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Coup de jeune pour Koekkoek
La restauration du tableau de Barend Cornelis Koekkoek est finie. Le peintre était connu comme «le prince de la peinture de paysage».

Coup de jeune pour Koekkoek

Photo: Pierre Matgé
La restauration du tableau de Barend Cornelis Koekkoek est finie. Le peintre était connu comme «le prince de la peinture de paysage».
Kultur 4 Min. 28.02.2019

Coup de jeune pour Koekkoek

Camille KAUFFMANN
Camille KAUFFMANN
Après un an de restauration les visiteurs peuvent se réjouir du tableau «Vue du château de Larochette» de Barend Cornelis Koekkoek. Le tableau avait été acquis en 2016 grâce à une opération inédite de crowdfunding. Plus de 110.000 euros avaient été récoltés de la part de 282 mécènes.

La toile de Koekkoek, en partie acquise grâce à une opération de crowdfunding en 2016, s'est refait une beauté. Retour sur une restauration aux multiples rebondissements.

«Le tableau n'a jamais été aussi beau. Il a retrouvé sa profondeur, son éclat, sa brillance et cette lumière qui vient du fond. Cela valait la peine de l'acheter et de le restaurer !» Après un an de restauration, Michel Polfer, le directeur du Musée national d'histoire et d'art du Luxembourg (MNHA) peut enfin se réjouir de l'acquisition du tableau de Barend Cornelis Koekkoek.

La «Vue du château de Larochette», avait été acquise en 2016 grâce à une opération inédite de crowdfunding.
La «Vue du château de Larochette», avait été acquise en 2016 grâce à une opération inédite de crowdfunding.
Photo: Pierre Matgé

Ce peintre néerlandais du 19ème siècle était connu comme «le prince de la peinture de paysage». Sur invitation du Roi et du Grand-Duc Guillaume II, il s'était rendu au Luxembourg en 1845 pour répondre à une commande de neuf tableaux. L'un d'eux, désormais exposé au MNHA, a été au centre de l'attention.

La «Vue du château de Larochette», avait été acquise en 2016 grâce à une opération inédite de crowdfunding. Plus de 110.000 euros avaient été récoltés de la part de 282 mécènes. En contrepartie, la restauration du tableau avait été rendue publique de février à août 2018. Les visiteurs curieux pouvaient admirer le travail de deux passionnées: Muriel Prieur, cheffe de service restauration du musée et Simone Habaru, restauratrice. Elles reviennent sur ce travail de restauration qui s'est révélé plus ardu que prévu.


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Le musée national d'Histoire et d'Art lance une grande opération de crowdfunding afin d'acquérir un Koekkoek de 1848 intitulé "Vue sur le château de Larochette".

«On s'est demandé si c'était un faux»

Muriel Prieur et Simone Habaru sont encore étonnées de s'être laissé berner. De prime abord, ce tableau de Koekkoek ne présentait que quelques défauts, puis elles se sont rendu compte qu'un faussaire était passé par là... Qu'a-t-il fait ? Quels matériaux a-t-il utilisés? Débute alors une véritable enquête.

Le tableau avant l'intervention.
Le tableau avant l'intervention.
Photo: Tom Lucas/MNHA

La pré-étude, ce travail en amont qui établit l'identité du tableau et son histoire, a duré six semaines et s'est montrée plus complexe que d'habitude. Il a fallu déterminer l'ampleur des dégâts; le travail du faussaire. Le langage qu'utilisent les restauratrices est digne de celui d'un détective qui parlerait d'une scène de crime. L’œuvre a été passée aux rayons X, analysée à la lumière bleue... telle une autopsie. 

Muriel Prieur et Simone Habaru ont cherché ce qu'il restait du tableau d'origine. Lorsqu'elles ont découvert qu'une couche de peinture avait été appliquée sur le tableau, elles ont cru à un faux. Leur travail n'était pas sans pression. Que faire s'il s'avère qu'il s'agit là d'un faux, alors que plus de 100.000 euros avaient été récoltés?

L’œuvre de Koekkoek en cours de dévernissage et d'élimination des surpeints.
L’œuvre de Koekkoek en cours de dévernissage et d'élimination des surpeints.
Photo:Tom Lucas/MNHA

«Il ne faut pas qu'on se trompe»

Muriel Prieur rappelle l'importance de l' «autopsie» dans le processus de restauration: «Quand on commence le travail en amont, ça n'est pas sans conséquences, il ne faut pas qu'on se trompe.» Alors que les restauratrices n'avaient repéré que deux ou trois déchirures, un examen approfondi révèle l'existence de 48 déchirures sur le tableau. 

Muriel Prieur dresse le bilan, amère: «Il a poncé le tableau avec de la laine d'acier. Le châssis (l'armature qui tend la toile ndlr) qu'il a choisi n'était pas aux bonnes dimensions, donc il a agrandi le tableau d'un centimètre. Il a mis des faux bords et retouché le revers. Il est allé extrêmement loin.» Le tableau présentait quelques imperfections. En les camouflant, le faussaire a créé d'autres problèmes. Une partie de la mission de Simone Habaru était de supprimer les traces du faussaire afin de retrouver l'état originel du tableau. Cette étape primordiale est la «dé-restauration».


Le tableau acquis grâce au public sera rénové... en public
Avec "Kuck de Koekkoek", le Musée national d'histoire et d'art de Luxembourg, se lance dans une opération inédite. Il va permettre aux visiteurs de suivre la restauration de ce fameux tableau, acheté grâce à une opération de crowdfunding.

«Nous étions fascinées par son travail»

Le faussaire est une figure centrale de cette aventure. Il aurait travaillé sur «la vue de Larochette» à partir des années 1970, date de création des produits utilisés. Il court peut-être encore! Sa personne est intrigante, son travail – de faussaire – remarquable. Simone Habaru l'avoue, «ce qu'il a fait est condamnable, mais nous étions en admiration devant sa technique.» 

Et en effet, il a réussi à tromper deux restauratrices. Par chance, les techniques modernes en matière de pré-étude et de restauration l'ont remporté sur ses qualités de faussaire. Car en aucun cas il ne pourrait être qualifié de «restaurateur».

La restauration: un art de l'effacement

Ce qui distingue le faussaire d'un restaurateur est sa volonté de tromper, de camoufler. Lorsque le tableau a été cédé au musée, il ne présentait aucune craquelure. Il semblait neuf. La restauration a son éthique et sa philosophie. «Ce qu'on fait doit être réversible et discernable, même si ça n'est pas à l’œil nu. On ne doit rien cacher ou ajouter au tableau», rappelle Muriel Prieur. 

Le restaurateur s'efface derrière le coup de pinceau et n'impose rien. Le faussaire en question a, lui, ajouté et dissimulé des éléments. L’œuvre de Koekkoek a retrouvé sa place au sein du musée, aux côtés de deux autres paysages du peintre. Après un travail de longue haleine, on peut à nouveau admirer sa luminosité et le coup de pinceau du maître – rapide et précis – enfin mis en beauté.


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