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Ciné critique: il était une fois...
Kultur 1 4 Min. 22.02.2020

Ciné critique: il était une fois...

Il a beau en rire, mais Djibi (Omar Sy), prince et papa poule, va connaître une double déconfiture.

Ciné critique: il était une fois...

Il a beau en rire, mais Djibi (Omar Sy), prince et papa poule, va connaître une double déconfiture.
Photo: Belga Films
Kultur 1 4 Min. 22.02.2020

Ciné critique: il était une fois...

Thierry HICK
Thierry HICK
La comédie «Le Prince oublié» de Michel Hazanavicius affiche un appétit bien trop grand

 Quel père n’a pas connu cette situation: les enfants en grandissant ont de moins en moins besoin de leur papa poule? Djibi en fait la triste expérience. Le point de départ de Michel Hazanavicius est prometteur, sa mise en image pose finalement problème.

Djibi est chaque soir de corvée lorsqu’il s’agit de raconter une belle histoire à sa fille de huit ans Sofia. Pour cet exercice, le père veuf prend le pli et se transforme en prince charmant qui n’a qu’un seul but: endormir sa fille et faire découvrir à sa princesse du moment un monde de rêve et d’enchantement.

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A douze ans, Sofia rentre au collège et découvre peu à peu un autre monde de réjouissances... pas toujours compatibles avec celles du père prince. L’ado n’a plus besoin des belles histoires pour s’endormir... Impuissant et dérouté, Djibi cache son désarroi et essaye de survivre, d’autant plus que son trône de prince dans son autre univers, qu’il a su défendre bec et ongle, vacille lui aussi. On lui enlève sa couronne au profit d’un petit jeune. Un deuxième monde s’écroule. Autant pour le scénario, écrit à plusieurs mains – le réalisateur Michel Hazanavicius y a également contribué –, qui pèche par un appétit disproportionné et quelque peu agaçant à la longue.

D’une part, la vie quotidienne, banale et fade en banlieue parisienne. Le père et la jeune fille sont de vrais complices et tentent de compenser tant bien que mal l’absence de la mère.

D’autre part, l’univers où Djibi se transforme en prince. La vie, dans un décor qui pourrait ressembler à celui d’un parc d’attraction, tout d’un coup est colorée, belle, joyeuse. Le spectateur a les yeux grand ouverts...

Le prince doit sauver sa peau

Michel Hazanavicius joue inlassablement avec ce basculement entre ces deux univers que tout oppose. Longtemps, la vie réelle et la vie irréelle cohabitent, ne semblent pas devoir se croiser. Jusqu’au moment où... Le réalisateur, oscarisé pour «The Artist» avec Jean Dujardin, prend un malin plaisir à planter ses deux décors. Jusque-là rien d’anormal, ni de dérangeant. Mais, peu à peu, l’évocation de ce monde de rêve dans lequel le père raconteur d’histoires a évolué tourne au cauchemar. Le prince détrôné, oublié, tente de survivre, de sauver sa peau...

Sa lente descente aux enfers trouvera sa chute dans les mondes des «oubliés». Au début le tout est encore cohérent. Michel Hazanavicius ne cache pas ses ambitions: faire du – très – grand spectacle, populaire et pour tous les goûts et tous les âges. Le tout, dans un look hollywoodien, dûment assumé par le réalisateur. Une première pour un film français.

A force de vouloir mettre les gaz, le «Prince oublié» en fait trop, se perd dans des détails. En mélangeant les histoires et les images, le réalisateur s’éloigne de son idée de départ et ne semble plus avoir de but précis à atteindre et presque naviguer à vue. L’intention de vouloir sortir du carcan contraignant du film à thème à la française pur et dur est tout à fait louable au départ, le résultat final reste pourtant balourd et bancal.

Les effets spéciaux prennent le dessus et finissent par ne plus être crédibles et tuent le côté fantastique. Le tout est pourtant filmé avec précision, rythme et humour. Mais, une certaine lassitude devant un tel déferlement de moyens est inévitable. Finalement, le grand écart entre comédie dramatique à la française et conte fantastique à l’américaine ne fonctionne plus, le spectateur s’y perd.

Et pour terminer, le détail qui tue: pourquoi Djibi, le père prince veuf et déchu, finit-il par rencontrer celle qui viendra lui réchauffer le cœur? L’intrusion de Clothilde, la charmante voisine de palier et «femme à la porte» ou mère de substitution (un rôle confié à Bérénice Bejo), n’apporte rien de bien intéressant à l’intrigue.

«Le Prince oublié» est heureusement et finalement sauvé par une petite fille totalement inconnue: Keyla Fala, qui se glisse dans la peau de la petite Sofia de huit ans. D’un naturel et d’un franc-parler rompus à toute épreuve, la gamine, qui n’a jamais fait de cinéma avant, crève l’écran. Et fait dans son élan presque tourner la tête à celui, qui lui aussi à sa manière, sauve le film des oubliettes: le grand Omar Sy, qui grâce à Michel Hazanavicius trouve un vrai et fort rôle de composition, entre moments de grand doute et de franches rigolades. Une vraie bouée de sauvetage pour un film qui pourtant avait tout pour être un grand Hazanavicius. 

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