrière mais on y trouve également l'expérience de Jemp Schuster. Au fond, c'est un regard croisé de notre vie dans le milieu du théâtre au Luxembourg, à travers le prisme d'une grande gueule qui aime râler».

En 90 minutes, bon nombre de sujets sont évoqués: les relations avec le public, les bons et les mauvais souvenirs, la différence entre le métier d'acteur au théâtre et au cinéma, l'évolution de la scène théâtrale. Autant de thèmes sur lesquels Marc Olinger a lui aussi eu le temps de méditer. «Ce qui me frappe lorsque j'observe l'évolution de la scène théâtrale luxembourgeoise, c'est sa professionnalisation. A mes débuts, nous devions nous débrouiller avec des bouts de ficelle».

"Ofgeschminkt", une pièce de Jemp Schuster.
"Ofgeschminkt", une pièce de Jemp Schuster.
Photo: Christophe Olinger

Lorsqu'on l'interroge sur les origines de sa passion pour les planches, Marc Olinger évoque son professeur de diction au Conservatoire de Luxembourg, Eugène Heinen (1914-2006), fondateur du Lëtzebuerger Theater après la guerre. «Après quatre années de cours avec lui, j'étais convaincu que je devais devenir acteur. Restait à convaincre mes parents, ce qui n'était pas gagné d'avance.»

C'est en 1973 que Marc Olinger participe à l'aventure de la création du Théâtre Ouvert de Luxembourg avec son épouse Claudine Pelletier. Il arrive de Paris où il a mené à bien des études de littérature et de philosophie à la Sorbonne («les examens se faisaient à l'époque au Luxembourg, les examinateurs n'étaient pas très regardants») tout en suivant les cours Simon pour apprendre le métier d'acteur. Les débuts du TOL, c'est l'époque de la débrouille. Une situation qui change lorsqu'est créé le Théâtre des Capucins en 1985. L'acteur peut quitter son métier de professeur et commencer un métier convenable aux yeux de sa famille: il devient le premier directeur de l'institution. «Ce qui était formidable, c'est que l'on a pu construire quelque chose de totalement nouveau.»

«Je ne suis pas très expansif»

Pendant 26 ans, l'artiste va porter la double casquette de directeur et d'acteur. Il garde une nostalgie particulière de certains grands rôles qu'il a joués, comme le Bourgeois gentilhomme dans la création de l'Opéra de Liège et du Grand Théâtre en 2007, ou encore le Sganarelle du Dom Juan de Molière. Mais il ne regrette pas non plus les petits rôles où il a fait des apparitions, en particulier lors de pièces dont il soutenait la création aux Capucins. «J'ai toujours été reconnaissant pour les rôles que l'on m'a offert. Comme l'on sait, ,il n'y a pas de petits rôles, il n'y a que de petits acteurs‘». Les salauds comme les gentils, les hommes brillants comme les benêts, il veut bien faire son miel de tout ce qu'on lui propose s'il ressent une certaine empathie avec le personnage. «Isidore Lechat, le personnage d'Octave Mirbeau dans ,Les affaires sont les affaires‘, est un personnage impossible. Mais j'ai eu un plaisir jouissif à le jouer. Je ne l'excuse pas mais je peux le comprendre.»

Aussi a-t-il rarement refusé des rôles dans sa vie professionnelle. «Cela m'est arrivé une fois pour une pièce en allemand. C'est une langue dans laquelle je ne me sens tout simplement pas à l'aise. Je ne suis pas en mesure de défendre un personnage qui s'exprime avec.»

Et la suite? «J'irai jusqu'au moment où cela n'ira plus», lâche-t-il. Et d'ajouter en tapant du doigt contre la tête: «pour l'instant tout fonctionne bien».

Marie-Laure Rolland

«Ofgeschminkt», les 22, 23 et 24 octobre à 20h00 au Mierscher Kulturhaus. Tarif: 19 euros (réduit: 9 euros; kulturpass: 1,5 euros). Réservation: www.luxembourg-ticket.lu


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